Itinérance à Montréal | La STM ferme plusieurs entrées de métro

La Société de transport de Montréal (STM) ferme plusieurs entrées de métro pour contrôler l’itinérance, la consommation de drogues et les problèmes d’incivilité. Avec l’arrivée du printemps, le transporteur veut maintenir le très fragile sentiment de sécurité des usagers.
Publié à
11 h 49
Trois édicules ont été fermés ces derniers jours sur trois lignes distinctes. Il s’agit des entrées Belmont de la station Square-Victoria (ligne orange), l’entrée Maisonneuve de la station McGill (ligne verte) et l’entrée nord de la station De Castelnau (ligne bleue). Les deux premières ont été bloquées tôt mardi matin, mais la troisième l’est déjà depuis le 30 mars.
Ces accès demeureront fermés pour une durée encore « indéterminée », affirme la porte-parole de la société, Laurence Houde-Roy, en réponse à nos questions. Elle soutient que la décision est prise « afin d’assurer le sentiment de sécurité de la clientèle et des employés ».
Plusieurs enjeux ont été identifiés dans ces stations, d’abord la propreté, mais aussi l’occupation excessive des lieux, les incivilités et la consommation. Réduire les accès permet « de concentrer les ressources de propreté et de sûreté sur des espaces réduits afin d’améliorer les opérations », soutient le transporteur.
Il s’agit de zones identifiées comme étant des points de tension en raison de leur utilisation quotidienne pour des comportements indésirables.
Laurence Houde-Roy, porte-parole de la STM
Bon an mal an, le transporteur fait le constat que les mois de mars et d’avril sont « plus propices aux comportements indésirables », partout dans le réseau du métro. Mme Houde-Roy parle d’une « approche préventive visant à maintenir un environnement sécuritaire et contrôlé ».
Un usager sur deux perçoit du risque
La STM dit avoir constaté des changements positifs dans les deux dernières années, l’édicule du métro Atwater au square Cabot étant déjà fermé en hiver depuis 2024. Cette année, il doit le demeurer jusqu’au 30 avril minimalement, pour les mêmes raisons.
Situé à l’angle de la rue Sainte-Catherine et de l’avenue Atwater, le square Cabot est un lieu de rassemblement pour des dizaines de sans-abri et de personnes vulnérables. Plusieurs ressources d’hébergement sont situées à proximité, mais la cohabitation avec le public est loin d’être toujours facile.
Dès l’annonce de la première fermeture, des organismes communautaires avaient dénoncé la décision de la STM, en jugeant que des fermetures d’édicules mettent encore plus à risque la population itinérante.
Ces dernières années, la cohabitation entre les sans-abri, les personnes vulnérables et les usagers du métro a engendré de nombreux défis. La STM a mis sur pied un service de messages textes pour permettre aux usagers de signaler des cas d’incivilités, en plus d’augmenter la surveillance dans plusieurs stations.
Aux dernières nouvelles, seuls 52 % des usagers ont déclaré se sentir en sécurité dans le métro et les autobus. Il y a deux ans à peine, c’était 62 %.
Dans un rapport publié à la fin du mois de février, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) ordonnait à la STM de prendre plus de mesures pour que ses agents de stations et employés d’entretien n’interviennent plus en solo dans les stations « chaudes » du métro.
Le tout découlait d’un signalement fait par des syndicats, qui jugeaient le risque trop élevé. Depuis, la direction du transporteur assure avoir réorganisé ses équipes afin de mieux assurer leur sécurité. Fermer des accès de métro « facilitera leur travail, dans ce contexte », insiste d’ailleurs Mme Houde-Roy.



