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Les bananes sont de retour chez Metro

Vendredi matin, au passage du Soleil dans une succursale Metro de Québec, des employés garnissaient les tablettes de bananes et de framboises.

Un grossiste remplaçant le centre de distribution de Laval, actuellement en grève, venait tout juste de livrer les fruits.

«C’est le plan de contingence. Une autre compagnie indépendante a pris en charge l’approvisionnement de tous les Metro. Ils sont un peu dans le jus», a confié un employé à l’auteure de ces lignes, qui s’est rendue sur place incognito.

Si les étals de fruits étaient bien remplis, plusieurs légumes manquaient encore, notamment des champignons et des salades prélavées.

«Ça devrait arriver aujourd’hui ou demain. Je n’ai pas de tracking ni de facture. Il y a un peu de retard, mais je vais les recevoir», a indiqué un employé.

Les avis affichés jeudi pour signaler les produits indisponibles avaient d’ailleurs disparu vendredi matin.

Un enquêteur du ministère

Interrogée jeudi par Le Soleil, la vice-présidente aux affaires publiques et aux communications de Metro, Marie-Claude Bacon, avait refusé de dévoiler le plan de contingence, tout en affirmant que la situation se résorberait dans les prochains jours.

Vendredi, en entrevue, le président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des épiciers unis Metro-Richelieu–CSN, Matthieu Lafontaine, a indiqué qu’un enquêteur du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale se trouvait à l’entrepôt. Il vérifiait l’absence de briseurs de grève.

«Ils peuvent recourir à la sous-traitance, mais sous certaines conditions. Comme il s’agit d’un entrepôt de fruits et légumes, l’employeur peut faire appel à des travailleurs pour sortir des produits périssables. Mais nous croyons que certaines règles ne sont pas respectées.», a-t-il soutenu.

«On reçoit des palettes complètes. Ils peuvent les déplacer, mais ils n’ont pas le droit de préparer des palettes mixtes avec différents fruits», a-t-il précisé.

Grève d’une durée indéterminée

Lundi, les 550 travailleurs du centre de distribution à Laval et du siège social et ainsi que les chauffeurs de l’entrepôt Mérite 1, à Rivière-des-Prairies, ont déclenché une grève.

Réunis en assemblée jeudi, ils ont rejeté des augmentations salariales de 11 % sur six ans, jugeant qu’elles ne représentaient qu’environ 1 % par an pour les employés les moins bien rémunérés.

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des épiciers unis Metro-Richelieu–CSN reproche au Groupe Metro de profiter de la hausse du panier d’épicerie pour accroître ses profits, pendant que les salariés s’appauvrissent.

«En six ans, le chiffre d’affaires a augmenté de 28%, les profits de 39% et les dividendes versés aux actionnaires de 56%. Et les salaires? Seulement 11%», a dénoncé le président de la Fédération du commerce–CSN, Serge Monette.

«Nous attendons des nouvelles de Metro pour retourner rapidement à la table de négociation et mettre fin au conflit», a insisté Matthieu Lafontaine.

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