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« Sid n’est pas exclu du tournoi », selon Jon Cooper

(Milan) « Il est très important. S’il y a quoi que ce soit qu’on peut faire pour l’aider, c’est de se botter le derrière et compétitionner. »


Publié à
6 h 54
Mis à jour à
10 h 47

Sam Bennett a probablement trouvé les mots les plus justes. On lui pardonnera son registre familier (« compete our asses off »), mais son choix de mots trahit la sincérité de l’état d’esprit des joueurs.

Bennett parlait bien sûr de Sidney Crosby, de sa possible absence vendredi en demi-finale contre la Finlande, et de son ascendant sur ses coéquipiers.

« Il est incroyable, a ajouté Bennett, après l’entraînement de jeudi du Canada. C’est très bénéfique de le voir aller, comment il traite les gens, comment il mène par l’exemple. Je veux juste l’imiter, car il fait tout de la bonne façon. »

Crosby n’a pas participé à l’entraînement optionnel de jeudi. Après la séance, Jon Cooper a néanmoins dit que « Sid n’est pas exclu du tournoi ».

« On a le meilleur personnel pour le traiter en ce moment, a poursuivi l’entraîneur-chef du Canada. Josh Morrissey est dans le même bateau. On y va une journée à la fois. On ne mettra personne en danger. S’il peut jouer, il va assurément jouer. On en saura plus dans 24 heures. »

Crosby s’est blessé lors du match de quart de finale entre le Canada et la Tchéquie mercredi, lorsqu’il a subi trois mises en échec au cours d’une même présence. C’est la deuxième, celle de Radko Gudas, qui a semblé fatidique, puisque sa jambe droite a plié dans le mauvais sens.

PHOTO ALEXANDER NEMENOV, AGENCE FRANCE-PRESSE

Sidney Crosby s’est blessé sur ce contact avec le défenseur tchèque Radko Gudas.

Les autres capitaines

On retrouve dans l’effectif du Canada quatre joueurs qui sont aussi capitaines avec leur club de la LNH : Crosby, Connor McDavid, Mark Stone et Nick Suzuki.

Si Crosby tombe au combat, c’est sur le maillot de McDavid que d’aucuns s’attendent à voir le « C », vendredi. Il n’arrive peut-être pas avec le pedigree de champion de Crosby, mais a néanmoins mené les Oilers à la finale de la Coupe Stanley deux années de suite. C’est aussi lui qui a inscrit le but gagnant à la Confrontation des 4 nations il y a 364 jours.

Et depuis son arrivée en Italie, McDavid s’est démarqué par ses jeux en début de match qui ont semblé donner le ton : sa percutante mise en échec contre Lukas Sedlak dans le premier match, son but et sa mise en échec contre Andrea Glauser dans le second, son vol de rondelle à David Pastrnak pour préparer le but de Macklin Celebrini en quarts de finale.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Connor McDavid (97)

« C’est sa ténacité, a témoigné le gardien Jordan Binnington, dans un coin de la zone d’entrevues. Il veut la rondelle, il veut faire la différence et a participé à plusieurs gros buts. Il arrive prêt à jouer. »

Car c’est de cette façon que le leadership de McDavid s’exprime. Cooper a répété jeudi que le leadership par les mots vient essentiellement de Drew Doughty et Brad Marchand, deux vétérans qui ont le verbe facile.

Pendant ce temps, McDavid réalise ses gros jeux et empile les points ; il en totalise 11 en quatre matchs. Avec deux autres matchs à jouer, il a déjà égalé le record de points pour un tournoi olympique avec joueurs de la LNH, marque que Teemu Selanne et Saku Koivu avaient établie en 2006.

S’il y en a un qui peut témoigner des habiletés de McDavid quand les choses se corsent, c’est bien Doughty. Depuis quatre ans, McDavid est essentiellement l’agent de voyage de Doughty, en ce sens que les Oilers ont envoyé les Kings en vacances dès le premier tour les quatre dernières saisons.

« Il a très souvent bien joué contre nous, s’est remémoré Doughty. Alors je ne sais pas s’il joue mieux qu’à l’habitude, mais c’est évidemment une grande scène. C’est particulier de le voir gérer la pression. »

Ce tournoi pourrait bien être celui de la passation officielle du flambeau du 87 au 97. Crosby aura 42 ans aux prochains JO, donc ses chances d’y être semblent minces. N’empêche que la présence de Crosby demeure cruciale pour ce groupe. Ce n’est pas un hasard s’il s’est adressé à l’équipe au deuxième entracte mercredi.

« Il a été le capitaine du Canada depuis que je sais trop combien d’années. Il a gagné la Coupe Stanley, les Jeux olympiques, il a marqué le but en or, a énuméré le défenseur Colton Parayko. Sa présence en soi fait une grosse différence. On est choyés de l’avoir. »

Canada c. Finlande, vendredi, 10 h 40 (heure de Montréal)

Le sixième homme invisible

PHOTO CAROLYN KASTER, ASSOCIATED PRESS

Les six joueurs tchèques célébrant le but d’Ondrej Palat (18)

Vingt-quatre heures plus tard, le but d’Ondrej Palat fait encore jaser. La Tchéquie aurait en effet pu éliminer le Canada sur un but inscrit illégalement, puisque les Tchèques ont passé la séquence entière avec six patineurs, de la relance en zone défensive jusqu’à la célébration du but. Même si quelqu’un au banc du Canada l’avait vu, il est impossible d’aller en contestation pour un tel jeu. Mais évidemment, si tout le monde au banc du Canada avait hurlé pour alerter les arbitres, le scénario aurait pu être différent. « On l’a seulement appris après le match, a admis Doughty. Aucun joueur, aucun entraîneur ne le savait avant cela. On en a parlé, on s’est demandé comment on avait pu le manquer. Mais on l’a tous manqué, donc c’est normal que les arbitres l’aient aussi manqué. Ça arrive. »

Morrissey, le patineur muet

Crosby était un des cinq absents à l’entraînement optionnel du jour. Les autres : ses concitoyens néo-écossais Brad Marchand et Nathan MacKinnon, et les défenseurs Cale Makar et Devon Toews. Marchand est arrivé hypothéqué à Milan, tandis qu’on chuchote que MacKinnon traîne lui aussi un bobo quelconque. En revanche, Josh Morrissey y était, après avoir raté les trois derniers matchs en raison d’une blessure mystérieuse visiblement subie dans le premier match. Il n’a toutefois pas parlé aux journalistes, malgré les demandes en ce sens. Sam Bennett a aussi participé à l’exercice. Il s’était entraîné mercredi, mais n’avait pas joué et avait raté l’exercice de mardi. Il a indiqué qu’il était « malade ». Bennett a suivi la victoire de mercredi depuis les gradins, avec ses coéquipiers surnuméraires. « C’était stressant, a-t-il admis. Je n’ai jamais été aussi nerveux dans un match. Je n’envie pas les partisans qui endurent ça tous les matchs ! C’est différent que d’être assis au banc. »

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