La méningite «l’a emportée si rapidement»: ils perdent leur fille de 18 ans en moins de 24 heures

Les parents endeuillés d’une des deux victimes de l’épidémie de méningite au Royaume-Uni ont pris la parole pour réclamer une meilleure protection vaccinale pour les jeunes anglais, après avoir perdu leur fille de 18 ans « en forme et en bonne santé » en moins de 24 heures.
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« La douleur causée par sa disparition est incommensurable pour nous, sa famille et ses amis […] La maladie nous l’a emportée si rapidement », a déploré le père de Juliette Kenny, Michael Kenny, à la Fondation de recherche sur la méningite du Royaume-Uni vendredi.
Samedi dernier, la jeune femme de 18 ans a été foudroyée par la méningite, après avoir vraisemblablement contracté la maladie dans la boîte de nuit Club Chemistry, fréquentée par des étudiants de l’université du Kent, la semaine précédente.
Pourtant, le 12 mars, Juliette Kenny était « en forme, en bonne santé et forte », alors qu’elle venait de réussir sans problème un important examen pratique de son cours d’éducation physique, a relaté son père dans le communiqué.
C’est au petit matin le 13 mars qu’elle aurait commencé à éprouver des symptômes de la maladie, qui se sont d’abord présentés par des vomissements, suivis d’une décoloration de ses joues. Sa famille l’aurait alors conduite aux urgences durant la matinée, où son équipe soignante lui aurait rapidement administré des antibiotiques.
Malheureusement, après des heures à se battre pour sa survie, la jeune femme aurait succombé à la maladie tôt samedi, laissant derrière elle une famille meurtrie et sidérée.
« Nous étions à ses côtés jusqu’au bout, et les derniers sons qu’elle a entendus ont été les voix de ceux qui l’aimaient, lui disant combien on l’aimait et la chérissait. Aucune famille ne devrait connaître une telle douleur et une telle tragédie. Ça peut être évité », a déploré son père.
Parce qu’au Royaume-Uni, la vaccination contre le méningocoque B, le type de méningite duquel souffrait Juliette Kenny, n’est pas systématiquement prise en charge par le service national de santé britannique (NHS). Ceux qui souhaitent recevoir une dose doivent faire les démarches pour être vaccinés au privé, selon la Fondation. Pourtant, la maladie affecte particulièrement les 15 à 24 ans.
Le vaccin peut être administré aux nourrissons, mais comme son efficacité s’estompe avec le temps, il n’est pas clair si cela aurait pu sauver la vie de Juliette, a souligné sa famille, qui souhaite voir plus de démarches pour la protection des jeunes.
Car dans d’autres pays, comme au Canada, les trois types de vaccins contre la méningite, qui s’attaquent à des souches différentes de la maladie, font partie du cocktail de vaccin administré automatiquement aux enfants.
« En tant que parents, nous savions que nos enfants changeraient le monde et seraient une force positive. Le travail de protection des jeunes a commencé, mais il faut aller plus loin. L’impact de Juliette sur ce monde doit être durable », a martelé son père, en espérant que l’« énergie positive contagieuse » de sa fille continuera à se répandre au-delà de son départ.




