Le Canadien | Jacob Fowler et Owen Beck cédés au Rocket

(Kanata) Il y avait quelque chose de résolument différent, vendredi, chez le Canadien, et ce n’était pas seulement parce que l’équipe s’exerçait dans le complexe municipal qui sert de centre d’entraînement aux Sénateurs d’Ottawa.
Publié à
10 h 22
Mis à jour à
18 h 03
Sur la glace, on pouvait apercevoir de nouveaux visages. Des visages connus, en réalité, ceux de Jake Evans, de Kirby Dach et de Patrik Laine, mais dans des dispositions nouvelles. Les trois pouvaient participer aux exercices sans limitation, manifestement parce qu’ils sont prêts à revenir au jeu, sinon tout près.
Mais il y avait aussi quelques absents, notamment Jacob Fowler. Le jeune gardien, en effet, avait été cédé au Rocket de Laval quelques heures plus tôt en compagnie de l’attaquant Owen Beck. C’est donc sous le signe de la normalité devant le filet que se sont déroulés les différents exercices.
Le régime à trois gardiens a ainsi pris fin, un mois exactement après avoir commencé. Restent donc Samuel Montembeault et Jakub Dobeš, duo qui a amorcé la campagne et qui, à moins de blessures ou d’autres éléments perturbateurs, devrait la conclure.
« C’est sûr que c’est plus régulier, a reconnu Montembeault. Pendant l’entraînement, on avait chacun notre but, on savait à quoi s’attendre. C’est une situation plus normale à deux. » Dobeš n’a pas commenté la situation, car il n’a pas été rendu disponible pour des entrevues.
Ce n’est pas pour rien, bien sûr, que les hommes masqués étaient au nombre de trois depuis quelques semaines. Montembeault, en effet, a connu toutes sortes d’ennuis en début de saison, au point de se retrouver dans la Ligue américaine pour y retrouver ses repères. Or, depuis son retour dans l’entourage du CH, il présente une fiche de 3-0-1 et un taux d’efficacité de ,921.
Dobeš, quant à lui, continue de remporter des matchs – il n’a pas perdu en temps réglementaire depuis le 9 décembre –, mais il a récemment été impliqué dans quelques duels à haut pointage au cours desquels il a paru plus ou moins solide.
Fort départ
Le rappel de Fowler, le 9 décembre, avait pris la planète hockey par surprise et, comme on pouvait s’y attendre dans un marché comme celui de Montréal, ses performances ont été scrutées de près.
PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES LA PRESSE
Jacob Fowler
Attendu de pied ferme vu ses succès dans les rangs universitaires et dans la Ligue américaine, Fowler n’a pas fait mentir sa réputation, signant trois victoires, dont un blanchissage, à ses cinq premiers matchs en carrière dans la LNH. Son calme et sa stature devant son filet n’ont échappé à personne.
« Il dégage une belle confiance, a résumé Stéphane Robidas, entraîneur des défenseurs, vendredi. C’est encourageant pour nous, pour l’organisation. […] Je pense qu’il a répondu aux attentes. »
Le partage à trois, toutefois, n’était pas destiné à perdurer. Le directeur général Kent Hughes, lors de son bilan de mi-saison du 6 janvier dernier, a déclaré que la situation n’était « pas idéale ».
Or, voilà que Montembeault semble avoir retrouvé ses moyens… et que Fowler semble avoir ralenti. Son taux d’efficacité est passé de ,918 lors de ses cinq premiers départs à ,881 lors des cinq suivants. Sa plus récente sortie contre les Sabres de Buffalo, une défaite de 5-3 subie jeudi, a été sa plus difficile jusqu’ici.
On peut toutefois s’attendre à le revoir avant longtemps. « Il est vraiment bon, a estimé Montembeault. À seulement 21 ans, il est impressionnant. Il est tellement fort, il bouge tellement bien, et déjà à son âge, son suivi de la rondelle [tracking] est exceptionnel. »
Positif
Le Québécois a par ailleurs vu du positif dans l’allègement de sa charge de travail du dernier mois qu’a entraîné le partage des matchs entre trois cerbères.
« L’horaire est tellement chargé, on n’a pas beaucoup de temps pour pratiquer, a-t-il souligné. Ça m’a donné plus de temps avec Éric [Raymond, entraîneur des gardiens]. Pendant les entraînements, on pouvait prendre 20 minutes pour travailler des choses spécifiques. »
Le vétéran de 29 ans a aussi apprécié la possibilité de jouer les mentors avec Fowler, un peu comme Jake Allen l’avait fait avec lui il y a deux ans dans le précédent ménage à trois chez le CH.
Jake a tellement été un bon coéquipier et un bon modèle, je voulais faire comme lui et être là pour les deux autres. Mais Jacob n’est pas un gars stressé, il n’a pas besoin qu’on le rassure… Je ne suis pas inquiet pour lui !
Samuel Montembeault
Comment Montembeault et Dobeš se partageront-ils les départs à partir de maintenant ? Le numéro 35 lui-même semble l’ignorer. C’est lui qui sera devant le filet à Ottawa, samedi soir. Après, on verra.
« Je ne veux pas penser trop loin, a-t-il assuré. En début de saison, ça n’a pas super bien été, alors je veux y aller un jour à la fois, sans regarder le portrait global. Je veux juste me concentrer sur le prochain match. »
Ainsi se termine un chapitre de cette saison chargée. Un chapitre relativement court, quand on y pense, mais qui n’a pas manqué de rebondissements. On se doute bien que les prochains ne sauraient tarder.
Qui écopera ?
PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE
Jake Evans
Jake Evans, Kirby Dach et Patrik Laine, donc, se rapprochent d’un retour, mais on ne sait pas dans quelle mesure. Laine semble plus loin que les deux autres, lui qui n’a participé à aucun exercice d’unités spéciales, vendredi, alors qu’Evans était déjà au boulot en infériorité numérique, et Dach, en avantage numérique. Cela étant dit, Alexandre Texier et Josh Anderson manquaient à l’appel puisqu’ils subissaient des « traitements », ce qui pourrait expliquer bêtement la présence d’Evans et Dach pour les remplacer sur les unités spéciales. Qu’à cela ne tienne, mentionnons qu’à cinq contre cinq, Joe Veleno s’alignait à la droite de Nick Suzuki et de Cole Caufield en remplacement de Texier, ce qui pourrait laisser croire qu’il s’apprête à sauter son tour. Samuel Blais semblait, lui aussi, orphelin de trio.



