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Policière insultée à Montréal | Mohamed Bekkali est un habitué des menaces

L’homme qui a insulté une policière de Montréal l’été dernier est un habitué des menaces : un mois avant cet évènement, Mohamed Bekkali a reçu une amende pour avoir proféré des « cris, injures, blasphèmes et menaces » à Longueuil.


Publié hier à
14 h 47

En plus d’avoir dû payer 228 $ pour cette infraction, l’homme de 24 ans qui se targue de pouvoir « insulter la police » a reçu quelques contraventions pour excès de vitesse au cours des dernières années. L’été dernier, par exemple, il a été pincé à 89 km/h dans une zone de 50 km/h à Laval.

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En 2020, Mohamed Bekkali a été accusé d’avoir utilisé de faux documents dans le but de commettre un acte criminel. Il a plaidé coupable en juin dernier et a obtenu une absolution inconditionnelle dans ce dossier.

Une vidéo filmée par l’homme l’été dernier fait grand bruit depuis quelques jours. Bekkali insulte abondamment une policière du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui lui remet une contravention parce qu’il conduit une voiture aux vitres teintées non conformes à la réglementation.

La policière encaisse sans broncher des propos violents : « sale pute de merde », « sale chienne », « esclave », lui lance à répétition Mohamed Bekkali. Des insultes « misogynes et dégradantes », a déclaré le SPVM, lundi.

Dans un texte publié sur son compte TikTok, l’homme se défend d’être misogyne et affirme qu’il « remet à leur place » des policiers autant que des policières. Il se dit victime de « profilage racial et social ».

« Enculé de merde », « fils de pute », « ta mère c’est une pute », l’entend-on dire à un policier sur une de ces vidéos.

Avocate criminaliste, Vicky Powell a été la cible de Bekkali cette semaine et a porté plainte à la police en raison des propos qu’elle juge inquiétants.

Après que la vidéo est devenue virale, dimanche, Me Powell l’a commentée sur les réseaux sociaux.

« J’ai expliqué que selon moi, c’était une entrave au travail des policiers. J’ai aussi dit qu’on ne peut pas parler à une femme comme ça, que c’est d’une extrême violence », dit-elle.

Plus tard, dans une vidéo diffusée en direct, Bekkali l’a prise à partie.

« Tous les gars qui ont parlé caca sur moi ils ont mal fini. Toi t’es là, tu penses que t’es avocate, il va rien se passer pour toi ? », dit-il, avant de lui lancer des insultes de son registre.

Vicky Powell dit qu’elle perçoit ces paroles comme une menace à son intégrité. « Je ne sais pas pourquoi il s’en est pris à moi. Peut-être parce que je suis une femme et que c’est plus facile de me cibler ? Je ne sais pas », dit l’avocate.

Il faut mettre des limites, disent les policiers

Les policiers de la métropole n’ont aucun pouvoir coercitif quand ils se font insulter, ont commenté le SPVM et la Fraternité des policiers et policières de Montréal.

Contrairement à ce qui a cours dans certaines villes de la province, il n’y a aucun règlement à Montréal qui interdit d’insulter des policières ou policiers dans l’exercice de leurs fonctions.

Il faut un cadre national québécois qui s’appliquerait à l’ensemble des villes desservies par des corps de police municipaux, demande la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ).

« C’est carrément inacceptable qu’au Québec on tolère des actes de violence verbale envers des agents de la paix. Il est essentiel d’établir, partout, des limites légales au-delà desquelles il y a des conséquences », a déclaré dans un communiqué François Lemay, président de la FPMQ.

Avec Mayssa Ferah, La Presse

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