Faites-vous comme moi une overdose de Donald Trump?

Ça ne pouvait être autrement. Depuis qu’un déséquilibré a pris le contrôle des États-Unis, la plus grande puissance mondiale, l’anxiété a grimpé en flèche partout sur la planète. Après plus d’un an de cette folie, j’ai choisi de décrocher.
Avide d’information, comme tout bon chroniqueur ou journaliste qui se respecte, je suis abonnée à de nombreux journaux et revues, et je lis une quantité impressionnante de nouvelles tous les jours. Sauf qu’en ce qui concerne Donald Trump et ses volte-face, menaces et élucubrations – il change d’idée comme il respire, parfois au beau milieu de la nuit –, je limite mes lectures à l’essentiel.
Bien entendu, les médias n’ont pas le choix de rapporter les propos et les gestes que pose le président américain, d’autant plus avec les nombreuses conséquences qui en découlent.
Mais avec les réseaux sociaux qui embarquent joyeusement, et où circulent tant de fausses informations, c’est le grand débordement.
Véritable traumatisme
J’ai donc réalisé assez vite qu’il fallait en prendre, mais aussi en laisser beaucoup. Autrement, il est facile de tomber dans une spirale d’anxiété et d’avoir l’impression que notre monde s’écroule au gré de ses macabres fantaisies. Avouez que vous l’avez ressentie aussi, celle-là…
L’anxiété que génère Donald Trump est telle que les conseils de spécialistes pour mieux la gérer affluent dans internet. Il y a clairement un besoin. Et il faut effectivement se doter de bons outils pour éviter de sombrer dans l’angoisse.
Au Centre de neuropsychologie et de counseling de l’Ouest-de-l’Île, à Montréal, on a produit un document fort intéressant où on décrit comment l’anxiété générée par Trump peut se traduire.
«D’un point de vue clinique», écrit-on, «ce phénomène peut être associé à un traumatisme vicariant ou [à] un stress secondaire: le stress émotionnel causé par l’exposition indirecte à des événements troublants, même lorsqu’ils surviennent à l’extérieur de notre propre pays», peut-on y lire.
Actualité de chez nous
Je ne sais pas pour vous, mais moi, je n’ai vraiment pas besoin de ce stress. J’en ai assez de celui que l’on vit tous, à propos de nos proches, de notre travail, de notre vraie vie quoi!
Il appert justement que la première étape consiste à comprendre l’impact psychologique en reconnaissant les symptômes et en évitant la surexposition.
Un autre conseil consiste, toujours selon les experts de ce Centre de neuropsychologie, à s’ancrer dans la réalité locale, autrement dit à se concentrer sur ce qui se passe chez nous, dans notre propre contexte.
On peut même s’impliquer dans des causes locales, comme bénévole ou autrement. Il faut prendre les moyens pour lutter contre ce grand sentiment d’impuissance qui nous habite. Et bien entendu, il faut bien s’entourer, échanger avec ses proches, et consulter au besoin.
Le plus beau, c’est qu’en prenant cette distance volontaire avec la folie de Trump, on se rend compte que le monde continue de tourner, malgré ses turbulences générées par cet être avide de pouvoir et de contrôle, coûte que coûte. Et on se dit qu’il y aura des élections de mi-mandat, à l’automne, et surtout que, dans deux ans et après deux mandats, Donald Trump ne pourra plus être président des États-Unis.




