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Voici les pires arrêts de bus de Québec

Les pieds sur un banc de neige ou debout entre deux autoroutes, au risque de se faire éclabousser par les voitures en attendant le bus, les usagers du transport en commun ont parfois la vie dure à Québec. Le Journal vous présente aujourd’hui un florilège des pires arrêts d’autobus de la capitale, après une consultation auprès des conseils de quartiers et de l’organisme Accès transports viables (ATV). Une démarche qui n’a rien de scientifique, mais qui met en lumière des situations souvent dénoncées par les usagers du Réseau de transport de la capitale (RTC). 

Coincé entre la route et le ravin à Val-Bélair


Arrêt sur le boulevard Pie-XI, à Val-Bélair


Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Le long du tracé du nouveau 804 qui dessert Val-Bélair, sur le boulevard Pie-XI, il faut être courageux pour attendre à l’arrêt numéro 2576. Coincé entre la route, une étroite bande cyclable et une glissière de sécurité, il borde un ravin au fond duquel coule un ruisseau. La présidente du conseil de quartier, Francine Dion, espère l’ajout d’un trottoir, pour sécuriser minimalement le tout. Il reste que pour traverser Pie-XI, le piéton utilisateur du transport collectif doit être patient. «À l’heure de pointe, il faut attendre qu’il y ait deux automobilistes généreux qui vous laissent passer», soupire-t-elle, soulignant que ces spécimens sont rares.

Arrêt minimaliste près du ministère… des Transports


Arrêt sur Franquet


Stéphanie Martin

Les usagers des parcours 22 et 29 ne sont pas choyés dans le parc technologique Einstein, juste derrière les bureaux du ministère… des Transports et de la Mobilité durable. En hiver, sur la rue Franquet, ils ont le choix entre l’attente dans la rue ou sur le monticule de neige battue qui s’accumule au pied de l’affiche du Réseau de transport de la capitale fixée au poteau de lampadaire. «C’est soit on se fait frôler par les voitures, soit on patiente sur le banc de neige», résume un usager régulier, qui a préféré conserver l’anonymat.

En compagnie d’un bac rouillé


Arrêt au coin de Faraday et Lavoisier


Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Dans les parcs industriels Jean-Talon et Saint-Malo, plusieurs arrêts ne paient pas de mine, signale Myriam Nicker-Hudon, présidente du conseil de quartier de Saint-Sauveur. Sur la rue Faraday, au coin de Lavoisier, on en a même trouvé un qui côtoie un vieux bac à recyclage rouillé. Situé sur un coin de rue sans trottoir, il offre une attente plutôt triste pour les usagers du parcours 9 du RTC. Le conseil de quartier souhaite des installations plus conviviales. «On insiste auprès de la ville pour planifier le redéveloppement du parc industriel Saint-Malo centré sur des aménagements favorables à la mobilité active et une desserte de transport collectif améliorée.»

À vos risques et périls sur le terre-plein


Arrêt sur Bouvier


Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Si vous avez le cœur bien accroché, vous pouvez attendre le 64, le 85, le 185 ou le 332 le long de la très passante rue Bouvier. Nichés sur un étroit terre-plein triangulaire de béton, des arrêts de bus sont implantés entre des bretelles menant à l’autoroute Félix-Leclerc, la plus achalandée de Québec. Parfois on dispose d’un abribus, parfois non. On accède à cet îlot en traversant de nombreuses voies de circulation. Dans cette zone comme dans bien d’autres secteurs industriels ou de commerces de gros, «il y a plusieurs arrêts de bus localisés dans des espaces terrifiants, comme si on voulait punir ceux qui prennent le transport collectif», déplore Myriam Nicker-Hudon, présidente du conseil de quartier de Saint-Sauveur.

Entre deux artères achalandées


Arrêt sur du Marais


Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Entre les voitures qui circulent sur la rue du Marais et celles qui filent à vive allure sur l’autoroute Félix-Leclerc, il y a un arrêt tout près de la bretelle d’accès à la voie rapide. Implanté devant une station-service, il offre peu de place pour les usagers du parcours 85, qui doivent attendre dans la rue sans trottoir ou sur le coin du stationnement.

Le plus désolant en Amérique du Nord sur Frank-Carrel


Arrêt sur Frank-Carrel


Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Québec peut se targuer d’avoir remporté en 2021 le prix du pire arrêt de bus en Amérique du Nord dans le concours Streetsblog USA, avec la station 2982 du parcours 18 sur Frank-Carrel. Force est de constater qu’il ne s’est pas amélioré depuis ce triste hommage. Implanté devant un commerce de portes et fenêtres, entre l’autoroute Charest et la voie de service, il confine les utilisateurs à la bordure de rue, flanquée d’une glissière de sécurité, dans un espace inconfortable sans banc ni abribus. Il est identifié par Accès transports viables comme l’un des pires exemples de station de bus. Les usagers y respirent la poussière et les gaz d’échappement, en plus d’attendre longtemps leur bus parfois pris dans la circulation aux heures de pointe.

