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100 jours à la tête de Montréal: «Est-ce que la Ville fonctionne à sa pleine efficacité? Non», admet Soraya Martinez Ferrada

Nids-de-poule, problèmes de déneigement, trottoirs glissants… après 100 jours au pouvoir, la mairesse Soraya Martinez Ferrada admet que tout ne va pas bien et prône la multiplication des petits contrats au privé pour régler les problèmes.

« Est-ce que la Ville fonctionne à sa pleine efficacité ? Non. […] Je ne vais jamais prétendre que j’ai une baguette magique et qu’en 100 jours tout va bien aller », lance la mairesse Soraya Martinez Ferrada lors de sa première grande entrevue avec Le Journal, dans son bureau de l’hôtel de ville.

Elle se dit capable d’encaisser la critique.

Elle espère que, pendant sa première année au pouvoir, les citoyens verront une différence, des rues plus propres, mieux déneigées et des poubelles ramassées.

« On doit ouvrir le marché à plusieurs petites entreprises pour que ça coûte moins cher », préconise-t-elle.

Des contrats d’urgence en exemple

Un exemple à suivre ? Les contrats octroyés d’urgence il y a deux semaines pour boucher les nids-de-poule géants qui jonchent les rues de la métropole.

Faute de contrat avec une entreprise qui permettrait d’accomplir le travail avec des machines spécialisées, son administration a conclu, en quelques jours, 10 contrats totalisant près d’un demi-million de dollars avec trois entrepreneurs pour boucher les trous à la pelle.

« On a divisé en 10 lots. On a invité 60 entreprises à soumissionner. On a signé des contrats de gré à gré, comme la vérificatrice générale nous l’avait demandé. Au bout du compte, ça a coûté 50 % moins cher », se targue la mairesse en entrevue.

L’élue d’Ensemble Montréal rappelle que son parti avait voté contre les contrats de recyclage octroyés par l’administration de Valérie Plante au géant ontarien E360, dont le service a suscité de nombreuses plaintes, entre autres dans Rosemont–La Petite-Patrie.

« On ne peut pas donner un contrat pour toute la ville à une seule entreprise, elle n’aura pas les moyens de le faire. On le voit aujourd’hui. Ils ne sont pas capables de donner le service », dit-elle.

Pas nécessairement moins cher

Pour l’experte en gestion municipale Danielle Pilette, multiplier ainsi les contrats auprès de plus petites entreprises n’assure pas nécessairement un meilleur service pour moins cher.

« La réparation des nids-de-poule, ça peut se faire parce que ça requiert surtout de la main-d’œuvre et peu d’équipement. Mais pour le déneigement, c’est le contraire, il faut beaucoup d’équipement. Ça ne va pas être économique, ça va coûter plus cher et on va avoir un moins bon service », affirme la professeure de l’UQAM.

« Fractionner les contrats en petits lots, ça peut faire en sorte que le travail ne sera pas comparable d’un arrondissement à l’autre », ajoute-t-elle.

– Avec la collaboration de Mathis Jacques

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