Décollage réussi pour la mission lunaire Artemis II

La fusée qui amènera l’astronaute canadien Jeremy Hansen vers la Lune a décollé à 18 h 35. La mission Artemis II fera le tour de la Lune, une première depuis le programme Apollo.
Publié à
16 h 20
Mis à jour à
21 h 06
« Ils sont maintenant en sécurité en orbite », s’est exclamé l’astronaute David-Saint-Jacques, qui anime la soirée de lancement au siège social de l’Agence spatiale canadienne (ASC) à Saint-Hubert. Les discussions du centre de contrôle de la NASA étaient retransmises en direct.
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L’astronaute David-Saint-Jacques
En conférence de presse durant la soirée, la NASA a rapporté des petits problèmes. Des valves entre les quatre réservoirs d’eau sont récalcitrantes et il y a aussi des problèmes avec la toilette. Des dommages inattendus à la rampe de lancement ont aussi été rapportés, mais moins importants que ceux qui sont survenus lors du lancement d’Artemis I en 2022.
Des applaudissements ont accueilli le décollage au siège social de l’ASC, puis après le largage des deux fusées d’appoint deux minutes après le décollage. Six minutes plus tard, la capsule lunaire Integrity et son étage de propulsion se sont détachés de la fusée principale orange. Integrity était alors en orbite. À ce moment les panneaux solaires ont été déployés.
« C’était impressionnant de voir le silence avant l’allumage des moteurs, on se sentait dans une église, a dit M. Saint-Jacques. Personnellement j’ai attendu avant de me réjouir l’arrêt des moteurs. »
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Une foule observe le lancement de la fusée
Le moment est historique. La dernière mission habitée vers la Lune a été Apollo 17, en 1972. Un alunissage habité est prévu avec Artemis IV, en 2028. La Chine prévoit quant à elle envoyer des taïkonautes fouler le sol lunaire en 2030.
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La trajectoire de la fusée SLS était visible après son décollage de Cap Canaveral.
M. Saint-Jacques espère que les prochaines missions lunaires créeront une « génération Artemis », tout comme les six alunissages d’Apollo ont créé un enthousiasme chez les jeunes de la fin des années 1960, comme lui.
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« Ici Jeremy, nous partons pour toute l’humanité », avait déclaré M. Hansen aux contrôleurs de la NASA trois minutes avant le lancement prévu à 18 h 24, suscitant une volée d’applaudissements au siège social de l’ASC.
Mais une dernière vérification a repoussé à la dernière minute le lancement. « Un petit problème technique, ça montre que les gens font leur travail », a dit M. Saint-Jacques, alors que le compte à rebours était ramené à dix minutes, le temps que le problème soit résolu.
Vers 20 h 30 les moteurs de l’étage de propulsion ont été allumés pour rehausser l’orbite d’Integrity. L’étage de propulsion sera largué après cette manœuvre, mais restera près d’Integrity pour tester la capacité de la capsule lunaire de se rapprocher d’un autre objet. Cela sera important pour l’arrimage de la capsule lunaire à un module d’alunissage dans des missions subséquentes.
La capsule lunaire Integrity et ses quatre astronautes feront des tests jusqu’à 18 h 30 jeudi en orbite terrestre, puis partiront pour la Lune « si les tests sont concluants », dit M. Saint-Jacques.
Integrity établira un record de distance avec la Terre pour un vol habité, dépassant de 2400 km le record établi en 1970 par Apollo 13. Le retour est prévu le 10 avril avec un amerrissage au large de la Californie.
Artemis II sera l’occasion d’autres premières lunaires : le premier Noir (Victor Glover), la première femme (Christina Koch), le premier non-Américain et le plus vieil astronaute – le commandant Reid Wiseman a 50 ans, trois de plus qu’Alan Shepard d’Apollo 14 en 1971.
Jeremy Hansen, qui a grandi en Ontario, est pilote de chasse et a une maîtrise en physique. Il a deux mois de moins que M. Wiseman.
Le lancement de la fusée lunaire a été retardé à deux reprises depuis fin janvier, à cause de fuites de carburant lors de la répétition générale. « Tout peut survenir à tout moment, les techniciens de la NASA passent la journée à tester tous les systèmes, dit M. Saint-Jacques. Jusqu’au moment du lancement [NDLR à partir de 18 h 24] ils peuvent tout reporter. »
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L’arrivée de la capsule Orion en orbite signifie que l’une des étapes les plus dangereuses d’Artemis II est terminée. Mais les risques sont encore là. « Pour moi, le relâchement ça viendra vraiment quand Orion arrivera dans l’océan Pacifique », dit M. Saint-Jacques, en entrevue avec La Presse avant le lancement.
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La fusée dans la rampe de lancement, à Cap Canaveral, en Floride
Il connaît très bien Jeremy Hansen, qui a été choisi en même temps que lui en 2009 par l’ASC. « Jeremy, c’est quelqu’un qui a une capacité vraiment extraordinaire de concentration. Et c’est aussi quelqu’un de très fédérateur, de rassemblant. Il est capable d’être rigolo et d’être sérieux dans une seconde d’intérêt. Et c’est ça qui inspire confiance. C’est une force tranquille et ça représente bien certaines valeurs canadiennes. »
Quand les quatre astronautes ont salué la foule, avant de s’engouffrer dans la fourgonnette qui les amenait vers la rampe de lancement, Jeremy Hansen a donné un bon exemple de la description que fait M. Saint-Jacques de son caractère. Ses trois coéquipiers américains ont salué la foule. M. Hansen a été le seul à applaudir.




