Pénurie de kérosène à Cuba | Transat et Sunwing au sommet des vols annulés

C’est chez Transat A. T. et Sunwing que la suspension des vols vers Cuba en réponse à la pénurie de carburant d’aviation risque d’avoir le plus de répercussions à court terme. C’est plusieurs centaines de vols qui se retrouvent annulés chez le spécialiste québécois du voyage d’agrément ainsi que son concurrent.
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11 h 00
Jusqu’à présent, la compagnie à l’étoile bleue et Air Canada ont été les seules à donner une idée de la durée de l’arrêt de leurs liaisons à destination du marché cubain, soit jusqu’au 1er mai prochain. Propriétaire de Sunwing, WestJet n’a pas fourni ce détail.
En tenant compte des vols effectués depuis le début du mois, ce sont 436 allers-retours qui étaient prévus à partir du Canada pour les avions d’Air Transat au cours de cette période, d’après la firme de données aériennes Cirium.
« Cuba est l’une des trois principales destinations soleil de Transat et représente entre 10 et 15 % de sa capacité hivernale, estime l’analyste Tim James, de la Banque TD. Nous croyons que la situation [à Cuba] pourrait inciter l’entreprise et ses concurrents à réaffecter leur capacité excédentaire vers d’autres marchés, ce qui pourrait exercer une pression sur leurs rendements. »
Signe de l’humeur des investisseurs, le titre de Transat a eu du plomb dans l’aile, mardi, à la Bourse de Toronto. Il a retraité de 3,8 % pour terminer la séance à 2,54 $.
Le coup risque d’être plus important chez Sunwing, filiale de WestJet, qui n’est pas cotée en Bourse. Si elle tourne le dos à l’île des Caraïbes jusqu’en mai, c’est plus de 1000 liaisons aller-retour qui passeraient à la trappe.
Dimanche, le pays des Caraïbes a donc annoncé que l’avitaillement en kérosène aux compagnies aériennes serait suspendu à partir de mardi, et ce, au moins jusqu’au 11 mars. De plus, les États-Unis menacent de sanctionner avec des droits de douane tous les pays qui vendraient du pétrole à Cuba. Aucun pétrolier n’est arrivé à l’île dans les dernières semaines. Les réserves sont à sec.
Air Canada – en tenant compte de sa filiale Rouge – est au deuxième rang des acteurs de l’industrie canadienne les plus exposés à Cuba. Le plus grand transporteur aérien au pays est toutefois loin derrière Transat.
La preuve : en février, la compagnie à la feuille d’érable prévoyait 145 départs à partir d’aéroports canadiens à destination du marché cubain.
« Cuba ne représentait qu’environ 0,3 % de la capacité totale d’Air Canada en février, ce qui limite tout impact financier significatif sur ses bénéfices, souligne James McGarragle, de RBC Marchés des capitaux. Nous considérons le réseau diversifié du transporteur comme un avantage concurrentiel significatif et nous estimons qu’il dispose d’une flexibilité suffisante pour redéployer sa capacité affectée vers d’autres destinations d’agrément. »
Premier transporteur canadien à annoncer la suspension temporaire de son service à destination de l’île communiste, lundi, Air Canada avait vu son action retraiter de 4,7 % sur Bay Street. L’action est demeurée stable, mardi, à 20,16 $.
WestJet arrivait en queue de peloton vis-à-vis le marché cubain, avec seulement 28 allers-retours au menu en février.
Précision : Une version antérieure de ce texte soulignait que Transat A.T. était l’entreprise la plus exposée à Cuba. Sunwing exploite plus de vols à destination de l’île des Caraïbes. Cette entreprise appartient à WestJet. Compte tenu de sa taille, le groupe combiné de WestJet et Sunwing se retrouve cependant moins dépendant du marché cubain.
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103 millions
Valeur boursière de Transat A. T.Source : Bourse de Toronto




