Matthew Schaefer débarque telle une rockstar à Montréal

MONTRÉAL – Matthew Schaefer a eu droit à l’accueil réservé aux vedettes rock, jeudi matin, au Centre Bell. Mais, à l’image de tout ce qu’il exécute cette saison, il a géré le tout à merveille.
À 18 ans, que Schaefer soit aussi à l’aise, ça s’avère déstabilisant et impressionnant même pour ses coéquipiers et ses entraîneurs.
La seule chose qui rappelle parfois que Schaefer n’est encore qu’un jeune adulte, c’est avec ses questions qui font sourire.
« Parfois, il pose des questions d’un jeune de 18 ans du style ‘Est-ce que mon porc est assez cuit, est-ce que mon steak est assez cuit?’ », s’est amusé à raconter Jean-Gabriel Pageau.
Pour le vétéran de 33 ans, qui a joué 847 matchs dans la LNH, Schaefer ne se compare à aucun jeune qu’il a côtoyé auparavant.
« Non, il est incroyable. Comme je te dis, c’est un phénomène, c’est le fun de le voir aller. Il est très mature pour son âge. À 18 ans, j’étais dans le junior, je n’étais même pas proche d’être là », a lancé Pageau avec épatement.
Quant à l’entraîneur-chef Patrick Roy, il se considère d’abord privilégié d’avoir hérité d’un tel joyau. Mais il admet que Schaefer surpasse ses attentes et celles des dirigeants du club.
« Premièrement, c’est la qualité de l’individu, il a tellement une belle personnalité, très humble. Pour le succès qu’il connaît, on est tous un peu surpris dans le sens qu’il n’avait joué qu’entre 15 à 20 matchs (16 pour être précis) la saison dernière. C’est impressionnant de le voir jouer à ce niveau-là dans une ligue aussi forte, c’est tout à son honneur », a vanté Roy.
Inévitablement, Roy a repensé à son propre parcours ayant lui-même excellé lorsqu’il a été lancé précocement dans la fosse aux lions.
« Dans mon cas, quand j’ai commencé à 20 ans, j’étais un peu naïf. Alors c’est peut-être un peu la même chose pour lui. Mais je crois que sa maturité lui permet justement de connaître ce succès », a cerné Roy.
Cette maturité de Schaefer saute aux yeux, autant que son talent. D’ailleurs, il affirme ne pas avoir été subjugué d’émerveillement par la LNH.
« Non, pas vraiment. J’ai plutôt appris des choses. Une fois que ta première partie s’est déroulée, tu te sens mieux de match en match. Bien sûr, c’est différent, tu grandis en regardant ces joueurs, ce sont les meilleurs », a-t-il confié en ayant hâte de jouer au Centre Bell.
Ça ne veut pas dire que Schaefer se comporte faussement comme un vétéran.
« J’aime amener cette jeunesse au sein du groupe. Parfois, je suis encore un enfant à m’amuser et agacer les autres. Je suis encore fasciné par les vols sur des avions nolisés, j’étais plutôt habitué d’aller en auto à l’aréna avec mes parents », a noté le sublime patineur qui a perdu sa mère en 2024.
Durant la pause olympique, Schaefer s’est justement assuré de retourner à la maison familiale et il a passé du temps avec ses amis pour ne pas oublier son âge.
En l’écoutant parler, le confrère Martin McGuire a blagué en lui demandant s’il avait véritablement 18 ans. Aussi incroyable que ça puisse paraître, Schaefer aura encore 18 ans quand les Islanders vont entamer leur camp d’entraînement à l’automne prochain et il espère avoir un gros « 19 » sur son gâteau d’anniversaire.
Roy n’a même pas besoin de le protéger
Le plus beau dans l’histoire, c’est que Schaefer s’est déjà établi comme une redoutable arme défensive. Malgré sa jeunesse, Roy ne ressent pas le besoin de le protéger en l’éloignant des meilleurs éléments adverses.
« Tout le monde voit ses qualités offensives, mais ses qualités défensives sont tellement bonnes. Avec notre système défensif hybride, ça lui permet justement d’aller rapidement sur le porteur et d’entamer cette transition offensive », a réagi Roy qui a souligné l’apport de Ryan Pulock comme partenaire à Schaefer.
« Quand tu affrontes les meilleurs éléments adverses, ils vont tenter de capitaliser durant chaque présence. Il faut bien réagir, mais ça aide à gagner quand tu neutralises les meilleurs trios adverses », a répondu Schaefer qui comprend ce défi.
En 58 matchs cette saison, Schaefer a récolté 39 points (16 buts et 23 aides) et il passe, en moyenne, 24 :05 sur la patinoire. Il s’agit de la 18e utilisation la plus élevée de toute la LNH. Chez les recrues, il est au sommet et il devance Yan Kuznetsov par près de 4 minutes par partie !
S’étant établi comme un véritable général pour les Islanders, ce serait étonnant que le trophée Calder, remis à la recrue de l’année, lui échappe. À ce propos, Schaefer a vanté le talent d’Ivan Demidov, qui est aussi en compétition avec lui, mais il a rappelé qu’il vise avant tout les séries.
Ce n’est pas tout. La saison dernière, Lane Hutson, qui a été le récipiendaire du Calder, avait connu un petit creux avant la pause de la Confrontation des 4 nations. Schaefer a trouvé le moyen d’éviter ce piège.
À regarder ce portrait, on en vient à se demander si des moments peuvent être « trop gros » pour Schaefer.
« Je ne pense pas, a affirmé Roy. On a joué au Madison Square Garden. C’est sûr que son premier match, contre Toronto, c’était un match important pour lui (étant originaire de Hamilton) puis il a relevé le défi de belle façon (avec deux buts) ».
Schaefer ne devrait donc pas être intimidé par l’atmosphère du Centre Bell, on l’imagine plutôt dans un duel enlevant contre le Canadien.




