Marchand demande à Via Capitale de «condamner» les propos du courtier anti-tramway

«L’employeur a une responsabilité maintenant qu’il est au courant de voir ce qu’il fait avec ça. […] Je pense que Via Capitale devrait — dépendamment de l’entreprise et de ses valeurs — […] condamner ces propos-là envers n’importe quel élu», s’est prononcé jeudi le maire de Québec.
Plus tôt en matinée, Le Soleil rapportait le discours tenu par le courtier immobilier de Québec Simon Laberge, dans une vidéo publiée ces derniers jours ses pages professionnelles sur au moins trois réseaux sociaux.
«Si jamais tu es tanné […] de payer des taxes à un malade mental, que tu ne veux pas le payer, le tramway, et que tu ne veux surtout pas qu’il passe en avant de chez vous, appelle-moi», peut-on lire dans les sous-titres de la courte vidéo de 45 secondes, depuis retirée de toutes les plateformes.
D’avis qu’il avait franchi la ligne, le cabinet du maire a rapidement annoncé au Soleil son intention de porter plainte à Via Capitale.
Dans une réponse écrite au Soleil mercredi, la bannière Via Capitale s’est rapidement dissociée des propos de son courtier affilié, en indiquant que les «prises de position ne représentent pas celles de Via Capitale».
«Qu’ils se dissocient, c’est une chose, mais [je pense] qu’ils avaient une opportunité de dire: ‘’on ne pense c’est comme ça qu’on doit se comporter’’», a réagi M. Marchand.
«Ce n’est pas une question de politique. C’est inacceptable, point. Tolérer ce type de comportement, c’est accepter que nos débats publics deviennent viciés. Ça pour moi, c’est tordre la démocratie.»
— Bruno Marchand, maire de Québec
En mêlée de presse jeudi, le premier magistrat a admis que les mots prononcés par Simon Laberge dans sa vidéo ne sont «pas clairs». Il pourrait ainsi avoir dit «payer des taxes en malade mental» ou encore «à un malade mental», admet le maire.
«Par contre, la transcription du texte, elle, est très claire, insiste-t-il. Quand vous publiez une vidéo, vous êtes responsable de l’ensemble de la vidéo. Vous ne pouvez pas dire comme Donald Trump: c’est un de mes employés qui a fait ça. C’est ce qui est écrit».
Pas contre Radio X
Bruno Marchand assure par ailleurs que sa volonté de porter plainte contre la vidéo de Simon Laberge n’a «rien à voir» avec ses nombreuses collaborations à la radio, dont sur les ondes de CHOI Radio X.
«Peu importe d’où est la personne, ce qu’elle fait dans la vie, si on est dans l’incivilité, des attaques personnelles, ce n’est pas plus acceptable», a-t-il défendu, niant avoir «l’épiderme sensible».
Ce n’est pas la première fois que son équipe dénonce la violence en ligne. Des menaces passées ont parfois même été rapportées à la police de Québec, précise M. Marchand.
Or, dans ce cas, il dit avoir tenu à dénoncer publiquement les attaques logées par «quelqu’un qui est connu, qui fait des chroniques, qui a un rôle et qui l’utilise pour faire sa promotion».
«À preuve qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, c’est que la vidéo a été retirée. C’est peut-être un signe que quelqu’un a dit: on est allé trop loin.»
— Bruno Marchand, maire de Québec
Bruno Marchand soutient que si Simon Laberge en vient à formuler des excuses, le dossier sera «clos» pour lui.
Climat «délétère»
Comme il l’a fait à plusieurs reprises depuis son entrée en politique, le maire de Québec en a de nouveau appelé à débattre «dans la nuance», craignant de voir un «climat de plus en plus délétère» s’installer depuis la pandémie, à tous les paliers.
«On vit dans un monde où la nuance fait parfois défaut et où les attaques personnelles prennent trop souvent la place. On ne peut pas se servir des élus comme d’un endroit où on peut se défouler, penser qu’il n’y a pas d’humains derrière ça. […]», plaide-t-il.
«Calmons-nous, s’il vous plaît.»
— Bruno Marchand, maire de Québec
Les gens, dit-il, «ont le droit de ne pas être d’accord», notamment avec le projet de tramway. Mais «faire des attaques personnelles, c’est inacceptable et, à un moment donné, on trace une ligne. Il faut que ça cesse.»




