Bernard Drainville est-il tenté par Éric Duhaime?

À voir Bernard Drainville se déchaîner contre Christine Fréchette et se rapprocher constamment des positions du Parti conservateur du Québec, on en vient à se demander quel est le calcul politique du député de Lévis.
François Legault avait lui-même amorcé un virage à droite dans sa vaine tentative de jouer le tout pour le tout afin de regagner le cœur des électeurs l’automne dernier.
En prônant un retour aux valeurs de l’ADQ, de la réduction de la taille de l’État à la réforme de la gouvernance des syndicats, la CAQ signalait qu’elle avait humé un goût de l’électorat pour les thèmes de droite.
Même si les sondages ont démontré par la suite que les Québécois appuyaient ces idées mises de l’avant par M. Legault, rien ne faisait progresser l’aiguille des appuis à la CAQ.
En toute logique, Bernard Drainville peut avoir pensé qu’il suffisait de changer de leader et d’accentuer le virage pour modifier le destin du parti.
Mais non. Les nouvelles enquêtes d’opinion ne montrent aucun impact réel pour la CAQ si elle était menée par l’ex-ministre de l’Éducation.
Malgré tout, il continue de foncer tête baissée et de reprendre des idées défendues par Éric Duhaime.
Comme s’il avait changé de destination.
Les arbres… comme Duhaime
Ainsi, cette semaine, il a plaidé pour que les arbres du boulevard René-Lévesque à Québec ne soient pas abattus pour les travaux du tramway avant la confirmation d’une participation financière fédérale de 40 % au projet.
« J’invite tous les caquistes à se joindre à ce que Bernard Drainville a dit au cours des dernières heures », s’est réjoui Duhaime, éternel opposant au tramway.
Sa députée Maïté Blanchette Vézina relaiera dans le site de l’Assemblée nationale une pétition contre la coupe des arbres du boulevard.
Par ailleurs, le chef conservateur a identifié la fin du clivage entre souverainistes et fédéralistes comme le legs de François Legault, disant ouvertement s’en inspirer.
« C’est quelque chose que Mario Dumont avait commencé avant lui, et c’est quelque chose que j’ai l’intention de continuer après lui. »
Voilà qui pourrait plaire à Drainville.
Sans compter leurs discours communs sur la taille de l’État, la diminution du nombre de ministres, la fin de la permanence à vie des fonctionnaires, l’implication accrue du privé en santé, et j’en passe.
Nuire à Fréchette
Cette semaine, le clan de Christine Fréchette se demandait à quoi jouait son rival.
Drainville l’a accusée d’avoir caché des informations sur l’impact de son engagement à l’égard du programme PEQ pour les étudiants et travailleurs étrangers.
Il a asséné qu’elle avait « dit le contraire de la vérité » lors du dernier débat entre les deux aspirants et que sa candidature était donc « fragilisée ».
À se demander si cette attaque ne visait pas à affaiblir la prochaine cheffe possible de la CAQ, au-delà de la bataille actuelle pour la succession de François Legault.
La voix de la raison nous rappelle que Bernard Drainville a l’ambition de devenir chef, ce qu’il a tenté dans le passé avec le PQ, et maintenant avec la CAQ.
On le voit donc mal se projeter dans l’avenir comme simple député sous la gouverne d’Éric Duhaime.
Cependant, la CAQ étant seulement à 9 % d’appuis selon le dernier sondage Léger, il pourrait miser sur un passage au PCQ pour assurer sa réélection dans Lévis.
Après tout, les deux hommes ont formé un tandem populaire à la radio par le passé.
Un doute persiste…




