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Passages | Arielle Soucy et l’art de l’intangible

Arielle Soucy s’est fait remarquer il y a trois ans avec Il n’y a rien que je ne suis pas, premier album dépouillé et recueilli. Sa quête existentielle et spirituelle se poursuit dans Passages, et descend plus profondément dans l’exploration musicale et l’expression des sentiments.


Publié à
12 h 00

Il y a quelque chose d’intangible dans les chansons d’Arielle Soucy. Tellement qu’en entrevue, elle a de la difficulté à trouver les mots pour en parler. « J’essaie d’attraper l’invisible, un peu. »

Fascinée par le religieux, l’autrice-compositrice-interprète aspire à incorporer du mystère et de la magie dans sa musique. Et préfère quand elle ne se digère pas du premier coup. « J’aime que ça brasse un peu, que ça fasse réfléchir. Que la personne qui écoute s’arrête et dise : ah, mais qu’est-ce qui vient de se passer ? »

La musicienne qui a étudié en chant classique et en composition avoue en souriant qu’elle voulait montrer dans ce nouvel album son côté « geek ». « Mais j’ai mis des choses accrocheuses, pas juste challengeantes », dit cette grande fan de Justin Bieber. « J’ai essayé de balancer les choses. »

Après un album fabriqué pratiquement toute seule, la musicienne a préféré s’entourer pour créer Passages. Elle a travaillé avec le réalisateur Benoît Parent, enregistré live avec un noyau de musiciens, et trois choristes ont joint leur voix à la sienne – elle faisait toutes ses harmonies sur le précédent.

Je ne le regrette pas, c’était tellement le fun ! Ce n’était plus juste ce qui se passait dans ma tête, mais d’autres gens qui venaient enrichir ma musique, et en faire quelque chose que je n’aurais pas imaginé.

Arielle Soucy

Sa musique demeure un amalgame de folk – « J’ai toujours un peu le goût de m’en éloigner, mais finalement ça revient ! » – de musique ancienne, contemporaine… et de plein d’autres choses. « C’est comme un puzzle que j’assemble. » Elle avait aussi le désir de trouver un son plus réconfortant, plus ambiant.

« Je voulais une texture chaude et plus enveloppante que mes autres albums, qui étaient plus proches de la chanson pop. Que ce soit feutré, tamisé, comme quand on met un vinyle de jazz. »

Instinct

Arielle Soucy se promène encore entre le français et l’anglais. « Je ne veux pas abandonner une belle chanson juste parce qu’elle est en anglais. Je l’aime, je la garde », dit-elle, expliquant que ses choix sont plus instinctifs qu’autre chose. C’est ainsi qu’elle a décidé de mettre en musique deux poèmes, un de l’Américain Christian Wiman, un autre de la Québécoise Névé Dumas, découverts au hasard de ses lectures.

« La logique derrière ça, c’est de brasser ma créativité. » C’est aussi une autre manière de mettre des mots sur les thèmes qui l’intéressent – la foi, le mystère, la guérison, la mort.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

L’autrice-compositrice-interprète Arielle Soucy

Si l’album s’intitule Passages, c’est parce que la chanteuse voit les chansons comme un lieu pour « faire bouger les émotions. » « Dans cet album, il y a des moments où je me sentais pognée, et j’essayais que ça passe vers autre chose. Mais ça peut être beaucoup de choses, c’est ouvert à l’interprétation. » L’artiste de 32 ans va bien, mais elle a vécu des moments durs, des dépressions, de l’anxiété, et c’est ce qu’elle nomme dans ses chansons.

La musique a un côté thérapeutique, c’est pour ça que j’en fais. Les gens disent que je suis deep, mais je m’exprime comme ça.

Arielle Soucy

Arielle Soucy, qui a été bien accueillie par l’industrie de la musique, est maintenant une autrice-compositrice-interprète reconnue… et attendue ! On ne veut pas lui mettre de pression, elle sourit. « Je pensais que ça me stresserait plus, mais je me sens en paix avec ce que j’ai fait. L’art c’est juste… tu fais de ton mieux, ta vision, et advienne que pourra. »

La chanteuse prépare un spectacle acoustique – deux guitares, un violoncelle, des voix, des percussions. « Tout ce que j’aime. Je me sens davantage dans ce que je veux faire et être. » Elle se sent à sa place, comme pour son très beau spectacle de Noël présenté en décembre 2025. « C’est certain que je vais le refaire. J’avais le sentiment de faire la bonne chose. »

Dans les prochains mois, Arielle Soucy présentera des spectacles au Québec et en Ontario, et fera quelques festivals, dont le Festival de jazz, en salle, au Théâtre Jean-Duceppe. L’intérêt envers sa musique la ravit. « Je me sens reconnaissante. Je fais ça dans la vie, et je me pince tous les jours ! Je me dis que je vais pouvoir continuer un petit boutte… Mais on ne sait jamais, les temps sont durs. »

L’anxieuse qu’elle est se prépare à l’éventualité que ça aille mal… même si tout va bien. On lui conseille de ne pas trop y penser ! « Non non ! En fait, je sais que je vais faire de la musique toute ma vie. Mais je ne sais pas de quelle manière. »

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