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Succession de François Legault | Fréchette se prépare à céder son poste de ministre

(Québec) Pendant que de premiers députés appuient la candidature potentielle de Simon Jolin-Barrette, Christine Fréchette se prépare à céder son poste de ministre de l’Économie et de l’Énergie en vue de se lancer officiellement dans la course à la succession de François Legault.


Publié à
10 h 21
Mis à jour à
17 h 51

Le geste vise à montrer le sérieux de sa démarche et à éviter toute situation apparente de conflit d’intérêts.

Première décision concrète en ce sens, elle vient d’annuler son voyage à Davos, en Suisse, où se tient le Forum économique mondial la semaine prochaine. C’est le ministre des Relations internationales, Christopher Skeete, qui la remplacera.

Pour Christine Fréchette, il n’était pas question qu’elle fasse une telle sortie à l’étranger au moment où la course à la direction se met en branle.

Dans les règles de la course qui seront présentées à la fin de la semaine prochaine, dans 10 jours au maximum, le parti demandera qu’un ministre cède son poste pour devenir candidat à la direction.

La commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale, Me Ariane Mignolet, a indiqué au parti qu’il y avait un risque de conflit d’intérêts si un ministre était également candidat à la direction.

La décision de Christine Fréchette forcera le premier ministre démissionnaire, François Legault, à nommer un nouveau ministre de l’Économie et l’Énergie. En coulisses, on souligne qu’il pourrait confier ces responsabilités au ministre des Finances, Eric Girard. Plusieurs caquistes doutent que M. Girard se lance dans la course, même s’il s’est dit en réflexion. M. Girard avait hérité de l’Économie lorsque Pierre Fitzgibbon avait été écarté quelques mois de son poste, au cours du premier mandat.

C’est un départ canon pour Christine Fréchette, qui forme son organisation et part à la chasse aux appuis. Les ministres Gilles Bélanger et Mathieu Lacombe se rangent derrière elle, mais elle a déjà d’autres partisans, discrets pour le moment, au sein du caucus.

Jolin-Barrette invité à se lancer

La pression augmente sur Simon Jolin-Barrette pour qu’il sorte sur la place publique et se lance dans la course, surtout de la part de l’aile plus nationaliste de la CAQ. Cette aile doute de l’intérêt de Mme Fréchette pour le dossier identitaire. Si la CAQ devait être dirigée par Christine Fréchette, elle ne se distinguerait pas vraiment du Parti libéral du Québec et n’incarnerait plus la troisième voie, craignent des caquistes associés au camp nationaliste.

Lors de réunions virtuelles avec son Conseil des ministres et son caucus mercredi, après l’annonce de sa démission, François Legault avait lancé une mise en garde à ses troupes, comme l’indiquait La Presse jeudi. La CAQ est formée de deux camps, celui de l’économie et celui du nationalisme, et le prochain chef devra être capable de rassembler les deux, avait-il dit en substance. Qu’un candidat soit issu de l’un ou l’autre des camps, il devra montrer sa capacité à rallier le plus grand nombre.

François Legault veut de toute évidence éviter un affrontement entre les deux camps, voire un schisme au sein du parti qu’il a fondé.

Les députés Mario Asselin et Shirley Dorismond se sont dits favorables à une candidature de Simon Jolin-Barrette vendredi. D’autres élus sont prêts à l’appuyer, mais ils jugent qu’il est trop tôt pour afficher leurs couleurs alors que M. Legault a annoncé sa démission mercredi.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Simon Jolin-Barrette

Le ministre de la Justice et leader parlementaire est sorti de son mutisme vendredi avec un message sur les réseaux sociaux. Il cultive le flou sur ses intentions, mais il prend soin de remercier ses « collègues pour leurs bons mots depuis quelques jours ».

« Le départ de M. Legault, un grand homme d’État, laisse un vide dans la famille caquiste », écrit-il, saluant les réformes importantes menées sous sa gouverne en matière d’économie et d’identité – un clin d’œil aux deux camps de la CAQ. « Nous devons être fiers de nos réalisations et redoubler d’efforts face aux critiques », une fierté qu’il faut « partager en équipe ». Il souligne que le caucus est « rempli de députés talentueux » et qu’il est « honoré de siéger à [leurs] côtés ».

« Il reste 10 mois au mandat et les Québécois souhaitent un gouvernement qui travaillera sans arrêt pour améliorer les choses dans toutes les régions du Québec. Nous avons tous les talents et la volonté pour y arriver, j’en suis persuadé. »

Il est désormais quasi acquis que le congrès à la direction de la CAQ se tiendra en avril. François Legault veut passer le flambeau au nouveau chef et prochain premier ministre au plus tard à la mi-avril.

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