Québec retire la couronne britannique des armoiries de la province

Le gouvernement caquiste retire la couronne britannique des armoiries du Québec.
Publié à
12 h 10
L’annonce en a été faite par le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, et son collègue responsable de la Langue française et de l’Immigration, Jean-François Roberge, vendredi.
Jusqu’à ce vendredi, les armoiries du Québec étaient composées d’un bouclier où se trouvent trois symboles représentant les trois régimes de l’histoire du Québec. Un fanion arborant la devise « Je me souviens » se trouve sous le bouclier et la couronne britannique était placée au-dessus du bouclier.
C’est cette couronne qui a été retirée. Le reste demeure inchangé.
Le fanion avec la devise se trouve toujours sous le bouclier et celui-ci reste divisé en trois avec, en haut, trois fleurs de lys sur fond bleu représentant le régime français, au centre, le lion doré – aussi appelé « léopard doré » pour des raisons historiques – sur fond rouge représentant le régime britannique et, dans le bas, un rameau de trois feuilles d’érable à sucre représentant le régime canadien.
Les premières armoiries du Québec, qui datent de 1868, ne comportaient que le bouclier avec sensiblement la même symbolique des fleurs de lys, du lion et des feuilles d’érable. La devise et la couronne avaient été ajoutées en 1939.
« Aucun attachement envers la monarchie »
« La vaste majorité des Québécois n’ont aucun attachement envers la monarchie britannique et la rejettent », a affirmé le ministre Jolin-Barrette par voie de communiqué.
« En retirant la Couronne britannique de nos armoiries officielles, nous nous assurons que les institutions et les symboles nationaux québécois respectent la population québécoise, qu’ils se modernisent et, surtout, qu’ils reflètent mieux l’identité québécoise, poursuit-il. Cette décision est en droite ligne avec d’autres gestes du même ordre, notamment l’abolition de l’obligation pour les députés de prêter serment au roi. »
Avec le retrait de la couronne, ajoute-t-on dans le communiqué, « le gouvernement du Québec vient réaffirmer l’autonomie de la nation québécoise ». Le ministre ajoute par ailleurs que son projet de constitution prévoit aussi remplacer le titre de « lieutenant-gouverneur » par celui d’« officier du Québec », ce qui ne sera fait que si ce projet est adopté.
Confusion historique entre lion et léopard
Fait à noter, les termes « léopard doré » et « lion doré » sont interchangeables. Le site web du Centre des visiteurs de Richard III explique que le lion était devenu un symbole royal à l’époque du roi Richard Ier, aussi appelé « Richard Cœur de lion ». Or, dans l’imagerie héraldique médiévale, les lions couchés étaient appelés des léopards et ceux qui se dressent ou qui rampent étaient appelés des lions pour une raison fort simple : à l’époque de l’héraldique médiévale, on ne savait pas que les lions et les léopards étaient différents et on utilisait les deux termes pour différencier l’imagerie.
La démarche n’implique pas de dépenses démesurées puisque, d’une part, « par souci de préservation du patrimoine, aucune modification ne sera apportée aux immeubles ou aux meubles de l’Assemblée nationale ou de l’État québécois » qui arborent les armoiries. D’autre part, celles-ci ne sont utilisées que sur certaines correspondances officielles, « notamment celles du lieutenant-gouverneur du Québec, ainsi que sur la bannière de ce dernier et sur les médailles qu’il accorde ».
Le ministre Roberge, de son côté, estime que « le besoin de tourner la page sur la monarchie est maintenant bien présent au Québec. Nos emblèmes officiels doivent refléter ces réalités ».