Peu inspirant sur la rue Saint-Nicolas


Arrêt sur Saint-Nicolas


Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

«Mention spéciale pour l’arrêt situé sur Saint-Nicolas et très utilisé par le personnel et les usagers de l’Hôtel-Dieu. Rien d’inspirant.» C’est ainsi que le président du conseil de quartier du Vieux-Québec, Jocelyn Gilbert, décrit l’arrêt qui se résume à un simple poteau planté entre un mur de briques et le trottoir étroit, sur la rue Saint-Nicolas, près de la gare du Palais. À cet endroit circulent plusieurs express ainsi que deux parcours réguliers, le 11 et le 107.

Terminus D’Youville, le meilleur… et le pire


Terminus de place D’Youville


Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

À l’unanimité, les membres du conseil de quartier du Vieux-Québec ont identifié le terminus D’Youville comme le pire arrêt de leur secteur. Il a pourtant du potentiel, en raison de sa localisation optimale, selon ATV (voir l’autre texte). Mais il est mal aimé des résidents. Les griefs sont nombreux, souligne le président Jocelyn Gilbert. «Pour sa laideur et sa décrépitude avancée. Honteux pour un terminus très fréquenté par les touristes et localisé à l’entrée du quartier patrimonial et des fortifications. Pour sa dangerosité, compte tenu qu’il est au centre de plusieurs axes de circulation où règnent trop souvent confusion et non-respect des règles de circulation. Pour son horloge centrale à l’arrêt depuis si longtemps, projetant une ambiance digne de Back to the Future

87 arrêts de moins en 2025

En 2025, plusieurs arrêts d’autobus ont été ajoutés ou retirés sur le réseau du RTC, en raison de changements de tracés ou de réaménagements. Une demande d’accès à l’information permet de constater qu’au terme de l’année, le réseau compte maintenant moins d’arrêts. En effet, alors qu’on en dénombrait 4773 le 1er janvier 2025, ce nombre a chuté à 4286 au 1er janvier 2026, soit 87 arrêts de moins. Durant l’année, le RTC a retiré 199 arrêts et en a ajouté 112. C’est Saint-Augustin-de-Desmaures qui a perdu le plus d’arrêts, une quarantaine, suivi de l’arrondissement Sainte-Foy–Sillery-Cap-Rouge, avec une vingtaine.

Des terminus où on ne se sent pas en sécurité


Terminus de Marly


Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Aménagés dans des endroits sombres et peu fréquentés, certains terminus du Réseau de transport de la capitale (RTC) n’ont rien pour rassurer les usagers du transport en commun, constate un organisme.

Dans le cadre de son projet Rues sans peur, Accès transports viables (ATV), un organisme qui fait la promotion du transport en commun, a mesuré le sentiment de sécurité dans la ville, en 2024.


Terminus de la Faune


Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Marly et de la Faune

Les données recueillies dans l’étude ont révélé que certains aménagements du RTC exacerbent le sentiment d’insécurité. C’est le cas des terminus de Marly et de la Faune, cite la directrice générale de l’organisme, Marie-Soleil Gagné.

«Ils ont vraiment toutes les caractéristiques d’un aménagement qui peut générer un sentiment d’insécurité.»

Ce sont souvent des stations qui se retrouvent dans un secteur isolé et excentré, où il y a peu d’animation, de résidences, de commerces ou de passants. S’ajoute à cela un éclairage limité.

Ces caractéristiques peuvent «amener un sentiment d’inquiétude» et «venir décourager l’utilisation du transport en commun», ajoute Mme Gagné. 

Bien intégré

À l’opposé, le terminus de la place D’Youville, même s’il n’est plus au goût du jour, répond parfaitement aux critères d’un aménagement bien intégré, souligne-t-elle. Il y a de l’animation autour et on y retrouve une mixité d’usages. Les moyens de transports collectifs et actifs qui y convergent sont nombreux aussi: autobus, taxi, àVélo, Communauto.

ATV veut sensibiliser les décideurs au fait qu’il existe un lien direct entre les aménagements urbains et le sentiment de sécurité dans une ville, insiste Mme Gagné.

«Souvent, les transports et l’aménagement sont pensés en silo dans la planification territoriale […]. C’est possible d’agir sur le sentiment de sécurité en travaillant sur les aménagements urbains.»

Appel aux lecteurs 

Vous avez près de chez vous un arrêt qui mériterait de figurer dans le palmarès des pires stations de bus? Envoyez-nous vos photos et une description de cet aménagement. Nous présenterons les lauréats qui sauront se tailler une place dans cette liste peu enviable.

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