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«C’est une honte! Nos athlètes méritent mieux»: la grande championne de ski de fond Beckie Scott découragée du sous-financement au Canada

La grande championne de ski de fond Beckie Scott, cheffe de la direction de Nordiq Canada depuis près d’un an, ne mâche pas ses mots quant à l’actuel financement des jeunes sportifs au pays : « C’est une honte ! Nos athlètes méritent mieux ». 

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Scott, 51 ans, a du bagage et du bagou. Double médaillée olympique, ayant notamment remporté l’or à la poursuite aux Jeux de Salt Lake City en 2002, l’Albertaine a aussi été membre du Comité international olympique (CIO) en plus de s’impliquer activement dans la lutte contre le dopage.

Ce qu’elle constate, à l’issue des récents Jeux olympiques d’hiver, la décourage autrement. Nordiq Canada, qui est la fédération nationale de ski de fond, souhaite un meilleur soutien du gouvernement canadien, qui, par l’entremise de Sport Canada, demeure le principal bailleur de fonds.

Beckie Scott a été nommée cheffe de la direction de Nordiq Canada, en mars 2025.

Photo fournie par Nordiq Canada

« Il n’est pas surprenant qu’après 20 ans sans augmentation des fonds pour le sport, notre nombre de médailles soit en baisse, indique l’ancienne fondeuse, interrogée par Le Journal. Les athlètes quittent le sport désabusés et endettés, et les organisations nationales de sport sont perpétuellement frustrées de devoir gérer leurs opérations et leurs activités avec de moins en moins d’argent. »

Dans le cas du ski de fond, il faut souligner un maigre financement de 380 000 $ par le biais du programme À nous le podium en 2025-2026. La discipline se retrouve ainsi en bas de la liste avec le skeleton et le biathlon.

Contraintes financières extrêmes

Les Québécois Laurent Dubreuil, Valérie Maltais et Mikaël Kingsbury sont allés au bâton plus tôt cette semaine, puis ce fut au tour d’Isabelle Charest, ancienne patineuse de vitesse et ministre québécoise des Sports.

« Ce qu’on voudrait, c’est que tout un chacun puisse faire du sport, qu’il n’y ait pas de contraintes financières, qu’on n’ait pas de contraintes d’infrastructures », a mentionné la ministre, souhaitant un meilleur appui du gouvernement fédéral.

S’ajoutant à l’offensive, Scott mentionne que la présente situation cause plutôt des « contraintes financières extrêmes » pour les athlètes au Canada. Du moins, c’est le cas au ski de fond.

« Nous savons que certains services, comme une équipe complète de soutien pour le fartage et un thérapeute, sont essentiels à la performance et aux résultats lors des voyages, dit-elle, en guise d’exemple. Pourtant, nous ne pouvons pas fournir ces services de manière constante. Nous ne pouvons tout simplement pas nous le permettre. »

« C’est toujours un exercice périlleux pour essayer de décider ce que nous pouvons nous permettre de payer ou non », poursuit la tête dirigeante de Nordiq Canada.

« Un véritable décalage »

L’ancienne fondeuse insiste : le débat dépasse largement les espoirs olympiques.

« En tant que nation, je pense que nous devons tracer un lien entre le montant que nous investissons dans le sport, non seulement avec nos attentes quant à ce qui peut être accompli avec ce montant, mais aussi avec la valeur que nous accordons au sport en général en tant que société », plaide-t-elle.

« Nous célébrons nos olympiens comme des héros lorsqu’ils réussissent aux Jeux, fait-elle remarquer. Il existe un véritable décalage dans ce pays, et j’espère qu’il sera reconnu et corrigé plus tôt que tard. »

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