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Parents d’athlète: le secret derrière les médailles de Florence Brunelle

Elles ont été le fruit d’innombrables heures de travail, de réussites, de doutes et, surtout, d’un appui inconditionnel de ses deux plus grands admirateurs, son père, Jean-François Brunelle, et sa mère, Stéphanie Cousin.

Du haut de ses 22 ans, Florence Brunelle n’a pas le même vécu que le jeune adulte moyen. Dès l’adolescence, elle s’est engagée sur une trajectoire d’athlète qui l’a amenée à devenir une professionnelle, à voyager aux quatre coins du monde, à prendre part à deux Jeux olympiques ainsi qu’à affronter une adversité sportive et humaine en cours de route.

À bien des égards, personne ne lui en aurait tenu rigueur si elle avait choisi une autre avenue, mais elle a foncé pour en arriver à être cette double médaillée olympique de 22 ans. Son père Jean-François, lui-même un ancien hockeyeur de haut niveau ayant remporté la Coupe Memorial avec les Prédateurs de Granby, a été appelé à l’épauler au meilleur de ses capacités.

«Apprécier chaque journée»

Interrogé à savoir ce qu’il mentionnerait à sa Florence de 14 ans, celle qui était à l’aube de ce grand voyage qui l’attendait, le paternel indique qu’il referait un discours similaire même en connaissant tout ce qu’elle aurait à traverser, tant les bons et moins bons moments.

«C’est drôle, mais je ne changerais pas le discours que j’ai fait. À cette époque, je lui disais d’apprécier chaque journée et de savourer ce privilège d’être une athlète au quotidien. Dans cette aventure, elle a pu apprendre à faire ça et décider de le faire. Elle a réussi à s’autodéterminer. Elle a pu apprécier. Donc, non, je ne changerais pas grand-chose», a fait valoir l’homme de 49 ans.

Du même souffle, il ajoute que c’est bien beau les discours, mais qu’il y a surtout une portion d’apprentissage que les enfants, qu’ils soient athlètes ou non, se doivent de faire par eux-mêmes.

«L’être humain est fait de sorte que nous ne pouvons pas donner notre sagesse à quelqu’un. L’idée que nous avons doit renaitre dans la personne que nous accompagnons. Nous n’avons pas le choix. Comme parent d’athlète, tu ne peux pas juste dire quelque chose et t’attendre à ce que ça se transmette immédiatement. Il faut trouver la façon de planter l’idée et qu’elle germe par la suite. Le fruit du travail de Florence, c’est ça. Ça renait en elle.»

Au cours des Jeux, malgré les succès qu’elle a rencontrés, la patineuse trifluvienne est apparue fragile à certains moments, dont après sa demi-finale du 1000 m qui l’avait vue être reléguée à la finale B.

Pour celui qui occupe le poste de préparateur physique en chef des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), il est important de rappeler que sa fille devra continuer à naviguer à travers les raz-de-marée émotionnels qui peuvent venir avec la pratique du sport au plus haut niveau.

«Ce n’est pas toujours parfait. Elle n’a pas que des perceptions positives. Elle a traversé plusieurs choses et nous l’avons vue vulnérable à la télévision. Ça fait partie de l’aventure. Il faut avoir la résilience de le vivre et d’ensuite rebondir. C’est ça la beauté et la cruauté du sport en fait. Il y a des moments déchirants, notamment au fabuleux patinage de vitesse courte piste, mais quand ça fonctionne, c’est ça qui est magnifique. L’argent et le bronze de ces Jeux viennent sceller l’aventure plus difficile de 2022. Nous en sommes fiers.»

Pour la maman, Stéphanie Cousin, si elle avait la chance de s’adresser à nouveau à sa Florence de 14 ans, elle lui mentionnerait l’importance de conserver sa détermination et sa confiance, tout en l’invitant à ne pas être trop dure envers elle-même.

«Je lui dirais d’avoir de la bienveillance envers elle-même tout en étant résiliente face aux choses sur lesquelles elle n’a pas de contrôle. Il faut garder en tête que la vie va être bonne quand on travaille fort. Avec cette attitude, je crois toujours que ça finit par retomber positivement de son côté.»

Des moments de privilèges et de partage

Piliers sur lesquels Florence a pu s’appuyer dans les moments de doute, ses parents ont appris eux aussi en cours de route. Pour permettre à leur enfant d’atteindre ses objectifs, ils ont choisi d’être présents et à l’écoute sans imposer quoi que ce soit. Ils ont également accompli leur part pour donner les ressources nécessaires à leur fille pour faire affronter les défis qui se sont dressés sur sa route.

«L’important, c’est de suivre le rythme de son enfant et d’être attentif pour voir ce qu’il a envie de faire. Il faut respecter ses choix. Lorsque tu as un enfant compétitif et qui veut pousser davantage, il faut l’accompagner dans sa progression et l’outiller pour faire face à l’adversité, aux embûches qui vont arriver. Je trouve que c’est ça l’enjeu, surtout quand il parvient à un niveau très compétitif. Ce n’est pas toujours évident comme parent et il ne faut pas hésiter à aller chercher l’aide de professionnels pour que tout le monde ensemble puisse faire une belle équipe», a fait valoir Stéphanie.

Aux yeux du paternel, le sport doit demeurer un moment précieux de partage entre l’enfant et le parent, peu importe le niveau dans lequel il évolue. Oui, le jeune athlète va progresser, mais le parent a cette responsabilité lui aussi.

«Nous avons des minutes privilégiées où l’enfant est placé devant ses propres défis et sa propre perception. Comme parent, nous devons continuer à apprendre. Même si ma fille est désormais une adulte, elle vit des choses encore. Il faut être présent et à l’écoute. C’est elle qui l’expérimente et qui patine en se construisant par rapport à ça. Un enfant qui va au club des Élans de Trois-Rivières en initiation, c’est ce qu’il fait. Il bâtit son estime, sa perception de sa manière de patiner et de ce qu’il peut réaliser. Il faut apprécier et partager ça avec eux. C’est ça le gros succès des Jeux pour nous. C’est que nous avons pu voir Florence au quotidien et vivre ça avec elle. C’était pareil comme quand elle était en compétition à l’âge de 12 ans où nous étions heureux de vivre ça. C’est ça la beauté de tout ça.»

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