EXCLUSIF | Plus de 200 lits vacants à Montréal en pleine crise de l’itinérance

EXCLUSIF | 200 lits vacants à Montréal en pleine crise de l’itinérance Par Véronique Dubé | En pleine crise de l’itinérance, 200 lits sont laissés vacants dans un édifice du YMCA de l’ouest de Montréal.
En pleine crise de l’itinérance, 200 lits sont laissés vacants dans un édifice du YMCA de l’ouest de Montréal.
L’immeuble en question accueille des demandeurs d’asile depuis des années, mais le 18 décembre dernier, ceux qui y étaient réfugiés ont été déménagés dans un autre édifice situé dans Ahuntsic.
Sana, 26 ans, originaire de la Côte d’Ivoire, fait partie du groupe. Il a quitté son pays parce qu’il est homosexuel et qu’il était dangereux d’y rester. Il raconte que des autobus sont venus les chercher pour les transporter dans leur nouvel immeuble, où ils ont été assignés à des chambres.
Dans une déclaration écrite, les autorités de la santé expliquent qu’il y a eu une baisse des demandes d’asile depuis plusieurs semaines et qu’ils ont donc décidé de regrouper tous les services dans l’édifice d’Ahuntsic. Or, depuis le 18 décembre, des dizaines voire des centaines de lits sont libres dans l’ouest de Montréal.
Les autorités de la santé confirment à Noovo Info en avoir réservé 48 pour un projet en itinérance. Il resterait donc autour de 250 places, selon ce que Noovo Info a pu corroborer sur le terrain.
Le 5 décembre dernier, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, déclenchait pourtant les mesures d’urgence en itinérance. Noovo Info l’a mise au courant de la situation.
Les autorités de la santé ont indiqué ne pas avoir alerté la Ville, malgré l’urgence, puisque les «choix des projets régionaux et leur financement sont sous le leadership du CIUSSS Centre-Sud».
Pour Remy Trudel, spécialiste en administration publique, on a une fois de plus la preuve qu’il n’y a pas de capitaine dans le navire.
«Qui est responsable de ces lits-là? Le YMCA loue ces espaces à une instance publique, qui est le ministère de la Santé et des Services sociaux», s’est-il insurgé.
«Y a-t-il une unité de commandement et de coordination du phénomène de l’itinérance au Québec? La réponse est non», ajoute l’expert en administration publique.
Le YMCA n’a pas répondu à nos questions. Noovo Info a également sollicité une réaction de la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, sans toutefois avoir reçu de réponse.
Voyez le reportage de Véronique Dubé dans la vidéo.




