Le colonel Patrick Rakotomamonjy dans le viseur des autorités de la Refondation

L’affaire se corse pour le colonel Patrick Rakotomamonjy. L’ancien directeur des doléances auprès de la Présidence actuellement visé par un mandat d’arrêt est cité officiellement dans une affaire de tentative d’assassinat du Chef de l’État, doublée d’un projet présumé de coup d’État.
Qualifié d’explosif par les autorités, le dossier impliquerait treize individus, dont plusieurs hauts responsables militaires, à l’instar d’un général qui s’était déjà illustré en descendant sur la place du 13 mai pour réclamer un véritable changement dans le pays. Onze d’entre eux ont déjà été arrêtés, selon les déclarations de la procureure de la République, Narindra Rakotoniaina.
Le colonel Patrick Rakotomamonjy qui a pris ses distances avec le régime en place reste introuvable à ce jour. Dans l’une de ses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, il a annoncé avoir pris la fuite par crainte de représailles. Il a affirmé être la cible de pressions et de menaces après ses dénonciations contre des hauts responsables politiques actuels.
De son côté, la procureure de la République soutient que des éléments matériels, des échanges électroniques ainsi que d’importants flux financiers — estimés à près de 20 milliards d’ariary — viennent étayer les soupçons des enquêteurs. Les autorités affirment par ailleurs disposer d’éléments solides, incluant témoignages et preuves matérielles, laissant entrevoir l’existence d’une organisation structurée et coordonnée.
Si les identités des autres suspects et présumés complices n’ont pas été rendues publiques, celle du colonel Patrick Rakotomamonjy est bien connue de l’opinion. Il demeure indissociable de ses prises de position virulentes, notamment à l’encontre de certains ressortissants indiens, communément appelés « karana », qu’il accusait d’exercer une influence prépondérante sur les affaires nationales, contribuant selon lui à l’affaiblissement de l’économie.
Nommé au poste de directeur des doléances auprès de la Présidence au mois de novembre, il a été limogé deux mois. Il a intensifié ses dénonciations, évoquant des pratiques qu’il qualifiait d’opaques au sommet de l’État. Il a également avancé des soupçons de malversations impliquant certains acteurs économiques influents, allant jusqu’à citer des figures proches du pouvoir.
Sous l’ancien régime, le colonel Patrick Rakotomamonjy s’était déjà distingué en dénonçant ce qu’il présentait comme des irrégularités attribuées à l’un des hommes d’affaires les plus influents du pays à l’époque, Mamy Ravatomanga.




