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Déroulé du drame, intervention du Raid, suspect en fuite… Ce que l’on sait après l’exécution d’une femme de 24 ans à Nice alors qu’elle conduisait

18 heures, boulevard Napoléon-III à Nice. La circulation est dense à cette heure. Une BMW Série 1 descend le boulevard, en direction du carrefour routier qui fait angle avec l’avenue Henri-Matisse.

À son bord, une jeune femme de 24 ans, au volant. Un bébé de 6 mois se trouve à l’avant.

Dix tirs, une exécution

Soudain, un scooter approche à hauteur de la portière conducteur. Et cette scène banale de retour à la maison se transforme en cauchemar.

Un homme sur le scooter vient d’ouvrir le feu, pour une raison encore indéterminée, sur la conductrice qui s’écroule au volant.

Dix tirs. Une exécution, sur une femme, en présence de son enfant, qui sidère jusque dans les rangs de la police.

Alors que les coups de feu viennent de retentir, la voiture, une automatique, continue sa course et va s’écraser contre une borne juste après le feu tricolore, au niveau du carrefour avec l’avenue Henri-Matisse.

C’est la panique. Les témoins affluent autour de la voiture, pratiquent les premiers secours.

Le bébé indemne sur le siège

Le bébé, qui se trouve sur le siège passager avant, est miraculeusement indemne.

Côté conducteur, la vitre présente un trou béant, juste au-dessus de la poignée de porte, et plusieurs trous attestent de la violence de l’attaque.

Le scooter prend la fuite.

Quand les sapeurs-pompiers arrivent, la jeune femme, cap verdienne, est en arrêt cardio-respiratoire.

Vingt sapeurs-pompiers sont sur les lieux.

Elle est hélas rapidement déclarée décédée.

Très vite, les autorités affluent, la police judiciaire, la nationale et la municipale. Le nourrisson est pris en charge par les sapeurs-pompiers et transporté à l’hôpital Lenval.

Un périmètre de sécurité est établi. Christian Estrosi, le maire de Nice, et son premier adjoint, Anthony Borré, se rendent sur place.

Le scooter abandonné

L’alerte à peine donnée à la police, l’enquête débute avec le visionnage des caméras de vidéo surveillance du Centre de supervision urbain. Les opérateurs retrouvent la piste du scooter et le suivent à la trace.

Jusqu’à une impasse de la rue Trachel d’où l’auteur prend la fuite à pied. Là, la brigade anticriminalité retrouve l’engin.

Sur le plancher du deux-roues, dont les plaques ont été retirées, les policiers retrouveront un étui percuté vide.

Le propriétaire du scooter s’est présenté de lui-même au commissariat Foch. Il dit l’avoir prêté à une connaissance, possiblement de la communauté cap verdienne, selon une source policière.

Le propriétaire a été interpellé, emmené à la caserne Auvare où des prélèvements ont été effectués pour voir s’il présentait des traces de résidus de tir..

Une enquête pour « meurtre aggravé »

Pendant ce temps, une traque, confiée au Service interdépartemental de police judiciaire s’organisait jusque sur les hauteurs de Nice, dans le secteur de Rimiez, dans la soirée. Au moins une perquisition était opérée.

Sur les lieux de l’assassinat, et alors que le procureur annonce ouvrir une enquête pour « meurtre aggravé », les techniciens d’identification criminelle se mettent à l’œuvre. Au sol, dix chevalets représentent les emplacements des douilles retrouvées.

Les hommes et femmes de la scientifique prennent des mesures, photographient la voiture, les impacts de balle.

L’enquête commence pour les policiers de la PJ.

Règlement de compte sur fond de stupéfiants, de grand banditisme, ou vengeance personnelle ? Toutes les pistes étaient hier soir ouvertes.

Une chasse à l’homme

Une véritable chasse à l’homme s’est engagée après l’exécution en règle.

Selon nos informations, des policiers se sont mis sur les traces d’une voiture utilisée par le tireur. Très vite, ce mercredi soir, le filet s’est resserré.

Des recherches ont été entreprises dans le secteur de Rimiez. Une opération de police était en cours dans le secteur de l’avenue Saint-Lambert.

Selon des éléments de source policière, la piste d’un règlement de comptes dans le cadre d’un dossier de violences intrafamiliales était ce mercredi soir privilégiée.

La victime ne serait pas, pour autant, l’ex-compagne du tireur.

« On a ouvert la voiture pour prendre le bébé »

Depuis la résidence donnant sur le drame, il a tout vu. Et a porté assistance, tout de suite. Ce témoin direct retrace ce qu’il a vu dans un récit poignant.

« J’étais chez moi avec un ami, on a entendu des coups de feu. Moi j’ai directement reconnu que c’étaient des coups de feu. Donc on est allé au niveau du balcon pour voir ce qu’il se passait. On a vu la BMW (de la femme qui a été abattue) descendre toute la pente au niveau de [l’avenue] Matisse et elle est venue s’encastrer dans un poteau », relate l’homme, sous le choc.

