Hockey olympique | Cinq grands moments

Le tournoi olympique de hockey masculin s’est amorcé mercredi, et c’est probablement un bon moment pour rappeler que cette compétition a l’habitude de nous offrir quelques classiques. En voici cinq qui ont marqué les esprits.
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7 h 00
1994 : La feinte de Forsberg
PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Peter Forsberg et Corey Hirsch
Ceci n’est pas un bon souvenir pour les fans de hockey au pays, mais en Suède, c’est un évènement historique, rien de moins. C’est arrivé à Lillehammer en 1994, quatre ans avant la première présence des joueurs de la LNH aux Jeux. La Suède, d’ordinaire figurante à ces compétitions, s’est avancée cette fois-ci vers le haut, menée par un jeune espoir appartenant aux Nordiques de Québec, l’attaquant Peter Forsberg. En pleine finale, la Suède et le Canada se sont retrouvés au coude-à-coude, avec une marque de 2-2 après 60 minutes de jeu, et après la prolongation, il a fallu aller régler ça aux tirs de barrage. C’est là que Forsberg a sorti sa fameuse feinte au nez de Corey Hirsch, en glissant la rondelle d’une seule main sous le gardien canadien pour le but de la victoire. En Suède, l’exploit de Forsberg est devenu si immense qu’un timbre a été produit pour marquer l’occasion !
Regardez la feinte de Peter Forsberg
2002 : La feinte de Mario
PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE
Mario Lemieux
Le grand Mario nous avait souvent habitués à de très grands jeux, mais cette fois, il nous a étonnés d’une autre façon : en ne touchant pas à la rondelle. En pleine finale face aux Américains, le joueur légendaire a fait semblant d’accepter une passe du défenseur Chris Pronger, mais a plutôt laissé filer la rondelle entre ses patins. Posté juste à sa gauche, son coéquipier Paul Kariya a saisi l’objet et l’a lancé dans le filet américain, derrière le gardien Mike Richter, qui a tenté un plongeon du désespoir, en vain. S’il y a un jeu qui a marqué cette conquête de la médaille d’or par le Canada – la première depuis celle de 1952 à Oslo –, c’est bien celui-là, et avec le recul, on peut affirmer hors de tout doute que ce jeu de Lemieux fut quelque chose.
Regardez la feinte de Mario Lemieux
1998 : Le party des Tchèques
PHOTO TIRÉE DU SITE DU COMITÉ OLYMPIQUE CANADIEN
Dominik Hasek et Wayne Gretzky
À l’époque du Rideau de fer, les Tchèques arrivaient toujours derrière les Soviétiques, pour des raisons de talent ou d’arrangements raisonnables dictés par le Parti, c’est selon. Alors on peut imaginer la fête quand, sept ans après la fin de l’Union soviétique, les Tchèques se sont hissés au sommet, menés par un Dominik Hasek en état de grâce. Les images d’un club canadien défait en tirs de barrage au petit matin (au Québec, en tout cas) ont fait le tour, encore plus l’image d’un Gretzky laissé sur le banc, ignoré par l’entraîneur Marc Crawford. Mais les Tchèques ont poursuivi leur chemin jusqu’à la plus haute marche du podium, envers et contre tous, et encore à ce jour, on raconte que les bars et les pubs de Prague ont fini par manquer de bière à la fin du tournoi.
2010 : Le but en or de Sidney Crosby
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Sidney Crosby
Non, ce n’est pas le but de Paul Henderson en 1972, et ce n’est pas non plus Mario et sa feinte en 2002, mais c’est un but qui a ramené le Canada au zénith après le très décevant tournoi de 2006 à Turin. Il y a toute une génération qui est allée se coucher ce soir-là en rêvant au but en or de Crosby, réussi en prolongation de la grande finale face à Ryan Miller et aux Américains. L’image d’un jeune Crosby à la fois ému et triomphal dans un coin de patinoire, les bras dans les airs et les mains à l’air, a marqué l’imaginaire d’un pays entier.
Regardez le but en or de Sidney Crosby
1980 : Le Miracle des Américains
PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Les joueurs de l’équipe américaine célèbrent leur victoire contre les Soviétiques.
Il arrive que la politique s’invite dans les stades et les arénas en raison des évènements qu’elle peut créer elle-même ; on peut se plaindre de l’absence des joueurs russes au présent tournoi, mais il faut d’abord comprendre pourquoi ils n’y sont pas, et ensuite comprendre que les décisions militaires, dans ce cas-ci l’invasion de l’Ukraine, ont des répercussions. À l’été 1980, les Américains ont choisi de faire l’impasse sur les Jeux de Moscou en raison de l’invasion soviétique en Afghanistan, et juste avant, à l’hiver, les Soviétiques se sont présentés aux Jeux de Lake Placid sur un fond manifeste de guerre froide, beaucoup parce qu’ils avaient un quadruple titre de hockey olympique à défendre, et qu’ils n’allaient pas laisser passer la chance d’en ajouter un cinquième de suite. Sauf que des joueurs universitaires américains, menés par un Jim Craig qui ne gardera plus jamais les buts comme ça du reste de sa vie, en ont décidé autrement. Au bout du compte, les simples amateurs ont eu raison de ce qui est peut-être la plus grande machine de hockey de tous les temps. Ne cherchez pas de plus grandes surprises au hockey ou ailleurs, parce qu’il n’y en a pas.




