Une continuité répressive contre le mouvement de solidarité avec la Palestine

Photo : manifestation de solidarité avec la Palestine à Paris le 6 septembre 2025. Crédit : JV pour AFPS.
Une nouvelle vague de répression contre le mouvement de solidarité avec la Palestine se déroule en France, portée par certains responsables politiques cherchant à criminaliser les défenseurs des droits du peuple palestinien.
Depuis le dépôt de sa proposition de loi (PPL 575) visant prétendument à “lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme”, adoptée de justesse en commission des lois le 20 janvier 2026, la députée Caroline Yadan s’en fait la porte-parole.
Cette offensive liberticide s’inscrit dans un contexte de soutien répété au gouvernement israélien qui accélère la colonisation et l’annexion de la Cisjordanie et poursuit le génocide à Gaza malgré le prétendu cessez-le-feu d’octobre 2025.
Si la proposition de loi Yadan, largement contestée dans et à l’extérieur de l’hémicycle, n’a pas été votée pour l’instant, sa principale initiatrice cherche par tous les moyens à en imposer d’ores et déjà l’application.
Pour cela, elle ne recule devant rien pour renforcer son lobbying pro-israélien à l’Assemblée nationale comme de divulguer les pires fake news. La campagne orchestrée jusqu’au sommet de l’État contre Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour le territoire palestinien occupé en est le dernier épisode. Le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) aurait été bien inspiré de ne pas reprendre à son compte des mensonges aussi grossiers avant d’appeler à sa démission.
Ses services et lui-même ne pouvaient pas ignorer que la prétendue déclaration de Francesca Albanese faisant “d’Israël l’ennemi commun de l’humanité” n’était qu’une ignoble provocation pour salir celle qui défend obstinément les droits du peuple palestinien dans les instances internationales. En la cautionnant, il s’est déshonoré et a discrédité la diplomatie française. Une question se pose, comment un ministre relayant des fake news devant la représentation nationale pour s’en prendre ainsi à une représentante des Nations unies, peut-il être maintenu à son poste ?
L’AFPS condamne ces attaques, dénonce les soutiens politiques qui s’y associent et réaffirme son appui plein et entier à Francesca Albanese face aux mensonges diffusés à son encontre et à la campagne de calomnie révoltante dont elle fait l’objet.
Aujourd’hui, nous apprenons que nos partenaires de l’Union juive française pour la Paix (UJFP) sont gravement attaqués dans un article publié par le Point. On y apprend que le Parquet national antiterroriste aurait ouvert contre eux une enquête préliminaire pour “financement du terrorisme”. Encore une fois, c’est la solidarité active avec la population palestinienne victime des destructions massives qui est remise en cause. Selon ses détracteurs les juges antiterroristes français devraient condamner ce soutien politique et humanitaire. Un sinistre écho avec l’interdiction par le gouvernement israélien de 37 ONG humanitaires exerçant à Gaza et accusées elles aussi de collusion avec une entreprise terroriste !
Le plus grave, c’est que ces accusations sont accompagnées d’une demande de dissolution de l’UJFP, tout comme l’organisation Urgence Palestine qui, depuis avril 2025, reste sous la menace d’une dissolution par le ministre de l’intérieur. Son porte-parole accusé d’apologie du terrorisme doit être jugé en mai 2026.
Aux uns et aux autres, l’Association France Palestine Solidarité exprime son total soutien.
Les organisations en solidarité avec la Palestine et de défense des droits humains, des collectifs de citoyen·nes, des universitaires, des syndicalistes, des journalistes, et personnalités publiques se sont largement mobilisé·es contre la politique criminelle d’Israël. De très nombreuses procédures d’interdiction de manifester, de poursuites pour apologie du terrorisme ont été lancées à leur encontre, que les juges n’ont pratiquement jamais fait aboutir fort heureusement.
L’AFPS n’acceptera jamais que son espace d’expression et d’action en faveur du peuple palestinien soit restreint. Avec tous nos partenaires, nous réaffirmons que la solidarité internationale n’est pas un délit et qu’on ne nous fera pas taire ! Nous continuerons à nous mobiliser pour que la loi Yadan ne soit pas votée car elle est attentatoire à nos libertés et vise à installer un cadre législatif ou le simple fait de dire “Palestine vivra” pourra être interprété comme de l’antisémitisme et “Palestine vaincra” comme de l’apologie du terrorisme !
Le Bureau national de l’AFPS
Le 13 février 2026




