MUNICIPALES : Marine Tondelier revendique d’«offrir un bulletin de vote utile dès le premier tour

«On vise la sécurité à 360°», a avancé la patronne des Écologistes venue soutenir la liste Dijon change d’ère, ce mardi 3 mars, en insistant sur les questions d’alimentation car «on ne peut pas sentir en sécurité si ses enfants vont à l’école le ventre vide le matin».
Une halte à Dijon avant se préoccuper de la situation à Besançon : ce mardi 3 mars 2026, Marine Tondelier (LE), secrétaire nationale des Écologistes, est venue soutenir Michel Haberstrau (LE) qui mène la liste Dijon change d’ère, une coalition composée du parti historique de l’écologique politique, du Parti communiste français, de Générations et de l’Après.
La halte a duré le temps d’un arrêt devant le BHV pour critiquer l’installation d’un espace de Shein (lire le communiqué), d’un tractage autour des Halles (lire notre article), d’un déjeuner végétarien au restaurant La Menuiserie et d’un bref débat sur les questions d’alimentation avec Olivier Bourgeot, président du Groupement des agriculteurs biologiques de la Côte-d’Or, et Antoine Barré-Foncelle, gérant de La Menuiserie et colistier.
«La bonne solution, c’est le bio»
«Neuf personnes sur dix aiment ses agriculteurs, par contre, nous, en local, on ne le ressent pas forcément», témoigne Olivier Bourgeot, «le Mercosur, j’ai envie de vous dire, la bonne solution, c’est le bio». «Si on cultive notre soja bio, ici, on ne sera pas obligé de l’importer. Si les gens mangent bio et local, on ne sera pas obligé d’importer.
«Mon grand-père est venue d’Italie pour arracher des betteraves à la main», confie celui qui a produit ce légume jusqu’en 2007, «la famille est restée, on a fait des betteraves ; c’est un assolement qui rapportait un peu d’argent, ça a fait vivre des exploitations». «Il y avait une sucrerie à Aiserey qui est, aujourd’hui, un moulin bio mais sous-exploité.»
«Le vrai souci, c’est les débouchés. C’est vous les politiques qui devaient tirer les bon leviers», exhorte l’agriculteur, «quand on a arrêté les betteraves, il y a fallu se diversifier. On a essayé de vulgariser le bio. On a proposé l’auto-cueillette. Les gens ramassent de la fraise bio, sans pesticide, sans engrais chimique, à moins de 5 euros le kg.»
«La logique est de développer le bio partout», glisse Michel Habserstrau, «on souhaite développer l’expérimentation autour de la sécurité sociale alimentaire, on vise l’ensemble de la population pour les amener à consommer du bio accessible».
«Il faut des outils de transformation semi-industriels»
Unanimes sur le sujet de l’agriculture biologique, les débatteurs en viennent à aborder le sujet de la transformation en circuit court, en particulier des légumeries développées par les collectivités dans le cadre de leurs plans alimentaires territoriaux (PAT) respectifs.
«Il faut partir des consommateurs et amener les consommateurs à s’intéresser à la production locale et voir avec les transformateurs», considère Michel Haberstrau, «ça passe par la sensibilisation, (…) il faut reprendre l’acte de cuisiner dans les familles». «Les consommatrices et consommateurs souhaitent savoir d’où vient ce qu’ils mangent et où s’est transformé.»
Le candidat rappelle alors son objectif d’aller «vers le 100% bio et local avec une journée de journée végétalienne, au choix et au bon vouloir des enfants», dans la restauration scolaire.
«Il faut des outils de transformation semi-industriels qui vont être capables de sortir des bocaux en verre pour avoir accès à des tomates même en hiver», suggère Olivier Bourgeot.
Marine Tondelier évoque alors l’«ordonnance verte» mise en place à Strasbourg pour les femmes enceintes avec un «panier bio et local hebdomadaire offert», ce qui contribue à injecter annuellement «650.000 euros dans l’agriculture localement». Poitiers compterait s’en inspirer pour produire des petits pots pour bébés.
Dans la foulée, pour les étudiants, Michel Haberstrau propose un «travail avec le CROUS» pour «flécher les appels d’offres sur le bio et le local» et de positionner «des casiers à côté de l’université pour proposer un produit brut aux étudiants au quart du prix réel»
«Quand on essaie de remunicipaliser l’économie, ça ne plaît pas à tout le monde»
Installé en centre-ville, Antoine Barré-Foncelle appelle à «soutenir les commerçants et les restaurateurs». «Le fait que ce soit une zone hyper-touristique, ça ne profite pas aux habitants. La Cité de la gastronomie ne profite pas aux agriculteurs, ni aux habitants. On a réfléchi à un meilleur contrôle et une meilleure répartition des baux commerciaux.»
Marine Tondelier considère que «la préemption, ça marche» : «ça se fait dans beaucoup de villes, ça marche, il faut un peu de courage». «Forcément, ça fera des mécontents», souffle Antoine Barré-Foncelle, «quand on essaie de remunicipaliser l’économie, ça ne plaît pas à tout le monde».
