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Visite de Mark Carney en Chine | Une puissance mondiale toujours « perturbatrice » ?

(Pékin) La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a évité de dire mercredi si le gouvernement canadien considère toujours la Chine comme « une puissance mondiale de plus en plus perturbatrice ». Dans sa stratégie indo-pacifique lancée en 2022, Ottawa constate le mépris de ce pays pour les règles internationales et note que ses valeurs « s’écartent de plus en plus » de celles du Canada.


Publié à
11 h 24

« Il s’agit d’un nouveau gouvernement avec un nouveau premier ministre, une nouvelle politique étrangère et un nouvel environnement géopolitique », a-t-elle répondu en mêlée de presse peu de temps après son arrivée à Pékin.

Mme Anand fait partie d’une délégation de cinq ministres qui accompagnent le premier ministre Mark Carney à Pékin pour une visite de trois jours afin de rebâtir des ponts avec la Chine après près d’une décennie de froid diplomatique. La dernière visite d’un premier ministre canadien dans l’empire du Milieu remonte à 2017.

« C’est une relation très complexe. Il y a plusieurs enjeux que l’on doit aborder, donc on va continuer ce travail-là, mais c’est un moment très important dans les relations entre les deux pays. »

La délégation est arrivée à l’aéroport de Pékin en soirée mercredi. Le premier ministre Carney a été accueilli par une garde d’honneur à sa sortie de l’avion. Il doit rencontrer jeudi Zhao Leji, le président du Comité permanent du Congrès national du peuple – le parlement chinois – puis le premier ministre Li Qiang avant de participer à un dîner officiel. Son entretien avec le président Xi Jinping aura lieu vendredi.

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, s’adressant aux journalistes à Pékin

Le commerce sera au cœur des discussions alors que les États-Unis déstabilisent l’ordre mondial. Face à ce vent d’incertitude, le Canada tente de diversifier ses marchés d’exportations à l’étranger pour réduire sa dépendance au marché américain.

M. Carney s’est donné pour objectif de doubler les exportations à l’extérieur des États-Unis au cours de la prochaine décennie pour les faire passer de 300 milliards à 600 milliards. Il tente aussi d’obtenir 1 000 milliards de dollars de nouveaux investissements d’ici 2030, entre autres, dans le secteur de l’énergie.

Le gouvernement s’attend à faire « des progrès » sur la question des tarifs douaniers chinois sur le canola, le porc et certains produits de la mer, mais ne s’attend à « leur élimination définitive ». Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, se joindra au premier ministre Carney. Sa province est l’une des plus touchées par les droits de douane sur le canola.

« La conversation a été productive, a indiqué la ministre Anand. Les négociations se poursuivent. Nous sommes ici pour représenter tous les secteurs de l’économie canadienne et le travail se poursuit au cours des prochains jours. »

« Conversations difficiles »

Le gouvernement chinois réclame l’abandon des droits de douane canadiens de 100 % sur les véhicules électriques chinois imposés par Ottawa avant l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis dans le but de protéger l’industrie nord-américaine de l’automobile. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, berceau de cette industrie au Canada s’y oppose fermement. Un haut fonctionnaire du gouvernement canadien n’était pas en mesure de dire en début de semaine si les droits de douane canadiens pourraient être levés partiellement.

Cette première visite d’un premier ministre canadien est le signe d’un réchauffement des relations qui ont été caractérisées par un grand froid diplomatique depuis l’arrestation par les autorités canadiennes de Meng Wanzhou, dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei à la demande des États-Unis. La Chine avait ensuite arrêté Michael Kovrig et Michael Spavor, surnommés « les deux Michael » qui ont passé plus de 1000 jours en captivité avant d’être libérés au même moment que Meng Wanzhou en 2021.

Elle fait suite à une première rencontre en octobre entre M. Carney et le président Xi en marge du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) en Corée du Sud et a reçu une invitation formelle à se rendre en Chine.

Le séjour du premier ministre Carney coïncide avec les audiences sur la peine de Jimmy Lai, un militant pro-démocratie, reconnu coupable en décembre de sédition pour d’avoir violé la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Le fondateur de journal Apple Daily, âgé de 78 ans, risque la prison à perpétuité. La Coalition canadienne pour les droits humains en Chine, qui regroupe dix organisations, presse le premier ministre Carney d’affirmer « l’opposition ferme du Canada » à cette détention arbitraire.

La ministre Anand n’a pas indiqué mercredi si elle allait soulever le cas de M. Lai lors du voyage. « On va continuer d’avoir les conversations difficiles ou de discuter les enjeux de droits de la personne d’un côté et on va être à table d’avoir ces conversations-là. En même temps, on doit continuer de bâtir l’économie canadienne et de faire ça, on va être ici à table avec nos homologues pour bâtir l’économie canadienne et aussi pour représenter les intérêts économiques canadiens aussi. »

Un haut fonctionnaire du gouvernement canadien avait affirmé lors d’une séance d’information à l’attention des médias lundi que la question des droits de la personne est généralement abordée au niveau ministériel. Il n’était pas en mesure d’indiquer si M. Carney allait aborder la question.

Le G7 avait émis une déclaration l’an dernier appelant à la libération de l’homme d’affaires sous la présidence du Canada.

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