Le Canadien | Cole Caufield aux portes de l’histoire

(Newark) Le centre-ville de Newark n’est pas exactement considéré comme une plaque tournante du hockey, mais peu importe, parce que c’est ici que Cole Caufield pourrait faire époque.
Publié à
18 h 27
Ici, c’est dans un aréna nommé Prudential Center, qui est planté dans un bien drôle de décor, au beau milieu des stationnements vides, des boutiques fermées et des salons de manucure bon marché. Un tel décor n’inspire pas grand-chose, mais il sera le lieu du prochain match du Canadien, ce samedi soir, chez les Devils du New Jersey.
Peut-être pour des raisons de superstition, les membres du Canadien n’ont pas tellement eu envie de discuter du chiffre 50 récemment, mais là, de toute évidence, il s’agit d’un chiffre que plus personne ne peut éviter.
« On est tous très excités pour lui, a expliqué l’attaquant Alex Newhook vendredi à Newark. Chaque fois qu’il marque, il se rapproche encore plus de ce chiffre. Il est aussi impliqué dans la course des buteurs, alors ce sont des moments très emballants pour lui ces jours-ci. C’est une assez grande marque, et pour le reste de l’équipe, c’est plaisant de pouvoir en faire partie. »
PHOTO FRANK FRANKLIN II, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Cole Caufield (13) a marqué deux fois contre les Rangers de New York, jeudi.
À l’heure qu’il est, pas mal tout le monde est au courant de la grande marque en question, mais prenons tout de même quelques instants pour faire un petit rappel : Caufield a maintenant 49 buts au compteur.
C’est évidemment un de moins que 50, un chiffre assez important pour une foule de raisons, surtout parce que le premier à réussir le coup d’une saison de 50 buts dans la LNH se nomme Maurice Richard, et avec le temps, le 50 du Rocket est devenu quelque chose de mythique dans l’univers du hockey.
C’est ici qu’il faut faire un autre rappel, au fait : dans toute l’histoire du CH, seuls six joueurs ont goûté à ce chiffre magique. En plus de Maurice, Bernard Geoffrion, Guy Lafleur, Steve Shutt, Pierre Larouche et Stéphane Richer – le dernier à y être arrivé, en 1989-1990 – ont réussi cet exploit digne de mention.
PHOTO ARMAND TROTTIER, ARCHIVES LA PRESSE
Stéphane Richer (à droite) est le dernier joueur du Canadien à avoir marqué 50 buts en une saison.
Ce qui est plus compliqué dans le cas présent, c’est que Martin St-Louis insiste beaucoup sur le collectif, et il se trouve qu’une saison de 50 buts est inévitablement rattachée à un seul joueur. D’où, peut-être, cette hésitation à apprécier le moment à sa juste valeur.
« Je vais l’apprécier quand ce sera fait, ce n’est pas quelque chose à quoi je m’arrête pour le moment, a répondu l’entraîneur montréalais à ce sujet vendredi. Je ne prépare pas de stratégie pour ça en particulier. Alors on continue, et Cole, il fait ses affaires. »
Quand ça va arriver, et si ça arrive, on va être bien contents. Mais je ne m’arrête pas à ça.
Martin St-Louis, à propos d’un éventuel 50e but de Cole Caufield
Quoi qu’il en soit, Martin St-Louis a bien sûr remarqué que son joueur est en état de grâce ces temps-ci et, faut-il le rappeler, que sa présente série de 28 buts en 27 matchs est aussi le genre de choses qui ne se passent pas si souvent. Caufield est d’ailleurs le premier joueur du CH depuis Maurice Richard à marquer 28 buts en 27 rencontres, un exploit que le Rocket a pu s’offrir en 1945.
C’est un peu avec tout ça que le joueur de 24 ans est en train de flirter en ce moment, à sa cinquième saison complète dans la LNH. « Il n’a pas seulement été un marqueur au cours des dernières semaines, a dit son entraîneur. Je sais qu’il marque des gros buts, mais il joue un style de jeu qui est complet, et quand tu joues comme ça, talentueux comme il est, tu augmentes tes pourcentages de chances d’obtenir de tels buts. À mes yeux, c’est ça qu’il a fait récemment, et pas juste lui ; le trio en entier aussi. »
Mike Matheson a qualifié de « spécial » ce moment que Caufield est sur le point de vivre, avec encore sept matchs à disputer au calendrier du Canadien cette saison.
« On est vraiment heureux pour les gars qui se rapprochent de marques qui sont spéciales, et en même temps, l’équipe se nourrit de cette énergie, a dit le défenseur québécois. Mais on tente aussi de rester concentrés sur les succès de l’équipe. »
C’est à suivre, bien évidemment, et on devine que Caufield lui-même commence à y penser un peu plus, lui qui n’a pas été rendu disponible lors de la période des questions vendredi. Les fans des Devils n’ont pas été gâtés cette saison, mais au moins, ils vont peut-être assister à quelque chose de plutôt spécial ce samedi soir.
Suzuki aussi
PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE
Nick Suzuki
Il n’y a pas que Cole Caufield qui se rapproche d’un chiffre magique ; avec 94 points à sa fiche, Nick Suzuki est bien près d’une saison de 100 points, du jamais vu chez le Canadien depuis Mats Naslund en 1986. Suzuki a d’ailleurs récolté au moins un point à 11 de ses 12 derniers matchs. « J’essaie seulement d’exécuter les meilleurs jeux possibles, a-t-il déclaré vendredi à Newark. Je mise sur de très bons coéquipiers et sur de très bons partenaires de trio qui aident à ma production offensive. »



