Congrès national du Parti conservateur | Poilievre remporte son vote de confiance

(Calgary) Après avoir durement fait le procès du gouvernement Carney dans un discours devant ses délégués, le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a remporté un mandat fort de ses troupes. Les membres du parti lui ont dit oui à 87,4 % pour qu’il reste en selle.
Mis à jour à
1 h 08
Avant le vote, Pierre Poilievre a accusé le premier ministre Mark Carney d’avoir berné les Canadiens durant la dernière campagne en promettant de s’attaquer à la hausse du coût de la vie, de régler la crise du logement et d’obtenir la levée des droits de douane imposés par le président Donald Trump.
Ces promesses sans lendemain, a-t-il plaidé dans un discours prononcé devant quelque 2500 délégués durant le congrès de son parti à Calgary, attisent le mouvement souverainiste au Québec et en Alberta, menaçant la survie même du pays.
Dans son discours de près d’une heure, M. Poilievre a longuement fait le procès du gouvernement Carney, lancé un appel à l’unité du pays, défendu les politiques proposées durant la dernière campagne et énoncé celles qu’il entend défendre au cours des prochains mois.
De nombreuses attaques
« M. Carney a promis du changement. Bien sûr, le ton est un peu plus sérieux. Et les mots ont changé. Mais depuis qu’il est premier ministre, est-ce que les choses ont vraiment changé dans votre vie ? Est-ce que la vie vous coûte moins cher ? », a lancé le chef conservateur en sollicitant une réponse de son auditoire pour dénoncer « les illusions » du premier ministre.
« Je sais que M. Carney aime bien faire de grands discours à l’international pendant qu’il force les Canadiens à payer plus ici. M. Carney, c’est un grand parleur ailleurs, mais un petit faiseur chez nous », a-t-il ajouté, en faisant notamment allusion au discours prononcé par le premier ministre à Davos il y a deux semaines, qui a été largement salué au pays et à l’étranger.
Si Mark Carney avait promis de reprendre le contrôle des finances publiques, de favoriser la construction de grands projets comme des pipelines et de s’attaquer à l’inflation, tout le contraire est arrivé. Le déficit est plus élevé que durant la dernière année du gouvernement de Justin Trudeau, les Canadiens démarrent davantage d’entreprises aux États-Unis qu’au Canada et l’inflation alimentaire est plus élevée que dans les autres pays du G7, a-t-il argué.
Ce gouvernement libéral ne se contente pas de laisser les gens de côté. Il rend le logement inabordable et empêche les jeunes d’accéder à la propriété, les familles de faire leurs courses et les travailleurs de trouver un emploi. En clair, la vie est devenue insoutenable sous ce gouvernement libéral.
Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur du Canada
Dans son discours qui avait les allures d’un lancement de campagne électorale – des militants se trouvaient derrière lui sur la scène, exhibant des pancartes, et son épouse Anaida Poilievre l’a présenté à la foule –, M. Poilievre a affirmé que l’unité nationale est plus que jamais mise à mal par les années de pouvoir des libéraux.
« Nous devons rester unis. Une maison divisée ne peut pas survivre », a-t-il lancé sur un ton grave.
« Quand les libéraux sont au pouvoir, ça profite toujours aux souverainistes qui avaient disparu pendant les années Harper. Quand les conservateurs sont au pouvoir, l’autonomie du Québec est respectée, la contribution de l’Alberta est reconnue et notre pays est fier, uni, abordable et rempli d’espoir », a-t-il lancé.
« Ce soir, j’ai un message d’espoir pour les jeunes Québécois : le nationalisme québécois fait partie du patriotisme canadien. Le Canada sera fier de son histoire et de son identité, on va redevenir fiers de notre pays. Le Canada va vous permettre de réaliser vos ambitions, vos rêves et votre avenir », a-t-il aussi insisté.
Prêt à collaborer
Malgré les nombreuses flèches qu’il a lancées envers les libéraux, M. Poilievre a réaffirmé que son parti est prêt à collaborer avec le gouvernement Carney afin d’obtenir l’abolition des droits de douane imposés par l’administration Trump qui frappent l’économie canadienne.
« On doit diversifier nos marchés – et renforcer nos alliances avec nos partenaires de l’OTAN. On doit combattre les tarifs américains et faire tout ce qu’on peut pour avoir une entente sans tarifs avec les États-Unis », a-t-il martelé.
Et, oui, les conservateurs sont prêts à travailler avec M. Carney pour trouver de nouveaux marchés et éliminer les tarifs américains. On ne peut plus dépendre des autres.
Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur du Canada
M. Poilievre a terminé son discours, applaudi à plusieurs reprises par ses troupes, en invitant les Canadiens à garder l’espoir de jours meilleurs.
Un chef qui « écoute les militants »
Avant même d’entendre le discours de son chef, Gabriel Lecours-Bouffard se promenait dans les couloirs du Centre BMO en exhibant deux macarons en appui à Pierre Poilievre. À 27 ans, il est le président de l’association du Parti conservateur de la circonscription de Bourassa. « Je l’appuie dans les deux langues officielles, en français et en anglais », lance-t-il d’emblée.
« Ce qui m’a amené au Parti conservateur, c’est vraiment Pierre Poilievre parce qu’il parle plus aux jeunes. Avec le prix des maisons qui monte, j’ai vraiment l’impression qu’il se crée un écart entre les jeunes générations et les plus vieilles générations. […] J’ai l’impression qu’on n’a aucune opportunité, que tout est bloqué, que la seule option que j’ai, c’est de vivre dans un condo de 200 pieds carrés et de juste accepter notre sort », a-t-il exposé.
Et Pierre Poilievre, malgré la défaite aux dernières élections, continue de lui donner de l’espoir. « C’est quelqu’un qui écoute les militants, qui va nous rencontrer, qui fait le dur travail et qui nous respecte », a-t-il ajouté.




