Soccer, lacrosse, basketball: Martin St-Louis est allé dans le laboratoire après sa retraite

Jamais l’identité du Canadien n’a été aussi forte que cette saison : le style de jeu des hommes de Martin St-Louis en zone offensive a été qualifié d’« unique » par plusieurs entraîneurs-chefs et observateurs. Mardi dernier, à quelques heures de l’affrontement contre les Panthers de la Floride, le membre du Temple de la renommée nous a offert une petite incursion dans son laboratoire.
Peu de victoires ont symbolisé ce qu’est le hockey à la sauce St-Louis, et combien il contraste avec celui de certaines équipes, comme celle acquise le 29 mars dernier contre les Hurricanes de la Caroline à Raleigh.
· À lire aussi : « Je me bats tous les jours contre mes démons intérieurs » – Linus Ullmark
· À lire aussi : Ivan Demidov épate depuis déjà un an avec le Canadien de Montréal
Ce jour-là, le CH a été complètement dominé aux tirs, 35 à 18, mais l’a emporté de façon assez convaincante par la marque de 3 à 1.
D’un côté, il y avait les Hurricanes qui tiraient d’absolument tous les angles pour créer du chaos et, de l’autre, le CH qui tissait sa toile et tournait en zone ennemie en attendant une brèche. C’était la collision de deux styles de jeu.
Le hockey de possession de rondelle que le Tricolore déploie actuellement a pris naissance il y a plusieurs années alors que St-Louis évoluait dans la LNH. Déjà, il cogitait. Le petit attaquant s’est toujours distingué, oui, par sa fougue, mais aussi par son sens du jeu très aiguisé et sa compréhension avancée des concepts qui régissent la partie de hockey.
C’est quand il a accroché ses patins, par contre, que ces idées ont formé un tout cohésif.
Soccer, lacrosse et basket
« Je suis sûr que ça s’est développé quand j’étais joueur, mais quand j’ai pris ma retraite, j’ai vraiment commencé à regarder les principes de jeu d’équipe de n’importe quels sports, que ce soit le soccer, la crosse, le basketball », a énuméré l’entraîneur-chef mardi matin.
St-Louis n’a pas la prétention, toutefois, d’avoir réinventé la roue.
« Je ne les ai pas inventés, ces règlements-là. Mais je pense que ça m’a forcé à être capable d’articuler, enseigner, prouver mon point. Une game collective, c’est beaucoup de support, c’est beaucoup de mouvement loin de la rondelle. Pourquoi tu bouges ? “Ah, moi je faisais ça et je faisais ça…” »
Unicité
Cette saison, au moins deux entraîneurs-chefs ont discuté ouvertement du caractère unique du style de jeu du Canadien.
Si le CH est loin derrière au 23e rang de la LNH pour le nombre de tirs par match, il est sixième pour les buts marqués. Vous remarquerez que, dans tous les sports susmentionnés par St-Louis, il y a une constante : un tir gaspillé peut mener à un changement de possession ou à un revirement.
L’injection de talent des derniers mois, avec les arrivées notables d’Ivan Demidov et de Noah Dobson, a contribué à pousser à un autre niveau les concepts offensifs de l’entraîneur. Les permutations en zone offensive sont fréquentes, si bien que le hockey devient parfois un jeu sans égard aux positions pour le Canadien.
« Ils ont beaucoup de mobilité à la ligne bleue, avait fait remarquer l’entraîneur-chef du Wild, John Hynes, plus tôt cette saison. Ils sont un peu uniques dans leur façon de jouer. »
« Chaque équipe de la LNH a son propre style, mais Montréal est presque une nouvelle équipe cette saison avec son style de jeu. Une équipe hautement talentueuse en pleine évolution. On apprend encore à jouer contre eux », avait de son côté mentionné le pilote des Panthers, Paul Maurice, en début de saison.
« La plupart du temps, seulement deux de tes six défenseurs sont réellement aptes à appuyer l’attaque, mais Montréal en a cinq ou six, a fait valoir l’ancien entraîneur de carrière Ken Hitchcock dans une entrevue accordée cette saison à Eric Engels, de Sportsnet. D’une certaine façon, ils transforment le hockey. »
Équilibre
Avec autant de talent, il devient ainsi hasardeux d’évaluer le rendement offensif du Canadien par son nombre de tirs.
« C’est juste qu’avec le volume, parfois, tu vas laisser de meilleures choses sur la glace, a justifié St-Louis. J’aime ça avoir du volume, mais j’aime avoir de la qualité aussi. Parfois, c’est de laisser le jeu évoluer un peu plus. »
Il y a tout de même un équilibre à aller chercher. À certaines occasions, cette jeune équipe aurait pu simplifier le jeu.
« Il ne faut pas être trop têtu non plus, a concédé St-Louis. Il faut trouver un équilibre. Il y a des matchs où l’équilibre est meilleur. Je pense à [celui de dimanche dernier face aux Devils du New Jersey], on a eu des opportunités, mais on a raté le filet à plusieurs occasions. On n’avait pas beaucoup d’exécution.
« Ça, c’est une formule pour avoir peu de lancers au filet. »
Cet équilibre sera un défi constant pour le Canadien au cours des prochaines années, puisque d’autres joueurs de talent risquent de se greffer à la formation, notamment Michael Hage dans les prochains jours et, éventuellement, Alexander Zharovsky.
Et il n’a même pas été question d’Adam Engström. Voilà un autre joueur mobile qui pourrait s’emparer d’un poste à la ligne bleue et qui a récolté, mardi soir, son premier point dans la Ligue nationale de hockey.



