Pourquoi être fâché que Céline ait choisi Paris?

Le litre d’essence est rendu à 2 $. Les Québécois ont de la difficulté à boucler les fins de mois. L’épicerie coûte de plus en plus cher.
Pourtant, des milliers de Québécois sont prêts à dépenser des centaines de dollars pour des billets pour Céline, des billets d’avion, des nuits d’hôtel et des restos à Paris.
Après ma dernière chronique, j’ai reçu des courriels de lecteurs fâchés que « notre » Céline choisisse une autre ville que Montréal pour son grand retour. Vraiment ? Vous pensez que Montréal-et-ses-nids-de-poule peut faire compétition à Paris-et-sa-tour-Eiffel ?
La grenouille et le bœuf
Quand est venu le temps de choisir la ville du retour de Céline, son équipe a dû passer à peu près trois secondes et quart à évoquer la possibilité que ça se fasse à Montréal. Pas juste parce qu’ici on n’a pas de salle pouvant accueillir 40 000 personnes par soir comme Paris La Défense Arena.
On n’est pas en 1967 avec l’Expo ou en 76 avec les Olympiques. Montréal, en 2026, ce n’est pas une ville qui va justifier que des gens des quatre coins du monde dépensent des milliers de dollars pour faire le déplacement.
Quand vient le temps de comparer Montréal et Paris comme destination touristique qui fait rêver, « y’a pas photo », comme disent les Français.
Selon Le Figaro, les retombées économiques sont estimées à plus d’un milliard d’euros.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Pourquoi ? Parce que Paris est la ville la plus visitée au monde.
Montréal a reçu 11,9 millions de visiteurs en 2025. Paris, 50 millions. Faque…
Quand tu disposes d’un budget « divertissement/vacances » fixe, tu calcules ce que tu vas faire avant et après avoir vu le spectacle qui te fait briser ta tirelire. À Paris, tu es dans la plus belle ville du monde, avec les musées et le shopping le plus chic. À Montréal, si tu réussis à te rendre au centre-ville sans que ton taxi ait cassé sa transmission à cause des nids-de-poule, tu déambules dans des rues où les poubelles débordent. Une fois que tu as vu le Musée des beaux-arts et le Musée McCord, que tu as mangé dans les trois seuls restos une étoile Michelin, tu fais quoi, tu vas magasiner au Royalmount au coin de la 15 et de la 40 ? Tu joues à pile ou face pour savoir si le REM va être en panne ou pas ?
Enweye à maison
Je ne comprends pas pourquoi certains fans de Céline exigent qu’elle fasse son retour « icitte ».
On est bizarres au Québec. On rêve grand, on se réjouit quand « une des nôtres » réussit à l’international, mais on reste barré dans notre idée du « né pour un petit pain ». Faut que Céline réussisse sur les plus grandes scènes du monde, mais il ne faudrait surtout pas qu’elle réussisse trop bien non plus. Il faut qu’elle soit ambitieuse, mais qu’elle reste « la fille d’à côté ».
Qu’elle brille dans la Ville lumière, mais qu’elle reste dans l’ombre du mont Royal. Qu’elle boive du champagne, mais qu’elle continue de manger de la tire d’érable sur la neige.
Au lieu de se plaindre et d’être fâché, on devrait l’applaudir.




