Frappes en Iran: qui sont les principaux acteurs du conflit?

Après l’annonce samedi par les États-Unis et Israël de frappes contre l’Iran, voici les principaux acteurs concernés par le conflit :
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Donald Trump
En janvier, alors qu’un mouvement de contestation secoue l’Iran, le président américain menace de « frapper très durement » le pays si les autorités « commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait dans le passé ». Quelques jours plus tard, il écrit sur Truth social : « Continuez à manifester », « l’aide est en route », et envoie une « armada » dans le Golfe.
Il a ensuite soufflé le chaud et le froid, laissant ouvert le canal diplomatique avec la reprise début février de pourparlers indirects, dont la dernière session s’est tenue jeudi, tout en multipliant les menaces.
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Samedi, il a affirmé que l’objectif américain était d’« éliminer des menaces imminentes » de l’Iran. « L’heure de votre liberté est à portée de main », a-t-il lancé à l’adresse des Iraniens depuis sa résidence de Palm Beach en Floride. »Quand nous aurons terminé, emparez-vous du pouvoir, ce sera à vous de le faire », a-t-il dit.
Dès son premier mandat (2017-2021), il se fait l’artisan d’une politique de « pression maximale » contre l’Iran.
En 2018, il retire les États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien, conclu en 2015 et qui offrait à Téhéran un allègement des sanctions en échange d’une limitation de ses ambitions nucléaires.
De retour au pouvoir en janvier 2025, il dit vouloir « un accord de paix »: les deux pays ennemis renouent le dialogue sur le dossier nucléaire.
Un processus stoppé par la guerre déclenchée en juin par Israël, rejoint par les États-Unis avec des frappes sur les sites nucléaires.
Ali Khamenei
Le guide suprême iranien Ali Khamenei, 86 ans, incarne la République islamique et sa posture de défi envers ses ennemis désignés, essentiellement les États-Unis et Israël.
À la tête du système théocratique iranien depuis 1989, il a le dernier mot sur les décisions stratégiques et a supervisé le développement du programme nucléaire, défendant l’enrichissement d’uranium comme un droit souverain.
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L’élargissement de l’influence de Téhéran au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen figure au cœur de sa politique étrangère.
Son règne a été marqué par des affrontements avec Washington, notamment après le retrait américain de l’accord nucléaire en 2018 et la guerre en juin 2025.
Souvent adepte d’un langage offensif, Ali Khamenei affirme que l’Iran « ne se rendra jamais » face aux États-Unis, exprimant son scepticisme à l’égard de la voie diplomatique.
Après la reprise de négociations en février, il prévient que l’Iran pourrait couler les navires de guerre américains déployés dans le Golfe.
Il rejette toute discussion sur le programme de missiles iraniens, que Washington cherche à inclure dans les pourparlers.
Benyamin Nétanyahou
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou présente le pouvoir religieux en Iran comme une menace stratégique pour Israël, qualifiant les ambitions nucléaires de Téhéran, son arsenal de missiles et son soutien à des groupes islamistes de danger existentiel.
Depuis les années 1990, il accuse les dignitaires religieux de vouloir détruire Israël, une crainte qui s’est intensifiée à mesure que Téhéran développait son programme nucléaire et étendait son influence dans la région.
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M. Nétanyahou a plaidé à plusieurs reprises pour une intervention militaire pour neutraliser ce qu’il appelle la menace iranienne.
En juin 2025, Israël mène une guerre de 12 jours contre l’Iran, ciblant ses infrastructures nucléaires et ses capacités de production de missiles.
Benyamin Nétanyahou prévient : « si les ayatollahs commettent l’erreur de nous attaquer, ils feront face à une riposte qu’ils ne peuvent même pas imaginer ».
Il a souvent appelé la population iranienne à renverser le pouvoir religieux et à rétablir les relations cordiales qu’entretenaient les deux pays avant la Révolution islamique de 1979.
Reza Pahlavi
Le fils aîné du dernier chah d’Iran, Reza Pahlavi, se positionne comme le leader potentiel d’une transition démocratique dans son pays d’origine, dont il n’a pas foulé le sol depuis la révolution de 1979 contre la monarchie.
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L’ancien prince héritier, âgé de 65 ans, est sous les projecteurs depuis le récent mouvement de protestation en Iran, durant lequel des slogans promonarchie comme « Pahlavi va revenir » ont été scandés aux côtés des chants antigouvernementaux.
Il a appelé les Iraniens à se mobiliser contre la République islamique et a exhorté les États-Unis, où il est basé, à aider le peuple iranien.
« Je m’engage à être le leader de la transition » vers un « processus démocratique et transparent », dit-il mi-février devant près de 200.000 manifestants à Munich.
M. Pahlavi, qui ne s’est jamais distancié du régime autocratique de son père et ne fait pas l’unanimité au sein d’une opposition iranienne divisée, a été très critiqué pour son soutien à Israël ainsi que pour les attaques sur les réseaux sociaux des comptes pro-Pahlavi contre d’autres figures de l’opposition.
Mohamed Ben Salmane
Le prince héritier et dirigeant de facto de l’Arabie saoudite Mohamed ben Salmane partage l’opinion des autres Etats du Golfe : ils se réjouissent de voir l’Iran affaibli, mais craignent que sa déstabilisation ne déclenche un chaos dans la région.
Le royaume à majorité sunnite, premier exportateur de pétrole au monde, a longtemps eu des relations difficiles avec son grand voisin chiite.
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Quelques mois après être devenu prince héritier en 2017, le prince Mohammed a suscité la colère à Téhéran en qualifiant Khamenei de « Hitler » du Moyen-Orient.
Mais les deux anciens rivaux ont tourné la page en 2023, rétablissant leurs relations après sept ans de rupture.
La stabilité régionale est essentielle pour la monarchie pétrolière, qui cherche à attirer investisseurs et touristes pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures.
En janvier, l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe avaient demandé à Washington de laisser une chance à la diplomatie.
Le prince Mohammed s’est engagé ensuite à ne pas autoriser d’attaques contre l’Iran à partir du territoire saoudien, qui abrite une base américaine.



