Course à la direction de la CAQ | Jolin-Barrette, Drainville et Fréchette réfléchissent, Girard et Lafrenière se désistent

(Québec) Simon Jolin-Barrette, Bernard Drainville et Christine Fréchette poursuivent de sérieuses réflexions pour se lancer dans la course afin de succéder à François Legault. Pour sa part, Eric Girard se désiste. Il affirme qu’il se présentera aux prochaines élections et espère que le prochain chef défendra un nationalisme plus inclusif et rassembleur.
Publié à
9 h 07
Mis à jour à
10 h 48
Le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, annoncera également ce mercredi qu’il ne sera pas candidat dans la course, a-t-on appris. Il donnera son appui à la ministre de l’Économie, Christine Fréchette, qui réchauffe ses moteurs en vue de présenter officiellement sa candidature.
« Je chemine dans ma réflexion », a-t-elle confirmé mercredi. À ce jour, elle compte six appuis au sein du caucus caquiste jusqu’ici. Les ministres Gilles Bélanger, Mathieu Lacombe, Benoit Charrette et Kateri Champagne Jourdain se rangent derrière elle, ainsi que les députés Vincent Caron et Chantale Jeannotte.
En ce jour de conseil des ministres à Québec, les mêlées de presse se succèdent dans les corridors du Parlement, où les prétendants à la succession de François Legault à titre de chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de premier ministre, précisent tour à tour leurs intentions.
Le premier à l’avoir fait mercredi est Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et leader parlementaire du gouvernement. « Ma décision n’est pas prise, mais je suis en sérieuse réflexion. […] La CAQ, c’est d’avoir une économie forte pour protéger le portefeuille des Québécois, c’est un nationalisme qui est décomplexé et qui est affirmé », a-t-il dit.
M. Jolin-Barrette a ajouté que la protection de l’identité québécoise, comme son projet de constitution qui est à l’étude, n’est pas en contradiction avec l’économie. Jusqu’ici, le ministre Jonatan Julien, l’ex-ministre Suzanne Roy, de même que les députés Shirley Dorismond, Mario Asselin et Stéphane Sainte-Croix ont soutenu publiquement sa candidature potentielle.
PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE
Christine Fréchette.
Quand il a annoncé sa démission, le premier ministre sortant, François Legault, a dit que le défi du prochain chef caquiste sera de maintenir l’alliance qu’il a formée entre les nationalistes identitaires et l’aile économique.
Christine Fréchette et Simon Jolin-Barrette ont des partisans qui demeurent discrets pour le moment, mais qui pourraient faire une sortie publique bientôt.
Girard ferme la porte
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Eric Girard.
Le ministre des Finances, Eric Girard, a pour sa part annoncé qu’il ne sera pas de la prochaine course, dont les règles seront dévoilées par le parti ce jeudi.
« Je vais me concentrer sur mon rôle aux finances publiques. Je pense que c’est là que ma contribution est la plus importante », a dit le grand argentier du Québec. M. Girard a précisé qu’il sera candidat pour la CAQ lors de la prochaine élection.
En mêlée de presse, il a également affirmé qu’il ne prendrait pas position dans la prochaine course à la direction. Par contre, il s’attend à ce que son parti change. « Le Québec évolue, le Québec change, le parti va se transformer, mais les éléments clés [comme] le nationalisme, que je souhaite plus inclusif, rassembleur, cette troisième voie est importante », a-t-il dit.
« Je pense que parfois, tous les Québécois ne se reconnaissaient pas dans ce qu’on a proposé et qu’à l’élection, ça sera important que tous les Québécois nous considèrent comme la bonne option pour gouverner le Québec dans une période de turbulences importantes », a-t-il ajouté.
Sa collègue à la Santé, Sonia Bélanger, n’entend pas rester neutre, mais elle attend de voir qui sera de la ligne de départ pour appuyer une candidature. La ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, n’a pas décidé si elle allait soutenir un candidat, d’autant plus que son rôle de leader parlementaire adjointe lui commande de rester neutre et qu’elle quittera la vie politique à la fin de son mandat.