«On peut travailler sur la labellisation, l’écoconditionnalité, l’égaconditonnalité pour faire des choix sur l’appui public qui est fait au commerce», conclut Michel Habserstrau.
«À Dijon, ça n’a pas été simple»
À l’issue de cet échange de 45 minutes, Marine Tondelier a répondu aux questions des journalistes avec un ton qui s’est fait plus politique, incorporant les éléments de langage nationaux des Écologistes.
Pourquoi venir soutenir la liste Dijon change d’ère ?
«On a toujours essayé de faire les listes les plus larges possible d’union. À Dijon, ça n’a pas été simple : le PS à décidé de partir tout seul, La France insoumise a décidé de partir tout seul – eux, c’est partout en France. Du coup, je suis fière qu’on ait quand même réussi à faire une agrégation avec les communistes, avec Génération.s, avec l’Après, le parti de Clémentine Autain.»
«C’est un bon signal qui est envoyé aux habitants que, même là où des gens vraiment voulaient pas travailler ensemble, il y en a qui ont décidé de le faire pour offrir un bulletin de vote utile dès le premier tour, un bulletin de vote qui permet de montrer la bonne direction, celle de l’union.»
«Une liste qui ne sera pas dans la compromission avec Macron»
La campagne apparaît plus compliquée cette année ?
«Il y a des sondages assez intéressant qui sont sortis. Notamment 77 % des Français qui disent, dans un sondage Odoxa, que, en fait, ils trouvent que leur maire ne fait passer pour l’écologie. Évidemment, c’est tous les Français qui n’habitent pas encore dans les villes écologistes. Quand vous ajoutez, ceux qui sont très contents de leur maire écolo, ça fait quasiment 100 % !»
«On peut pas dire que les Français disent ”je veux pas de bio dans les cantines pour mes enfants, je veux plus de pistes cyclables, je veux pas d’arbres dans les villes, je veux pas améliorer mon cadre de vie, je veux pas le droit aux vacances pour tous”. Tout le monde a envie et besoin d’écologie.»
«Je suis assez confiante. il y a peut-être eu un backlash [NDLR : « retour de bâton »] écolo au gouvernement, avec leur loi Duplomb qui nous empoisonne et tutti quanti mais, pour le coup, quand on choisit le bulletin de vote municipal, on choisit, en fait, le bulletin qui va améliorer son quotidien et qui va préserver ses lendemains. Il y a un bulletin de vote pour ça, il est Vert.»
«Il faut être fier de ses couleurs, fiers de ses valeurs et pas transiger. Je pense que ici, à Dijon, le problème, c’est qu’on a une mairie avec une étiquette socialiste, mais qui est quand même alliée avec le Modem. Je ne vois ça nulle part ailleurs en France. Il y a Monsieur Rebsamen qui est quand même en sixième position sur la liste. Je pense qu’il y a beaucoup de Dijonnais qui disent ”moi, je vote PS”. Voilà, du PS avec Monsieur Rebsamen qui a été ministre de Macron, qui a quand même expliqué qu’il fallait travailler avec tout le monde, je crois qu’il disait de Glucksmann à Retailleau. Retailleau, c’est quand même un certain parti pris, ce n’est pas le nôtre.»
«Donc, je pense que notre bulletin de vote est un bulletin de clarification aussi au premier tour. Si vous trouvez que Macron a déconné, qu’il a trahi ce qu’il vous avait promis, qu’il a mis la France dans de mauvais draps, c’est le moment de faire savoir aussi. Vous avez un but dans le vote qui vous permet de voter à gauche pour une liste qui a bien travaillé et qui a un super projet pour la ville, qui est sérieuse, qui est crédible mais qui ne sera pas dans la compromission avec Macron.»
«Nous, on vise la sécurité à 360°»
Vous pensez que cela peut se traduire dans les urnes ?
«On voit que les Français, ils ont envie d’environnement, ils ont aussi envie de santé et quand vous votez pour l’écologie, vous votez pour votre santé.»
«Ils ont aussi envie de sécurité. Nous, on vise la sécurité à 360°. Dire que, bien sûr, on va remettre plus de présence policière physique dans les villes, la police de proximité.»
«Mais en fait, on peut pas sentir en sécurité si on a la sensation qu’on s’empoisonne quand on boit, quand on mange ou quand on respire. La sécurité, c’est ça aussi. On ne peut pas sentir en sécurité si ces enfants vont à l’école le ventre vide le matin. On peut pas sortir de la sécurité, si on est une femme et qu’on est victimes de violences à domicile, qu’on a une mairie qui s’en préoccupe pas. Donc, nous on s’occupe de toute la sécurité, la sécurité physique, la sécurité sociale, la sécurité environnementale, on s’occupe de la sécurité à 360°.»
Jean-Christophe Tardivon
«Les Dijonnais soutiennent massivement le projet de Dijon change d’ère», analyse Michel Haberstrau
Michel Haberstrau présente l’ensemble de ses colistiers
Michel Haberstrau présente ses premiers colistiers et ses principales mesures
Olivier Bourgeot, Marine Tondelier, Michel Haberstrau et Antoine Barré-Foncelle, lee mardi 3 mars 2026, à Dijon (photographie JC Tardivon)




