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Pluie d’hommages pour François Legault

(Québec) François Legault est arrivé jeudi à sa dernière période des questions à titre de premier ministre sous une pluie d’hommages. Si son parti se bat pour sa survie, à quelques mois de l’échéance électorale, ses collègues ont salué le parcours de l’homme d’État qui a mené la troisième voie et le parti qu’il a fondé, la Coalition avenir Québec (CAQ), à obtenir deux mandats majoritaires au gouvernement.


Publié à
11 h 40

Les deux aspirants chefs caquistes, Christine Fréchette et Bernard Drainville, ont salué le legs de M. Legault. La députée de Sanguinet a souligné que la CAQ est à l’image des Québécois : « un parti à la fois nationaliste et également économique ». Elle a aussi salué son profond attachement pour la défense du français.

« Je m’engage à préserver l’unité du parti. Pour moi, ça, c’est la priorité, parce qu’au lendemain de la course, au lendemain du 12 avril, il faut qu’on travaille à l’unité du parti », a-t-elle ajouté.

M. Drainville a rappelé que le dernier politicien à avoir réussi l’exploit de créer un parti politique et de l’amener au pouvoir était René Lévesque, avec le Parti québécois. « [C’est] très émouvant », a-t-il dit.

« On a fait de grands, grands pas en avant avec la laïcité sous François Legault et il a d’une certaine façon conclu des débats qui avaient cours depuis des années sous plusieurs gouvernements. Il a fait voter des lois qui nous ont permis de retrouver un certain apaisement en matière de laïcité et ça, je pense que c’est un très grand legs », a poursuivi le député de Lévis.

Son ami avec qui il a fondé la CAQ, l’ex-ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant, a prévenu qu’il verserait quelques larmes en Chambre en saluant l’engagement de François Legault.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

François Legault et Lionel Carmant

J’étais zéro destiné pour faire de la politique. Monsieur Legault, il m’a tellement transmis sa passion du Québec qu’il m’a convaincu. Il m’a dit Lionel, si tu veux changer les choses, c’est la politique. Puis si tu veux aider les Québécois partout au Québec, parce que j’aidais les Québécois à [l’hôpital] Sainte-Justine, il m’a dit […] il faut que tu sortes de Sainte-Justine, puis que tu viennes avec moi à Québec.

Lionel Carmant

« Sa passion pour le Québec, c’est vraiment la chose qui m’a le plus frappé. Quand on voyage avec M. Legault, tous ceux qui ont un drapeau du Québec sur leur sac à dos, sur leur manteau, ils se font arrêter pour demander d’où tu viens, puis parle-moi de toi. C’est un passionné », a-t-il ajouté.

Des dernières rencontres émotives

La présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, a raconté comment les derniers jours ont été empreints d’émotions au sein du caucus caquiste. Mercredi, pour son dernier conseil des ministres, le premier ministre n’a pas hésité à faire quelques blagues, pour détendre l’atmosphère.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

La présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau

C’est notre bon père de famille qui quitte. […] On a tous un pincement au cœur. Je pense qu’on a une responsabilité de faire que ça continue.

France-Élaine Duranceau, présidente du Conseil du trésor

« Je pense que l’histoire va donner raison au legs de François Legault, à l’impact qu’il a eu dans la vie des Québécois. Évidemment, dans la pire crise sanitaire de notre histoire, mais aussi dans les incendies de forêt, dans les inondations. C’est un premier ministre qui a géré énormément de crises en peu de temps », a raconté le ministre délégué à l’Économie, Samuel Poulin.

« Je retiens [aussi] son humour, sa détermination et son impatience, parce que pour être premier ministre, il faut aussi être impatient », a-t-il ajouté. Ce dernier était attaché de presse pour la CAQ quand le parti était encore à l’opposition.

« Ça me fait de la peine qu’il quitte aujourd’hui comme chef, puis je vais toujours lui être reconnaissant de ce qu’il m’a permis de vivre. C’est une expérience difficile [la politique], mais extraordinaire à la fois », a dit le ministre des Transports, Jonatan Julien.

Maintenir la cohésion

Le ministre du Travail, Jean Boulet, a salué le leadership de François Legault, qui a maintenu au sein d’un même caucus des politiciens issus de différentes familles politiques.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le ministre du Travail, Jean Boulet

« Je proviens d’une autre filière politique fédérale et puis j’ai travaillé avec des gens qui avaient des inclinaisons souverainistes, d’autres des inclinaisons plus progressistes. On a été capable de travailler tout le monde ensemble. Ça prend quelqu’un pour non seulement créer des consensus, mais maintenir cette cohésion-là, puis il l’a fait de manière remarquable », a-t-il dit.

François, c’est un homme extrêmement humain. C’est un homme qui, quand on le rencontre en personne, on voit pourquoi on est attiré vers lui. Il aime beaucoup les gens et je veux retenir de lui quelqu’un qui a fait de la politique pour les bonnes raisons.

Sonia LeBel, ministre de l’Éducation

« Je pense qu’il faut qu’on retienne que c’est un homme qui s’est investi pendant des dizaines d’années en politique. […] Il maîtrise tous ces dossiers. C’est un homme qui est travaillant, qui est axé sur les résultats. Et puis il était près des gens », a déclaré la ministre de la Santé, Sonia Bélanger.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

La ministre de la Santé, Sonia Bélanger

Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a pour sa part salué un « rassembleur extraordinaire », tandis que le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a parlé de « l’amour du peuple québécois » pour le premier ministre.

Réactions de l’opposition

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Du côté des oppositions, le chef parlementaire du Parti libéral du Québec (PLQ), André Fortin, a salué son engagement pour la société québécoise.

« Qu’on soit d’accord ou non avec les décisions qu’il a prises au cours de sa carrière, 28 ans de service public, ça vient avec des sacrifices personnels, familiaux importants. Alors, on souligne son engagement et on le remercie de son service public », a-t-il dit.

« Ce que je retiens, c’est un service public sur presque 30 ans. C’est quelque chose qui est important, puis quelque chose qu’on doit souligner. Ce qu’il a fait témoigne d’un don de soi », a salué le député péquiste Alex Boissonneault.

« Ça a été un honneur pour moi pendant quelques années d’être sur vis-à-vis. Ça a été un privilège de débattre avec lui. Ça a été des moments en tout cas dans ma trajectoire politique qui ont été marquants. Je vais m’en rappeler bien sûr toute ma vie », a dit l’ex-chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

« C’est un homme à qui je reconnais une certaine sincérité lorsqu’il est venu le temps d’agir en matière d’éducation. Malheureusement, huit ans plus tard, les résultats ne sont pas là. Puis les priorités n’ont pas toujours été les bonnes, mais c’était quand même assez audacieux de sa part d’oser faire de l’éducation une priorité centrale », a-t-il ajouté.

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