Le ski-alpinisme fait son entrée «historique» aux Jeux olympiques

Les épreuves de ski alpin terminées à Bormio, le bas de la Stelvio accueillera à partir de jeudi les épreuves de ski-alpinisme, une première aux Jeux olympiques (JO) et l’occasion pour les athlètes, dont les favoris français, de réaliser un « rêve » longtemps inaccessible.
« C’est un moment historique pour notre discipline. On sait qu’on a de la chance d’être là, au bon endroit au bon moment […]. C’est peut-être une fois dans une vie », résume Emily Harrop, numéro un mondiale dans la discipline ces quatre derniers hivers et immense chance de médaille pour la France.
Un sprint hommes puis un sprint femmes sont au programme jeudi, avant le relais mixte samedi. Le principe est simple et consiste à monter le plus vite possible quelque 70 m de dénivelé, skis aux pieds, avec une phase de « portage » où les skis sont sur le dos, puis à redescendre en mode ski alpin. Le tout en trois minutes à peine d’un effort extrêmement explosif.
Très télévisuelle, avec des manches ultra-cardio qui s’enchaînent, des confrontations directes et des transitions spectaculaires (le moment où les skieurs enlèvent en quelques secondes leurs peaux des skis qui les empêchent de glisser à la montée pour passer en mode descente), la discipline est très éloignée du ski de randonnée, la version loisir du sport qui consiste à se balader en pleine nature et à chercher de jolies pentes à skier à la descente.
« On a de la chance »
Pour les athlètes, les JO représentent toutefois une occasion de faire découvrir leur sport.
« J’ai envie de saisir cette chance en pensant à la petite fille que j’étais et qui regardait les Jeux à la télé, complètement fan », racontait en janvier à l’AFP Harrop, marquée enfant par les exploits de Lindsey Vonn aux Jeux olympiques d’hiver de 2010 et par ceux de Mo Farah en athlétisme aux JO de 2012.
« Le rêve olympique est venu quand on nous a dit qu’on allait être aux Jeux olympiques. Avant, je n’y pensais pas du tout », ajoutait la skieuse de 28 ans.
Alors que les Bleus du ski alpin sont repartis bredouilles de Bormio, Emily Harrop mène une équipe de France capable d’une razzia dans la station lombarde.
Thibaut Anselmet vise l’or chez les hommes et participera avec Harrop au relais mixte, où leur paire est ultra-favorite. La jeune Margot Ravinel (23 ans) est également prétendante au podium.
« Deux, trois médailles presque sûres, c’est quelque chose, vraiment, d’atteignable », estime Anselmet.
Ambitieux, l’athlète de Bonneval-sur-Arc ne pensait pourtant pas se retrouver un jour à porter les tenues olympiques de l’équipe de France : « Quand j’ai commencé ma carrière, je ne me voyais pas du tout ici. Et là, on peut remporter les premières médailles de notre sport. C’est le hasard de la vie, mais on a de la chance ».
« Idéal » pour Jornet en tant qu’entraîneur
L’introduction du ski-alpinisme aux Jeux olympiques ne s’est pourtant pas faite sans remous. Dès l’annonce en 2021 de son apparition au programme des JO 2026, certains athlètes, dont la vedette de l’ultra-endurance Kilian Jornet, avaient émis des réserves, craignant que les Jeux suppriment l’esprit nature du « skimo ».
« L’ultra-terrestre » espagnol avait regretté à l’époque l’absence de formats plus longs aux JO tels que l’individuel, la discipline historique qui dure des heures avec plusieurs montées et descentes en hors-piste. Le sprint et le relais sont « agréables à regarder » mais « loin de ce qu’est le ski-alpinisme », disait-il.
Le Catalan de 38 ans, qui a brillé dans les années 2010 en Coupe du monde sur les formats plus longs, a finalement accepté de rejoindre l’aventure olympique en devenant l’entraîneur de son compatriote Oriol Cardona Coll, principal rival d’Anselmet chez les hommes.
« Kilian est non seulement un excellent sportif, mais il s’intéresse également à la performance physique. Il connaît très bien le corps et les méthodes d’entraînement », a apprécié Cardona Coll mardi devant la presse.
« Faire les Jeux, gagner les JO, tous les athlètes en ont un jour rêvé. Les faire en tant que coach, pour moi, c’est idéal », a souri Jornet dans un documentaire diffusé dimanche sur la chaîne catalane TV3.




