Le Canadien s’expose à une pénalité s’il n’échange pas Laine

Pourquoi payer une autre équipe pour prendre le contrat de Patrik Laine alors que le Canadien peut simplement le garder, sans le faire jouer, après la date limite du 6 mars ? Méchant bon point, Jacques.
Plusieurs d’entre vous, comme Jacques, ont raison sur le fond. Kent Hughes n’est pas obligé de bouger dans ce dossier. En théorie.
Il n’y a pas de limite de 23 joueurs sur la formation après le 6 mars et, en séries, s’il ne joue pas, Laine ne compterait même pas sur la masse salariale du CH.
Pourquoi gaspiller un choix de troisième ou quatrième tour, alors ?
Parce que le garder, en plus de la distraction occasionnée, ce n’est pas si intelligent que ça. Pour toutes sortes de raisons qui donnent mal à la tête.
D’abord, s’il n’échange pas Laine, Kent Hughes ne pourra… rien faire à la date limite. Le CH peut insérer un contrat de seulement 1,18 million $ à l’heure actuelle. Il ne pourrait même pas ajouter un défenseur de profondeur comme Luke Schenn (2,75 M$). Les Oilers sont la seule équipe plus serrée que le Canadien.
Pire encore, si on ne retire pas ce contrat de l’équation, il y a de fortes probabilités que la masse salariale « utilisable » du CH soit amputée en 2026-2027.
Même si le contrat du Finlandais disparaît le 1er juillet prochain.
Je vous explique.
Une histoire de bonis
Un joueur qui écoule son premier contrat dans la LNH, dit « contrat d’entrée », est admissible à des bonis de performance qui sont négociés entre l’agent et l’équipe.
Ces bonis sont conditionnels à certaines cibles. Par exemple, marquer 20 buts est équivalent à 250 000 $ pour un attaquant.
À la fin de la saison régulière, on prend la somme des bonis des jeunes et on l’ajoute à la masse salariale. Si l’équipe défonce la masse après l’addition, l’excédent au plafond de 95,5 millions $ devient une pénalité sur la masse de l’équipe en 2026-2027.
Il y a trois joueurs qui recevront des bonis chez le Canadien à la fin de la saison : Ivan Demidov, Lane Hutson et Oliver Kapanen.
Et selon nos projections, la somme de leurs bonis devrait s’élever à 1,65 million $ au bas mot.
Si rien ne change, PuckPedia s’attend à ce que le Canadien se situe à seulement 326 005 $ du plafond au terme de la saison.
Calcul rapide : c’est 1,3 million $ d’espace inexploitable qui pourrait être ajouté à la masse salariale du CH l’an prochain.
Rien de catastrophique. N’empêche, c’est 1,3 million $ jeté aux oubliettes pour garder parmi ses rangs un joueur que l’on n’entend pas faire jouer.
Échanger Laine à la date limite en retenant 50 % de son salaire déleste le Canadien de 951 563 $ en engagement financier pour les 42 derniers jours de la saison. Autrement dit, la pénalité encourue est réduite à un négligeable 422 432 $.
Bref, un autre facteur qui renforce notre conviction suivante : Laine devrait être échangé.
Parce qu’il n’a plus vraiment un rôle dans cette formation du Canadien, oui, mais aussi parce que le statu quo, c’est une gestion plutôt hasardeuse de la masse salariale, tant pour la date limite des échanges que pour l’an prochain.
Les bonis de Demidov, Hutson, Kapanen
Ivan Demidov
➥ Doit ajouter 8 buts en 25 matchs – 250 000 $
➥ Doit ajouter une aide en 25 matchs – 250 000 $
➥ Doit ajouter 14 points en 25 matchs – 250 000 $
➥ Doit terminer dans le top 6 chez les attaquants du CH pour la moyenne de temps de jeu (présentement cinquième à 15 min 24 s) – 250 000 $
Projection de 1 million $ (maximum pour bonis de type A)
Lane Hutson
➥ Déjà 10 buts – 250 000 $
➥ Déjà plus de 25 aides – 250 000 $
Bonis confirmés de 400 000 $ (plafond fixé pour 2025-2026 selon ce qui a été négocié avec le CH)
Oliver Kapanen
➥ Doit ajouter deux buts en 25 matchs – 250 000 $
➥ Peut encore terminer dans le top 6 chez les attaquants du CH pour la moyenne de temps de jeu (présentement septième à 15 min 2 s) – 250 000 $
➥ Peut encore terminer dans le top 3 chez les attaquants du CH pour le différentiel (présentement septième à +5) – 250 000 $
Projection de 250 000 $ (plafond fixé à 637 500 $ pour 2025-2026)




