Radio-Canada se fait ramasser!

« Un scandale ! Inacceptable ! Une honte ! Incompréhensible ! Un pacte avec l’ennemi ! Aucun sens ! Irréfléchi ! Serrer la main du diable ! Irresponsable ! »
Hé boy, ce n’est sûrement pas à cet accueil que s’attendaient les patrons de Radio-Canada quand ils ont annoncé jeudi dernier que CBC News et RDI seraient disponibles sur Prime Video.
Si ces patrons pensaient vraiment que leur décision allait passer comme une lettre à la poste, c’est vraiment parce qu’ils prenaient les contribuables pour des cons.
Tout le monde en parle… en mal.
Ce qui est fascinant, c’est de voir que loin de s’estomper, la grogne enfle, par vagues ; d’abord les commentateurs, puis le milieu culturel, puis l’ensemble de la classe politique, puis des anciens cadres de Radio-Canada, puis le Bloc Québécois à Ottawa, et à travers ce tsunami, les citoyens qui trouvent qu’on leur a passé un sapin et qu’en plus, ils doivent payer pour les épines.
Quand j’ai entendu parler de cette entente (ou plutôt quand on a été mis devant le fait accompli), j’ai tout de suite eu une image en tête. Pendant que les médias privés sont en train de se noyer dans la piscine, Radio-Canada (qui a le droit à une généreuse bouée du gouvernement) fait des high five avec le bully qui presse sur les épaules des autres nageurs.
Ce qui me sidère le plus dans le dossier « RDI /Prime », c’est la nonchalance des patrons radio-canadiens. Ils pensaient vraiment qu’ils allaient nous en passer une petite vite et qu’on ne les verrait pas venir ? Que les citoyens allaient gober ça aussi facilement qu’un tour de cartes d’Alain Choquette ? En poussant des « oh ! » et des « ah » ébahis devant la virtuosité du tour de passe-passe ?
Voici les trois questions que la PDG de Radio-Canada devrait se faire poser par le Comité permanent du patrimoine canadien à la Chambre des communes.
1. Pourquoi passer par Seattle pour aller de Toronto à Chibougamau ?
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Comment expliquer que du contenu canadien, créé par des employés canadiens, au sujet de la réalité canadienne va devoir transiter par un géant du web américain pour atterrir dans les foyers de citoyens canadiens ?
2. Pourquoi le quatrième homme le plus riche de la planète, Jeff Bezos, propriétaire d’Amazon, propriétaire de Prime vidéo, devrait-il empocher des millions de dollars sortis des poches des contribuables canadiens ? Vous pensez vraiment que Mister Bezos a besoin de sous ? Qu’il fait pitié ? Qu’il a de la difficulté à boucler ses fins de mois ?
3. Pourquoi les contribuables canadiens devraient-ils payer deux fois pour du contenu ? Vous payez la boulangerie publique pour fabriquer le pain mais vous devez aussi payer 4,99 $ par mois pour le droit d’en avoir une tranche pour vos rôties du matin ?
L’argent n’a pas d’odeur
Il faudrait aussi demander à la patronne si elle sait quelle est la différence entre un privé et un public. C’est facile : demandez-vous à qui l’entreprise appartient. Si elle appartient à l’État, donc aux contribuables : public ! Si elle appartient à des intérêts privés (propriétaire unique ou actionnaires) : privé ! Même si l’entreprise privée reçoit des subventions publiques, ça n’en fait pas un organisme public.
Et quand tu fais des deals lucratifs avec un géant du web, tu te comportes comme un privé, obsédé par les profits.
Radio-Canada n’a décidément AUCUN scrupule, elle est prête à tout pour remplir encore plus ses coffres.



