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Conférences à Montréal | La douane aurait bloqué une militante propalestienne

La militante propalestinienne la plus célèbre de France aurait été empêchée d’entrer au Canada, samedi, alors qu’elle devait participer à une série de conférences dans les prochains jours à Montréal.


Publié hier à
18 h 58

Rima Hassan, députée européenne sous la bannière d’extrême gauche La France insoumise (LFI), a dénoncé samedi soir une « tentative de censure » des services frontaliers et une « entrave » à son travail parlementaire.

Elle avait un programme chargé au début de cette semaine : elle devait participer à deux conférences devant 1600 personnes, en plus de rencontrer les députés solidaires Ruba Ghazal et Haroun Bouazzi.

L’élue avait été invitée par plusieurs organisations de gauche et propalestiniennes.

« J’ai été empêchée de me rendre au Canada, [c’est] une entrave préoccupante à l’action parlementaire et à la liberté d’expression », a dénoncé Mme Hassan sur les réseaux sociaux. « J’assurerai malgré tout mes deux conférences à distance lundi et mardi soir. » Son équipe et elle n’ont pas répondu à la demande d’entrevue de La Presse, tard samedi soir.

Mme Hassan – elle-même née dans une famille palestinienne réfugiée en Syrie – divise la France depuis quelques années par ses critiques brutales d’Israël et ses déclarations controversées dans la foulée des attaques du 7 octobre 2023.

Elle a notamment affirmé deux ans plus tard que « le Hamas a une action légitime du point de vue du droit international » et a fait valoir que « le Hamas, ce n’est pas qu’un mode opératoire terroriste ». Ses interventions à la tribune du Parlement européen, keffieh au cou, lui ont valu plusieurs rappels à l’ordre.

L’eurodéputée est aussi revenue dans l’actualité cet hiver : c’est en marge de l’une de ses conférences que le militant ultranationaliste Quentin Deranque a été mortellement blessé dans une rue de Lyon.

« Pressions auprès des autorités »

Sur les réseaux sociaux, Rima Hassan a assuré avoir d’abord obtenu le feu vert des douanes canadiennes en vue de son entrée au pays. Cette autorisation aurait ensuite été suspendue dans un nouveau message officiel en raison d’un « examen » ouvert par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

En cause, toujours selon l’élue : ne pas avoir déclaré avoir été refoulée à la frontière israélienne en 2025 avec un groupe d’eurodéputés qui tentait d’y entrer, et ne pas avoir déclaré avoir fait l’objet de dénonciations pour apologie du terrorisme à la suite de certains propos.

L’ASFC n’a pas répondu aux sollicitations de La Presse. Impossible donc de savoir si la version de Mme Hassan est complète ou exacte.

L’eurodéputée, pour sa part, montre du doigt ceux qu’elle tient pour responsables de cette situation. « Il est notoire que des organisations de lobbying pro-israéliennes, dont le CIJA (Centre consultatif des relations juives et israéliennes), ont activement œuvré, ces derniers jours, pour empêcher ma venue au Canada, multipliant les interventions médiatiques et les pressions auprès des autorités concernées », a-t-elle écrit.

Le CIJA avait publiquement déploré la venue de Mme Hassan au Canada, l’accusant de glorifier « la violence, le terrorisme et l’antisémitisme ». « Rima Hassan sera accueillie par les mêmes réseaux qui radicalisent notre société et nos campus depuis deux ans », dénonçait l’organisation il y a quelques jours. « Son passage à Montréal constitue une nouvelle preuve de la dérive de ces groupes et des personnes. »

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