Fin de la permanence à vie des fonctionnaires: Drainville, le futur Trump du Québec, selon les syndicats

En voulant mettre fin à la permanence à vie des fonctionnaires, l’aspirant premier ministre Bernard Drainville veut devenir le Donald Trump du Québec et pouvoir influencer les employés de l’État à sa guise, raillent les syndicats.
• À lire aussi : Avec Bernard Drainville comme premier ministre : finie la permanence à vie des fonctionnaires
« Le “président” Drainville, [ce serait] un peu comme M. Trump, [qui] met de la pression sur les fonctionnaires, sur les personnes dans l’appareil public pour qu’ils changent les décisions, qu’ils prennent des décisions comme lui le veut ! » dénonce le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Christian Daigle, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.
Le candidat à la chefferie de la CAQ promet de s’attaquer à une vache sacrée pour réduire la taille de l’État : éliminer la sacro-sainte sécurité d’emploi à vie dans la fonction publique.
« On n’a pas le choix pour avoir un État beaucoup plus efficace. Il faut être capable à un moment donné de dire à un fonctionnaire, “malheureusement, on n’a plus besoin de toi”. Il faut être capable aussi de dire à un fonctionnaire que le poste qu’il occupe est aboli parce qu’on n’en a plus besoin », plaide-t-il.
Populiste
Christian Daigle juge cette proposition « tellement populiste et opportuniste ». Il y voit une manœuvre de Bernard Drainville pour tenter par tous les moyens de séduire les caquistes plus à droite, alors qu’il traîne de la patte dans la course au leadership.
Le syndicaliste rappelle que la permanence des employés de l’État a été instaurée après l’ère Duplessis pour s’assurer de la neutralité du travail effectué dans les ministères et les organismes, à l’abri de l’influence politique.
Congédier des employés anti-troisième lien ?
« Si, par exemple, un employé au ministère des Transports faisait des études sérieuses et arrivait à une conclusion qu’un troisième lien, ce n’est peut-être pas l’idée du siècle et que ça fait mal paraître le ministre, est-ce qu’il devrait pouvoir automatiquement pouvoir congédier cette personne-là et la remplacer par quelqu’un qui est d’accord avec lui ? » lâche son homologue, le président du SPGQ, Guillaume Bouvrette.
Selon lui, les fonctionnaires et les professionnels du gouvernement du Québec doivent être au service de la population, pas du parti politique au pouvoir.
Il signale d’ailleurs qu’il est tout à fait possible de congédier un travailleur pour incompétence ou faute grave, à l’heure actuelle. L’État peut aussi abolir un poste et replacer un fonctionnaire ailleurs dans l’appareil public.
Fréchette, pas du même avis
L’autre candidate au trône caquiste, Christine Fréchette, n’a pas l’intention de s’attaquer à la permanence à vie. Selon elle, il y a d’autres moyens pour rendre la fonction publique plus performante et livrer des services de qualité aux Québécois.
« On doit avant tout réduire la lourdeur administrative et mieux définir nos priorités. On a embauché trop de fonctionnaires et créé trop de structures. Les changements ont commencé à s’opérer, mais on peut et on doit aller plus loin », a-t-elle fait valoir dans une déclaration écrite.




