Transaction évaluée à 9 milliards | Brookfield et La Caisse achètent le producteur d’énergie renouvelable Boralex

Le producteur d’énergie renouvelable Boralex accepte une offre de Brookfield et La Caisse afin de privatiser son capital.
Publié à
8 h 49
Mis à jour à
9 h 56
La transaction, annoncée mercredi, confère une valeur de 9 milliards à l’entreprise montréalaise.
Les deux investisseurs institutionnels offrent 37,25 $ par action pour acheter l’entreprise montréalaise.
Si l’offre obtient le feu vert des actionnaires et des autorités réglementaires, Brookfield détiendrait 70 % des actions de la société. La Caisse, pour sa part, verrait sa participation passer de 15 % à 30 %.
Boralex resterait une société indépendante et conserverait son siège social au Québec.
Devoir rendre des comptes chaque trimestre aux marchés boursiers compliquait l’accès aux capitaux, explique le président et chef de la direction de Boralex, Patrick Decostre, en entrevue.
« À l’abri des marchés à court terme avec des partenaires privés, en étant bien alignés, on va avoir une certitude sur le coût et la disponibilité du capital », répond-il.
Boralex a l’objectif de doubler sa puissance installée en cinq ans, pour atteindre sept gigawatts (GW) en 2030. Elle prévoit investir près de 8 milliards pour atteindre cet objectif.
La société comptait financer ses acquisitions par une combinaison de moyens, notamment la vente de parcs existants, les flux de trésorerie générés par ses activités et de la dette.
La direction prévoyait émettre l’équivalent de 500 millions en actions pour financer ses projets.
Or, cette source devenait moins intéressante en raison de la baisse des actions dans le secteur des énergies renouvelables en Bourse.
Leur valeur est sous pression en raison de la hausse des taux d’intérêt et des commentaires hostiles de l’administration Trump envers les énergies renouvelables.
Faire partie d’un grand groupe comme Brookfield comporte aussi ses avantages, ajoute le PDG.
« Brookfield fait profiter aux différentes plateformes qu’elle possède, en les gardant indépendantes, d’un accès aux manufacturiers pour les équipements, pour avoir de meilleures conditions », illustre-t-il.
« [Ça procure aussi] des accès à des clients comme Google, Meta, Microsoft, auxquels nous n’avons pas accès parce qu’on est trop petit », enchaîne-t-il.
Le directeur mondial des investissements d’Énergie de Brookfield, Jehangir Vevaina, a aussi mentionné l’attrait de cette mise en commun des ressources, dans un communiqué. « Nous nous associons à La Caisse pour faciliter la prochaine phase de croissance de Boralex. »
Une prime à court terme
L’offre représenterait une prime de 31,8 % par rapport au prix de l’action, avant que l’existence d’un processus d’examen stratégique de Boralex soit ébruitée lundi. « C’est une bonne solution parce que ça cristallise la valeur aujourd’hui », défend le PDG.
Actionnaire et créancier de Boralex, La Caisse a signifié qu’elle voulait « continuer l’aventure », lorsqu’elle a été mise au fait de l’examen stratégique de la société, raconte sa première vice-présidente et cheffe pour le Québec, Kim Thomassin, au cours du même entretien.
« Pour nous, c’est une excellente nouvelle. Boralex va demeurer ancré au Québec, il y a le maintien de son siège social ici, de ses équipes aussi », souligne-t-elle.
C’est la deuxième fois que La Caisse aide un producteur québécois d’énergie renouvelable à quitter la Bourse. Le bas de laine des Québécois a complété l’acquisition d’Innergex en juillet dernier, dans une transaction évaluée à 10 milliards, en incluant la dette.
Des analystes ont évoqué le scénario d’un regroupement entre les deux entreprises québécoises. Mme Thomassin n’a pas voulu dire si cette option a été envisagée.
« Ça a été un processus du conseil d’administration avec son comité indépendant qui a fait cette analyse-là, et nous, ce qu’on a fait, c’est indiquer qu’on voulait continuer avec Boralex. »
Boralex a été conseillé par la Banque Nationale, RBC Marchés des capitaux, et Desjardins Marché des capitaux.
La transaction est conditionnelle à l’appui des actionnaires et des autorités réglementaires. La conclusion de la transaction est prévue pour le quatrième trimestre.
L’action de Boralex gagnait 3,55 $, ou 10,76 %, à 36,55 $ à l’ouverture des marchés à la Bourse de Toronto.




