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Madagascar: une campagne contre la fistule obstétricale, lésion grave touchant les femmes ayant accouché

À Madagascar, on l’appelle la « maladie de la honte », mais c’est avant tout une pathologie de l’isolement. La fistule obstétricale touche chaque année plus de 5 000 nouvelles femmes sur la Grande Île. Cette lésion grave, causée par des accouchements longs sans assistance médicale, condamne les victimes à une incontinence totale. Pour briser ce cycle, l’opération « Fistula » mène sa 14e campagne de chirurgie gratuite au Pavillon Sainte-Fleur d’Antananarivo. Objectif : opérer 25 femmes et former les spécialistes locaux au traitement de cette maladie.

Publié le : 06/02/2026 – 14:38


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Avec notre correspondante à Antananarivo, Aurélie Kouman

Dans ce bloc, l’opération peut durer jusqu’à quatre heures. Les chirurgiens s’attaquent aujourd’hui à l’un des cas les plus difficiles de la semaine : la déchirure complexe entre la vessie et le vagin, d’une jeune femme de 18 ans. « On a mis des sondes parce que la fistule est toute proche des uretères… C’est très dangereux », explique l’un d’eux.

La docteure Herilala, formée localement, observe. Elle pointe les failles d’un système de santé à bout de souffle en zone rurale. « Ici, à Madagascar, c’est encore fréquent, parce qu’on a un système de santé assez fragile, souligne-t-elle. L’accès à des centre de santé est encore déplorable. Il y a des femmes qui accouchent et qui devraient marcher quatre jours, ou traverser toute une rivière, pour arriver à un centre de chirurgie ».

Le calvaire commence souvent par un accouchement sans aide. La tête du bébé compresse les tissus vaginaux, et il y a une déchirure mal soignée. Conséquence : elle perd sa place dans la société. « Ma famille ne m’a pas exclue, mais mon compagnon oui, glisse une patiente. J’ai eu très honte de cette odeur, de me sentir sale tout le temps et de ne plus pouvoir m’asseoir avec les autres ».

« Ce sont des femmes qui sont exclues, qui sont marginalisées par la société »

Une fois soignée et les plaies refermées, commence alors le combat pour retrouver sa place dans la société, explique le professeur Yoel Rantomalala : « Ce sont des femmes qui sont exclues, qui sont marginalisées par la société. Après avoir reçu le traitement, elles doivent réinsérées dans la société. »

Chaque année, 4 000 nouveaux cas sont recensés à Madagascar. Selon l’UNFPA, le pays ne traite qu’une patiente sur dix.

À écouter aussiPriorité santé – La fistule obstétricale: 2 millions de femmes concernées dans le monde

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