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Jeux olympiques de 2028 | Les athlètes transgenres de sexe féminin seront exclues des épreuves féminines

(Lausanne) Les athlètes transgenres seront maintenant exclues des épreuves féminines des Jeux olympiques, après que le Comité international olympique eut approuvé jeudi une nouvelle politique d’admissibilité qui s’aligne sur le décret du président américain Donald Trump concernant le sport féminin, en vue des Jeux de Los Angeles de 2028.


Mis à jour hier à
9 h 37

Graham Dunbar

Associated Press

« L’admissibilité à toute épreuve féminine aux Jeux olympiques ou à tout autre évènement du CIO, y compris les sports individuels et d’équipe, est désormais limitée aux femmes biologiques », a déclaré le CIO, « sur la base d’un test de dépistage génétique SRY unique ».

On ignore combien de femmes transgenres, s’il y en a, participent à des compétitions de niveau olympique. Aucune femme ayant changé de sexe après être née de sexe masculin n’a participé aux Jeux d’été de Paris en 2024.

La politique d’admissibilité qui s’appliquera à partir des Jeux olympiques de Los Angeles en juillet 2028 « protège l’équité, la sécurité et l’intégrité dans la catégorie féminine », a affirmé le CIO.

« Elle n’est pas rétroactive et ne s’applique à aucun programme sportif amateur ou récréatif », a précisé le CIO, dont la Charte olympique indique que l’accès à la pratique sportive est un droit humain.

À l’issue d’une réunion de son comité exécutif, le CIO a publié un document de 10 pages qui impose également des restrictions aux athlètes féminines, telles que la coureuse Caster Semenya, double championne olympique, présentant des troubles médicaux connus sous le nom de « différences de développement sexuel » (DSD).

PHOTO IBRAHEM ALOMARI, ARCHIVES REUTERS

La coureuse sud-africaine Caster Semenya

Le CIO et sa présidente, Kirsty Coventry, souhaitaient une politique claire plutôt que de continuer à conseiller les instances dirigeantes des sports qui, auparavant, rédigeaient leurs propres règles.

« Aux Jeux olympiques, même les plus petits écarts peuvent faire la différence entre la victoire et la défaite, a soutenu Coventry, double médaillée d’or olympique en natation, par voie de communiqué. Il est donc absolument clair qu’il serait injuste que des hommes biologiques participent aux épreuves féminines. »

En juin dernier, Coventry a lancé une révision de la « protection de la catégorie féminine » comme l’une de ses premières grandes décisions en tant que première femme à diriger l’organisme olympique en 132 ans d’histoire.

PHOTO GUGLIELMO MANGIAPANE, ARCHIVES REUTERS

La présidente du Comité international olympique, Kirsty Coventry

L’admissibilité des femmes a été un thème central lors de l’élection du CIO de l’année dernière, qui comptait sept candidats, les principaux rivaux de Kirsty Coventry s’étant engagés à mener une politique plus ferme sur cette question.

Test génétique

Avant les Jeux olympiques de Paris en 2024, trois sports de premier plan – l’athlétisme, la natation et le cyclisme – avaient déjà adopté des règles excluant les femmes transgenres ayant traversé la puberté masculine.

Le document du CIO détaille ses recherches selon lesquelles le fait de naître de sexe masculin confère des avantages physiques qui sont conservés.

« Les hommes connaissent trois pics significatifs de testostérone : in utero, lors de la minipuberté de la petite enfance et à partir de la puberté adolescente jusqu’à l’âge adulte », souligne le document.

Il ajoute que cela confère aux hommes « des avantages individuels liés au sexe en matière de performances dans les sports et les épreuves qui reposent sur la force, la puissance et/ou l’endurance ».

Le CIO a déclaré que son groupe d’experts s’accordait à dire que le test génétique actuel est « la méthode la plus précise et la moins intrusive actuellement disponible ». Ce test recherche « le gène SRY, un segment d’ADN généralement présent sur le chromosome Y, qui met en œuvre le développement sexuel masculin in utero et indique la présence de testicules ».

Cependant, ce dépistage obligatoire du genre – déjà pratiqué par les fédérations d’athlétisme, de ski et de boxe – risque d’être critiqué par les experts en droits de la personne et les groupes militants.

Lin Yu-ting, de Taïwan, l’une des deux championnes olympiques de boxe féminine au cœur de la controverse sur le genre à Paris, a réussi son test génétique et peut reprendre la compétition, a annoncé la Fédération internationale de boxe la semaine dernière.

Aux États-Unis, le président Trump a signé en février 2025 le décret « Maintenir les hommes hors du sport féminin » et s’est engagé à refuser des visas à certains athlètes souhaitant participer aux Jeux olympiques de Los Angeles. Ce décret menaçait également de « retirer tout financement » aux organisations autorisant les athlètes transgenres à participer aux compétitions féminines.

Quelques mois plus tard, le Comité olympique américain a mis à jour ses directives à l’intention des fédérations sportives nationales, invoquant l’obligation de se conformer aux directives de la Maison-Blanche.

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