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Drainville tenait mordicus à sa permanence, lui!

Promettre la fin de la permanence dans la fonction publique est assurément un bon filon pour se poser en « héraut » du centre-droit   ; en champion adéquiste de la CAQ, prêt à bouffer des « vaches sacrées » sans vergogne.

Ce que Bernard Drainville n’a pas hésité à faire samedi, en entrevue au Journal.

Les raisons invoquées par M. Drainville mériteraient un bon débat : « On n’a pas le choix pour avoir un État beaucoup plus efficace. Il faut être capable, à un moment donné, de dire à un fonctionnaire, malheureusement, on n’a plus besoin de toi. Il faut être capable aussi de dire à un fonctionnaire que le poste qu’il occupe est aboli parce qu’on n’en a plus besoin. »

Tout membre de la génération X, comme moi (qui a souffert des rigidités syndicales), trouvera certains de ses exemples pertinents. Comme ministre de l’Environnement, M. Drainville a eu à faire, l’automne dernier, une centaine de mises à pied. Or, ce sont des jeunes qui ont été remerciés. Les employés plus vieux étant intouchables, grâce à la sacro-sainte permanence.

Favoritisme

Je comprends aussi ce que l’aspirant chef caquiste dit à propos des hauts fonctionnaires, souvent protégés à l’excès, y compris dans les pires situations (ex. SAAQclic).

Il reste qu’en éliminant entièrement le principe de permanence, on risquerait certains retours en arrière. Au départ, rappelons-le, elle fut instaurée pour diminuer, voire éliminer, le favoritisme politique dans l’embauche des employés de l’État. Il s’agissait de professionnaliser l’administration, favoriser sa neutralité.

Sommes-nous allés trop loin ? Tout grand principe, aussi vertueux soit-il, comporte des effets pervers. Il semble que la permanence négociée au Québec par les syndicats soit plus rigide que celle des employés fédéraux par exemple.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Congé sans solde refusé

Ce qui nous ramène à M. Drainville, qui a déjà détenu une « permanence » dans une société de la couronne fédérale. Quand il a quitté Radio-Canada pour plonger en politique en 2007, il obtint un congé sans solde : il tenait à son lien d’emploi.

Même que deux ans plus tard, il tentait, devant un tribunal d’arbitrage, de prolonger ce même congé sans solde.

C’est l’arbitre Jean-Pierre Lussier qui a finalement rejeté, au printemps 2009, le grief de M. Drainville par lequel il contestait « la décision de Radio-Canada de mettre fin [à son] lien d’emploi », selon ce que rapportait Le Soleil.

Dans sa requête, M. Drainville faisait valoir que « l’obligation de démissionner contrevenait aux chartes des droits et libertés du Québec et du Canada, notamment son droit démocratique de représenter la population au sein d’un Parlement »!

De son côté, l’employeur considérait « le congédiement » comme étant « de nature purement administrative, plaidant que la Charte […] n’obligeait pas un employeur à accorder un congé non rémunéré à un employé qui s’absente du travail au motif d’exercer une fonction publique ».

Le Bernard Drainville de 2026 se range donc en quelque sorte aux arguments de Radio-Canada, qui lui a dit en 2009: « Il faut être capable, à un moment donné, de dire à un fonctionnaire, malheureusement, on n’a plus besoin de toi. »

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