«On est en plein dans une escalade»: la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran a dépassé les frontières du Moyen-Orient

La guerre que mènent les États-Unis et Israël contre l’Iran a dépassé hier les frontières du Moyen-Orient, dans ce qui s’apparente à une escalade importante du conflit.
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« On est en plein dans une escalade. C’est une guerre régionale de grande envergure », a lancé Rachad Antonius, professeur expert des conflits au Moyen-Orient à l’Université du Québec à Montréal.
Depuis l’attaque israélo-américaine lancée samedi, l’Iran réplique par des salves de drones et de missiles contre Israël et des cibles américaines dans le Golfe.
Les États-Unis et Israël continuent de pilonner l’Iran dans des frappes à grande échelle, sans relâche.
Mais voilà qu’hier, un sous-marin américain a coulé avec une torpille un navire de guerre iranien, qui pensait être en sécurité dans les eaux internationales au large du Sri Lanka, faisant 87 marins morts et 61 disparus recherchés.
Frappes à grande échelle
Or, le chef d’état-major américain, Dan Caine, assurait hier que l’écart se creuse de jour en jour entre les frappes américano-israéliennes et le nombre de missiles balistiques iraniens lancés, qui a chuté de 86 % par rapport aux premiers jours de combat.
« La situation est particulièrement incertaine, car malgré l’optimisme de Trump, le régime iranien est encore en place et il est en état d’infliger des dommages à bien des pays de la région », a réagi d’emblée Julien Tourreille, spécialiste de la politique américaine à la Chaire Raoul-Dandurand.
L’Iran continue de frapper durement plusieurs pays au Moyen-Orient malgré ledit essoufflement.
Une fillette de 11 ans a notamment été tuée au Koweït par la chute de débris dans une zone résidentielle, portant à 13 le nombre de victimes dans les pays du Golfe visés en guise de riposte à l’offensive américano-israélienne.
Hier, de nouvelles explosions ont aussi été entendues à Manama, la capitale du Bahreïn, tandis que l’Arabie saoudite dit avoir intercepté plusieurs missiles et drones dans son espace aérien.
« L’Iran est sous-estimé »
Les experts consultés sont d’avis que les États-Unis sous-estiment l’Iran.
« Je ne pense pas que leur capacité s’est essoufflée [comme prétend la Maison-Blanche]. Leurs défenses aériennes ont été grandement attaquées, mais ils ne sont pas en manque de munitions. […] Ils se sont préparés pour une guerre de plusieurs mois », a expliqué au Journal Jabeur Fathally, professeur agréé à l’Université d’Ottawa en droit international.
Pour Rachad Antonius, l’Iran est plus stable qu’on le croit.
« On ne connaît pas bien toute leur force. Ils ont des choses cachées qu’ils vont sortir plus tard », pense-t-il.
Même si on n’en est pas là pour l’instant, le conflit pourrait prendre une tournure différente et « avoir des conséquences beaucoup plus graves » si l’Iran attaquait de manière délibérée une zone peuplée d’un pays de l’OTAN, a expliqué Julien Tourreille.
Il réagissait à l’annonce d’un missile iranien qui a été intercepté hier alors qu’il se dirigeait en Turquie, pays membre de l’OTAN.
Ce missile visait probablement une base militaire à Chypre, mais aurait dévié de sa trajectoire, selon un responsable turc.
– Avec l’AFP