« Il y a une place pour les gens qui ne sont ni souverainistes, mais qui ont quand même le Québec à cœur, l’économie à cœur, le Québec, notre façon d’avancer, de se positionner dans le Canada. Il y a une place pour ces gens là [et] c’est important que cette place-là demeure », a-t-elle dit.
Drainville a le soutien de sa famille
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Bernard Drainville
Le ministre de l’Environnement Bernard Drainville, qui n’en est pas à sa première course (il a déjà été candidat à la direction du Parti québécois dans son ancienne vie politique), a dit qu’il réfléchissait sérieusement à se lancer dans la course et qu’il avait l’appui de sa famille pour le faire. Il n’a pas l’intention de confirmer sa candidature avant que le dévoilement dès règles. Le parti les présentera jeudi, à 13 h. Il est acquis que le congrès à la direction se tiendra en avril.
« Je pense qu’on a besoin d’une force nationaliste, une force politique nationaliste et économique au Québec, et je pense que ça nous prend un parti qui est près des régions […] et qui gouverne pour le monde ordinaire », a-t-il affirmé.
« Dans la situation qu’on vit actuellement, avec toutes les turbulences, toute l’instabilité, je pense qu’il faut miser sur l’expérience et je pense qu’il faut unir les Québécois, pas se chicaner », a-t-il ajouté.
Au printemps 2024, dans le cadre d’une entrevue à La Presse, alors que son nom circulait déjà comme un potentiel successeur à M. Legault, Bernard Drainville affirmait qu’il n’avait pas cette ambition.
« Je me suis déjà vu premier ministre […], mais honnêtement, j’ai des aspirations plus réalistes maintenant. J’ai passé mon tour », avait-il dit, ajoutant que « j’ai aussi une femme que j’aime et à un moment donné, on va peut-être vouloir prendre un peu de temps pour nous. En d’autres mots, je n’ai pas cette aspiration. »
Or, avec le départ surprise de François Legault après les Fêtes, lui qui affirmait pourtant il y a quelques semaines vouloir se représenter en 2026, le contexte a visiblement changé. M. Drainville a dit mercredi que « tu ne peux pas faire de la politique si la famille n’est pas derrière toi ».
« Les enfants sont derrière moi et oui, Martine m’a donné son feu vert », a-t-il dit en parlant de sa conjointe. Son fils Lambert, qui chronique sur la politique sur ses réseaux sociaux, à la radio et à la télévision, est impliqué dans la démarche de son père. Sa fille Rosalie sollicite aussi son entourage pour devenir membre de la CAQ si son père se présente.
D’autres députés caquistes se prononcent
Sa voisine de circonscription sur la Rive-Sud de Québec, Martine Biron, n’a toujours pas choisi qui elle appuierait dans la course. « Je vais attendre qu’il y ait un petit peu de contenu », avant de prendre position, a-t-elle dit mercredi.
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Martine Biron.
« Je vais surveiller la posture, l’équilibre entre la position nationaliste et la position économique, je pense que c’est dans notre ADN », a-t-elle ajouté.
Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a dit que « le candidat qui va avoir mon appui va être capable d’incarner les deux, [l’économie et] particulièrement le nationalisme », a-t-il dit.
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Jean-François Roberge.
« Je veux être certain que le prochain chef ou la prochaine cheffe va réellement défendre les Québécois, l’identité québécoise, notre langue et notre culture. On a un nouveau modèle d’intégration à la nation québécoise, il va falloir que le nouveau chef adhère à l’intégration nationale pour moi c’est un legs important », a ajouté M. Roberge.
Pour sa part, le ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Jean-François Simard, mesure toujours ses appuis concernant une éventuelle candidature dans la course.
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Jean-François Simard
« La précipitation, c’est toujours une mauvaise conseillère. Je suis sur le téléphone », a-t-il dit.
Les règles de la campagne à la succession de François Legault seront connues jeudi. On sait déjà qu’un ministre devra céder son poste pour présenter sa candidature. Le nouveau chef doit être élu au suffrage universel des membres – ils sont près de 15 000, dit-on. Le congrès à la direction devrait avoir lieu en avril. M. Legault veut passer le flambeau au nouveau premier ministre à la mi-avril.
Avec Charles Lecavalier, La Presse




