Réduction des coûts de 800 millions | Ubisoft n’a pas fini sa réorganisation

Des fermetures de studios et des suppressions de postes, l’abandon de six jeux vidéo, le report de sept autres titres et, en tout, des coupes de 800 millions d’ici 2028. Frappée par la difficulté de perdurer dans le marché des jeux de très grande envergure, Ubisoft poursuit avec vigueur sa « refonte majeure » amorcée l’an dernier.
Publié hier à
11 h 45
L’entreprise française dévoilera ses plus récents résultats financiers à la mi-février. Elle a pris de l’avance pour revoir à la baisse ses prévisions de ventes pour le troisième trimestre de son exercice 2025-2026. La nouvelle prévision est de 1,5 milliard d’euros (2,4 milliards de dollars canadiens), comparativement à 330 millions d’euros (530 millions) selon la prévision précédente. Ubisoft prévoit désormais une perte opérationnelle de 1 milliard d’euros (1,6 milliard) pour son exercice 2025-2026.
Par conséquent, l’éditeur français de jeux vidéo dit vouloir réduire son empreinte mondiale. Il avait déjà annoncé la fermeture de ses bureaux à Halifax et à Stockholm, en plus d’avoir réorganisé ses activités à Abou Dabi. Interrogée sur l’éventualité de fermer d’autres studios, l’entreprise est demeurée évasive.
D’autres coupes à venir
Dans sa mise à jour publiée mercredi matin, elle indique vouloir accentuer la réduction de ses coûts fixes « d’au moins 200 millions d’euros » (325 millions) sur les deux prochaines années. Cela retranchera d’ici deux ans et depuis 2022 500 millions d’euros (800 millions) en tout à ses coûts fixes, sur une base annualisée.
Dans la foulée, Ubisoft veut décentraliser sa structure de prise de décision. L’entreprise avait déjà annoncé son intention de scinder sa production entre cinq « Creative Houses », qui seront responsables d’à peu près tout ce qui entoure les titres qui leur seront attribués.
Par exemple, les titres Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six, produits en bonne partie à partir des bureaux québécois d’Ubisoft, relèveront désormais de Vantage Studios, la première de ces maisons de création qui avait déjà été annoncée en octobre dernier. Contrairement à ce qui est sous-entendu par cette réorganisation, la prise de décision pour cette unité sera établie à Paris, où se trouve le siège social d’Ubisoft.
Chacune de ces cinq Creative Houses aura la responsabilité de la relation avec les joueurs, des produits dérivés et de la performance financière de ses titres. Ce nouveau modèle permettra « une prise de décision plus éclairée tout au long des cycles de développement », assure-t-on chez Ubisoft.
À temps plein au bureau
Ubisoft comptait 17 000 employés dans le monde à la fin de 2025. L’éditeur n’a pas communiqué l’impact prévu de ces coupes sur ses employés, se contentant de dire que des précisions allaient être communiquées le mois prochain, au moment d’annoncer ses plus récents résultats financiers.
En revanche, l’entreprise annonce un retour à temps plein au bureau pour tout le monde. « Nous croyons fermement que la collaboration en face-à-face est la meilleure façon de stimuler la créativité », a expliqué un porte-parole en conférence vidéo.
L’entreprise promet aussi d’expliquer plus tard en 2026 les derniers détails de sa restructuration autour de ses jeux les plus profitables ou les plus prometteurs.
Entre-temps, six jeux qui « ne répondent pas aux nouveaux critères renforcés de qualité et de priorisation du portefeuille » sont abandonnés. Cela inclut une nouvelle version du jeu Prince of Persia : The Sands of Time, et cinq autres titres qui n’avaient pas encore été annoncés.
Dans la foulée, la sortie de sept autres titres, dont au moins un devait être commercialisé en 2026, est repoussée. « Nous avons revu notre catalogue en fonction d’un nouveau plan de trois ans, qui sera recentré autour de notre stratégie », a expliqué un porte-parole d’Ubisoft.
Cette stratégie vise à cibler deux catégories de jeux plus prometteuses pour l’éditeur : les jeux d’aventure en monde ouvert et les environnements en ligne durables, un modèle appelé « Games-as-a-Service » (ou GaaS) en anglais et chez Ubisoft, et qui permettent de générer des revenus grâce à des abonnements ou à des microtransactions dans le jeu.
Dans une déclaration écrite, le directeur général et cofondateur d’Ubisoft, Yves Guillemot, a affirmé : « Le recentrage du portefeuille aura un impact significatif sur la trajectoire financière à court terme du Groupe, notamment sur les exercices 2026 et 2027, mais cette refonte renforcera Ubisoft et lui permettra de renouer avec une croissance durable et une génération de trésorerie robuste. »