Réflexe immédiat : « On est directement sorti, on a appelé les pompiers, on a essayé de faire les premiers secours ».

Sur le fauteuil passager avant, dans son siège, il y a un bébé qui vit. « Dès qu’on est arrivé, avec les témoins, on a ouvert la voiture pour prendre le bébé et le sortir du siège », détaille-t-il encore.

Selon ses propos, l’enfant semblait indemne tandis que la jeune femme présentait des impacts au niveau « du dos, des côtes » et – ultime geste – protégeait de son corps le nourrisson.

L’homme comprend que « la femme a plongé sur son bébé pour le protéger ».

Des coups de feu « en deux temps »

Questionné plus précisément sur les faits, l’homme, comme un autre témoin rencontré plus tôt, confirme avoir entendu lui aussi « une dizaine de coups de feu ». « En deux temps ».

« Il y en a eu cinq premiers et puis, de ce que j’ai compris avec les témoins, on en a discuté […], on pense que [le tireur] a vu qu’elle respirait encore et il a fini avec les cinq autres », poursuit l’homme.

Sur place, selon ses dires, « il y avait énormément, énormément de monde. Et on a été choqués quand même de voir que personne ne se soit arrêté. C’est vraiment juste les témoins. Il y avait une femme qui courait, qui a commencé à prendre des choses en main. Mais sinon, toutes les voitures sont parties, personne n’est resté », déplore ce Niçois.

« Ici, c’est un quartier calme… »

Encore sidéré par ce qu’il vient de voir, l’homme interrogé avoue son incompréhension : « Pour moi, ça a toujours été un quartier calme. Je vis ici depuis toujours. On commence à être choqués un petit peu. Là on se pose des questions… […] C’est inédit quand même. Il a essayé de tirer sur une femme et un bébé. C’est inquiétant ».

« J’ai entendu une pétarade »

Marie-Pierre habite dans la résidence qui jouxte le boulevard Napoléon-III et les lieux du meurtre.

« J’ai entendu une pétarade. Il y a eu un petit silence et ça a recommencé. J’ai cru que c’étaient des jeunes, mais je n’étais pas très tranquille. J’avais une arrière-pensée. Au bout de dix minutes, j’ai entendu les ambulances, la police, les pompiers. Mon voisin est venu chez moi. Quand il est revenu il était livide. Il a vu la femme décédée et le petit. Il y avait beaucoup d’impacts de verre. »

Sa fille et sa petite-fille étaient parties dix minutes avant. « Ça fait froid dans le dos. »

Déjà en 2022, à 30 mètres de là, un autre drame

L’assassinat de mercredi soir s’est produit à 30 mètres à peine d’un autre drame. Les policiers, les pompiers, les riverains avaient tous, mercredi soir, les images en tête de ce 7 septembre 2022.

Ce jour-là, un refus d’obtempérer avait tourné au drame sur l’avenue Henri-Matisse. Lors d’un contrôle, un automobiliste de 24 ans, Zyed B. aurait tenté de redémarrer et de fuir malgré les injonctions des policiers.

Dans ces circonstances, un policier adjoint avait fait usage de son arme et tiré sur le conducteur, qui a été mortellement touché.

Après l’enquête, les juges d’instruction avaient renvoyé le policier devant la cour criminelle départementale des Alpes-Maritimes pour “violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner”.

Une décision prise malgré les réquisitions du parquet de Nice, qui avait demandé un non-lieu dans ce dossier.

Réactions

Christian Estrosi (maire de Nice / sur X) : « Immense émotion et profonde colère après la mort d’une jeune femme, visée par des tirs alors qu’elle était avec son bébé, heureusement sain et sauf. Je me suis immédiatement rendu sur place, avenue Henri Matisse, aux côtés des forces de l’ordre et de secours. Toute la lumière doit être faite sur cet acte ignoble et les auteurs doivent être retrouvés au plus vite. La Ville de Nice mettra tous ses moyens au service des enquêteurs. »

Face à cette tragédie, l’assassinat d’une jeune maman en présence de son nourrisson, heureusement sain et sauf et pris en charge, je veux redire toute mon émotion. Le criminel qui a commis cet acte d’une barbarie inouïe doit être arrêté. Nous mettons d’ores et déjà à disposition… pic.twitter.com/Mo7bi2joup

— Christian Estrosi (@cestrosi) January 21, 2026

Éric Ciotti (député des Alpes-Maritimes, candidat à la mairie de Nice / sur X) : « Drame absolu Avenue Henri Matisse à Nice : une femme a été abattue par balles dans sa voiture. Un bébé, présent dans le véhicule pourtant criblé d’impacts, est miraculeusement indemne. Sincères condoléances aux proches de la victime. Nice ne doit en aucun cas devenir Marseille ! »

Drame absolu Av. Henri Matisse à Nice : une femme a été abattue par balles dans sa voiture. Un bébé, présent dans le véhicule pourtant criblé d’impacts, est miraculeusement indemne.

Sincères condoléances aux proches de la victime. Nice ne doit en aucun cas devenir Marseille !

— Eric Ciotti (@eciotti) January 21, 2026

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