Juste pour rire a rompu des négociations avec Éric Lapointe et Maripier Morin

Le chanteur et l’animatrice ont tous les deux vu leur réputation être entachée depuis 2020.
Lapointe avait plaidé coupable dans un dossier de voies de fait contre une femme. Morin avait fait l’objet d’allégations d’attouchements sexuels non sollicités, d’agressions physiques et de propos racistes. Les deux artistes sont depuis revenus sur la scène publique après avoir présenté des excuses et cessé de consommer.
Le Soleil a d’ailleurs appris que Juste pour rire était en négociations avec Éric Lapointe et Maripier Morin pour sa série Les Grands Bien-Cuits de 2026.
Le groupe Juste pour rire, qui organise aussi la SuperFrancoFête, envisageait également de tenir un spectacle d’Éric Lapointe à cette occasion.
Des contacts avaient déjà été faits avec des collègues, membres de la famille et amis des deux artistes en prévision d’éventuels Grands Bien-Cuits.
Juste pour rire a cependant mis fin à tous ces projets dans les heures précédant l’annonce de la fin de son contrat avec Julien Lacroix, le 13 mars.
«Le dossier des Grands Bien-Cuits avec Éric Lapointe et Maripier Morin était bien avancé, des pigistes de l’extérieur avaient commencé à y travailler», a déclaré au Soleil une employée de Juste pour rire qui souhaite garder l’anonymat.
Les équipes de Maripier Morin et d’Éric Lapointe n’ont pas souhaité commenter.
Convoqués deux fois
Cette source nous raconte également comment l’annonce de la mise sous contrat de Julien Lacroix et son largage ont été vécus de l’intérieur.
Tout d’abord, Julien Lacroix aurait été dans l’entourage de Juste pour rire depuis l’achat de l’entreprise par le groupe ComediHa!, de Sylvain Parent-Bédard, en 2024. «On entendait parler de lui souvent et il était présent à certains événements», note notre source.
«À 11 h le jeudi [12 mars], tous les employés ont été convoqués à une rencontre pour annoncer la signature de Julien Lacroix. On sentait qu’il y avait quelque chose d’anormal, car ce n’est pas habituel de faire ça quand Juste pour rire met un humoriste sous contrat», explique notre source.
«On nous a dit que si on avait besoin de parler, on pouvait le faire, mais l’annonce allait de toute manière être faite deux heures plus tard», poursuit notre source en ajoutant que la majorité des employés de Juste pour rire sont des femmes et que plusieurs étaient fâchées de ne pas vraiment avoir leur mot à dire.
Le lendemain, à la suite à la réaction de plusieurs humoristes qui ont critiqué la mise sous contrat de Lacroix, la haute direction de Juste pour rire convoquait de nouveau ses employés pour annoncer l’annulation du contrat signé avec Lacroix ainsi qu’une prise de conscience qui l’avait menée à abandonner d’autres projets qui auraient pu susciter la controverse.
«À ce moment-là, plusieurs employés étaient blasés. C’est douloureux pour ces gens qui aiment et qui sont fiers de ce qu’ils font. Il y avait de la tristesse et de la frustration», poursuit cette employée.
Celle-ci considère que Juste pour rire a pris la bonne décision en larguant Lacroix et en mettant fin aux projets avec Lapointe et Morin.
«C’est une très bonne réaction, mais c’est comme s’ils avaient été pris la main dans le sac. Aux employés, ils ont dit qu’ils allaient changer, mais ne nous ont pas dit comment et vers quoi ils allaient. Ils essayaient davantage de nous calmer que de donner des réponses.»
Des sources ont aussi indiqué au Soleil que Sylvain Parent-Bédard avait convoqué d’urgence plusieurs agents d’humoristes à Montréal le mercredi 18 mars afin de leur dire qu’il avait pris conscience qu’il fallait évoluer, qu’il allait changer de cap et qu’il avait enfin compris l’importance de la marque Juste pour rire.
Prise de conscience
De son côté, Sylvain Parent-Bédard n’a pas souhaité préciser les projets que son entreprise avait avec Lapointe et Morin.
«Nous annoncerons dans les prochaines semaines la programmation des festivals incluant les Grands Bien-Cuits de l’été, mais aucun ne concerne les artistes pour lesquels vous me questionnez. Je ne commenterai pas plus la programmation», a-t-il d’abord déclaré dans un échange de messages textes avec Le Soleil.
«Nous sommes en train de finaliser notre programmation et, comme vous le savez, nous analysons des centaines de projets par année. Nous intégrons notre prise de conscience de la semaine dernière dans nos choix finaux. Les deux projets que vous citez ne font pas partie de la programmation», a-t-il ajouté un peu plus tard.
Mauvais timing
De son côté, Marc-Olivier D’Amours, directeur des opérations pour Expérience Saint-Laurent, l’organisme sans but lucratif qui gère la programmation de l’Agora du Port de Québec, dit avoir fait part à Juste pour rire de son inconfort à organiser un spectacle avec Éric Lapointe dans la foulée de l’affaire Lacroix.
«Il n’y avait pas encore de contrat de signé, ce n’était pas confirmé, mais Juste pour rire avait ouvert la porte à un projet avec Lapointe», a-t-il expliqué mercredi.
«Nous, on leur a demandé si on ne pouvait pas refermer cette porte parce qu’on n’était vraiment pas à l’aise avec ça. On ne voulait pas nuire à un partenaire de longue date, mais on leur a dit que ce n’était pas une bonne idée ni le bon timing», admet M. D’Amours, qui a aussi communiqué son malaise à la direction du Port de Québec, qui a appuyé sa décision.




