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Litige avec un acheteur américain | Quatre Ferrari rares saisies chez l’homme d’affaires Luc Poirier

Un huissier a fait irruption vendredi à l’entrepôt qui abrite la collection de voitures de luxe de l’homme d’affaires Luc Poirier, afin de saisir quatre Ferrari « uniques », a constaté La Presse. Les véhicules sont réclamés par un riche acheteur américain qui voulait les acquérir pour 25 millions.


Publié hier à
16 h 41

L’huissier de la firme Paquette s’est présenté au local de La Prairie, sur la Rive-Sud de Montréal, afin de procéder à une saisie avant jugement. Il n’est toutefois pas parti en emportant les véhicules. Ils sont restés dans l’entrepôt de l’homme d’affaires, qui ne peut toutefois plus les vendre ou les céder à quelqu’un tant que le litige n’est pas résolu.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

L’huissier de la firme Paquette, à sa sortie de l’entrepôt de voitures de luxe de Luc Poirier, vendredi à La Prairie

« Je pense qu’ils font ça pour me faire peur, pour que je leur vende, mais ça ne me fait pas vraiment peur. La cour, au Québec, ça ne va pas vite. C’est trois, quatre ans. Pendant ce temps-là, les autos sont à moi, je les garde. Ça ne change rien dans ma vie », a déclaré Luc Poirier en entrevue avec La Presse, après la visite de l’huissier.

Une entente d’achat pour 25 millions

L’homme d’affaires, qui s’est fait connaître par ses coups fumants en immobilier ainsi que par sa participation aux émissions Occupation double, Dans l’œil du dragon et Luc le milliardaire ?, n’a jamais été gêné d’exposer son impressionnante collection de voitures de luxe.

Dans l’univers des collectionneurs de haut niveau, les transactions se négocient parfois durement et certains acheteurs tiennent mordicus à mettre la main sur tel ou tel modèle particulièrement prisé.

Vendredi matin, une entreprise de gestion d’actifs située à San Francisco a déposé une requête devant la Cour supérieure du Québec, dans l’espoir qu’un juge l’autorise à prendre possession d’une Ferrari 275 GTB 1965, une Ferrari 288 GTO 1985, une Ferrari F50 1997 et une Ferrari Enzo 2003. La requête évoque quatre voitures de luxe « uniques », « rares » et de « grande valeur » que M. Poirier avait accepté de vendre, avant de changer d’idée.

Les voitures convoitées

  • PHOTO DÉPOSÉE À LA COUR

    Ferrari 275 GTB 1965

  • PHOTO DÉPOSÉE À LA COUR

    Ferrari Enzo 2003

  • PHOTO DÉPOSÉE À LA COUR

    Ferrari F50 1997

  • PHOTO DÉPOSÉE À LA COUR

    Ferrari 288 GTO 1985

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Selon la requête, la société californienne Mister Mingo’s Speed Shop avait signé une entente avec M. Poirier le 8 janvier pour acheter les quatre bolides, pour près de 25 millions de dollars canadiens.

On ignore si la firme californienne agit au nom d’un riche particulier qui souhaiterait demeurer dans l’ombre. « Je pense que c’est un front pour quelqu’un d’autre. Ils ne le disent pas », affirme Luc Poirier.

L’acheteur dit avoir placé la somme dans le compte en fidéicommis de son avocat. Lorsqu’est venu le moment de prendre possession des véhicules, il soutient que M. Poirier a soudainement refusé de procéder à la transaction comme convenu.

L’entreprise californienne a déposé à la cour plusieurs messages textes échangés entre ses représentants et le millionnaire québécois au cours des dernières semaines.

« Si je ne récupère pas les taxes, je ne vendrai pas. Et c’est très compliqué », précise M. Poirier, dans un des messages envoyés à l’acheteur après la signature de l’entente.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Le millionnaire Luc Poirier, photographié à l’occasion de la série documentaire qui lui est consacrée sur Crave

Dans un autre message, il se montre désolé de voir la transaction tomber à l’eau. « J’avais besoin de cet argent aussi, alors ça ne fait pas mon affaire », explique-t-il.

Mais l’acheteur affirme alors qu’il est trop tard pour reculer sur une entente signée en bonne et due forme.

« [M. Poirier] a indiqué qu’il ne souhaite plus procéder avec la vente des véhicules, en citant des raisons triviales et des prétextes sans le moindre lien avec l’entente d’achat, incluant des considérations personnelles concernant les taxes », lit-on dans la requête, signée par les avocats Éric Simard, Nathalie-Anne Béliveau et Christophe Leduc, du cabinet Fasken.

Ego et désir de gagner

En entrevue, Luc Poirier affirme qu’il souhaitait vendre les véhicules dans le cadre d’une « vente d’accommodement ». Cette procédure permet normalement à une personne de payer moins de taxes à l’achat d’un nouveau véhicule, si elle vend un véhicule usagé dans le cadre de la même transaction, puisque le prix du véhicule vendu est déduit du prix payé pour le nouveau.

« Ça ne fonctionne pas, les lois ont changé au niveau des récupérations de taxes, constate l’homme d’affaires. Donc je ne veux pas leur vendre, et ils ont fait une procédure pour forcer la vente. »

Celui-ci n’est pas surpris outre mesure de voir l’acheteur échaudé se tourner vers les tribunaux. « Souvent, quand tu deviens riche, tu veux toujours gagner, avec un gros ego. C’est peut-être juste ça », laisse-t-il tomber avec philosophie.

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