Malgré des moments difficiles, Samuel Montembeault est prêt à tout pour demeurer avec le Canadien

La façon dont Jacob Fowler a gardé les buts, mercredi soir, à Ottawa, risque d’inciter le Canadien à le garder dans le giron de l’équipe jusqu’à la fin de la saison.
Ce qui signifie que Samuel Montembeault se retrouvera vraisemblablement dans un ménage à trois pour la deuxième fois de la saison. Un trio dans lequel il risque, pour l’instant du moins, d’occuper le rôle de troisième roue du carrosse.
Allez savoir combien de départs il obtiendra lors des 18 derniers matchs de la saison. Cela dit, même s’il devait être confiné au rôle de spectateur jusqu’à la fin du calendrier, il appert que ça ne changera rien à sa fierté de faire partie de cette équipe.
Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal
Dans son entourage, on raconte qu’il a la couenne dure et le logo de l’équipe tatoué sur le cœur. Évidemment, le rappel de Fowler n’est pas le genre de nouvelle qu’il voulait entendre, ce qui ne l’empêcherait pas de souhaiter demeurer un membre du Tricolore le plus longtemps possible.
À moins, bien sûr, qu’avec Jakub Dobes et Fowler, qui sont au début de la vingtaine, Jeff Gorton et Kent Hughes lui fassent clairement comprendre qu’il n’est plus dans les plans de l’organisation.
D’ailleurs, Montembeault explorerait présentement toutes les avenues possibles pour trouver la source du problème, surtout sur les lancers de loin. Coordination main-œil, acuité visuelle, repérage de la rondelle, techniques d’entraînement perceptivo-cognitive. Vous pouvez toutes les nommer. Apparemment, rien ne sera laissé au hasard.
La seule option à écarter serait un passage à Laval pour fin de remise en forme, comme ce fut le cas au mois de décembre.
Quand le hamster se met à tourner
Mais il y a également l’aspect mental à soigner. Il y a des jours où beaucoup de choses doivent se bousculer dans sa tête.
Souvent, c’est justement entre les deux oreilles que c’est plus compliqué. Quand le hamster se met à tourner, il devient difficile à arrêter. Surtout quand vos performances deviennent le sujet de discussion de tout une province.
« Tu le sais [que ça se jase] et tu le sens parce que tes coéquipiers, les partisans et les journalistes te regardent différemment, a mentionné Patrick Lalime, joint au téléphone. Tu dois gérer ça dans ta tête, mais c’est difficile. »
Celui qui a gardé 444 matchs de saisons régulières dans la LNH comprend parfaitement l’état d’esprit dans lequel se trouve Montembeault. Il a vécu une situation identique à Buffalo, alors qu’il formait un duo avec Ryan Miller et que Jhonas Enroth frappait à la porte du grand circuit.
« À partir de Noël, les Sabres faisaient venir Enroth juste pour les matchs. Ils le rappelaient le matin même, il jouait le match puis ils le renvoyaient dans les mineures, raconte-t-il. Ils lui avaient même donné le départ à Montréal. Je n’étais pas content. »
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Y’a encore de l’espoir
Le gardien de 29 ans n’est pas le premier à connaître une saison difficile. Ça arrive même aux meilleurs. Parlez-en à Patrick Roy, à Roberto Luongo et, cette année, à Sergei Bobrovsky.
« Sam a perdu ses repères et c’est difficile, mais c’est encore un bon gardien, soutient Lalime. Il doit s’accrocher à ce qu’il a fait de bien par le passé. En passant, il en a connu de bons matchs depuis Noël. »
« Je suis encore dans son camp. Je comprends ce qu’il vit et je sais que ce n’est souvent que passager, poursuit-il. La beauté du sport, c’est que l’espoir qu’il y ait un déclic est toujours présent. »
Ça pourrait se produire à tout moment au cours des 18 derniers matchs de la saison. Et pourquoi pas en séries ?



