Le Festif! ne vise plus les grandes vedettes internationales

«On n’est pas un festival avec une scène et 15 artistes: on a 38 scènes et 120 artistes! Il faut bien équilibrer ça. On a décidé d’aller dans des affaires plus nichées, qui vont vraiment avoir un gros impact en live et qui vont coûter beaucoup moins cher que des très gros artistes», explique Clément Turgeon.
La réputation du Festif! n’est plus à faire. Le festival de musique de Baie-Saint-Paul, qui en est à sa 17e édition, a mis la main sur le Félix de l’événement de l’année au dernier Gala de l’industrie de l’ADISQ. Au delà des artistes qu’il présente, c’est l’expérience proposée qui attire chaque année plus des festivaliers que ce que Baie-Saint-Paul peut vraiment accueillir.
Ainsi, Clément Turgeon et son équipe se trouvent dans une position avantageuse pour contribuer à la découvrabilité de groupes locaux et internationaux. Puisqu’ils n’ont plus à convaincre de nouveaux festivaliers, ils peuvent se permettre d’inviter des artistes moins connus, mais qui feront le bonheur des mélomanes, comme le groupe post-punk britannique Heavy Lungs ou le groupe de hip-hop Souls of Mischief, précurseur du West Coast aux États-Unis, qui se réunit pour ses 30 ans.
«Ça nous permet de continuer à avoir de la grosse qualité, tout en ne nous mettant pas non plus dans le trouble financièrement», déclare le directeur du Festif!
On verra aussi le duo canadien The Halluci Nation, la formation japonaise Otoboke Beaver, le groupe britanno-jamaïcain African Head Charge et plusieurs autres, car les artistes internationaux représentent 30 % de la programmation.
«Ce qu’on aime, c’est justement placer des artistes internationaux qui sont d’abord et avant tout des coups de cœur. Des artistes dont on sait que les gens, un coup sur place, vont triper. Il y en a beaucoup là-dedans que j’ai découvert dans des voyages, dans d’autres festivals. Il y en a là-dedans qu’on assume qu’ils sont absolument inconnus au Québec. C’est pour ça qu’on les met aussi plus sur des scènes gratuites», explique le directeur du festival.
L’effet Félix
Du côté des artistes québécois, on retrouve pas mal tous les noms les plus en vue du moment, dont Lou-Adriane Cassidy, JF Pauzé, Les Louanges, Loud, Kinji00, Pierre Lapointe, Louis-Jean Cormier, Gab Bouchard, Marjo… et même un retour inespéré avec Dead Obies.
«On est comme rendu avec assez de scènes et de shows pour avoir quand même un bon portrait de l’actualité [musicale] québécoise», fait valoir Clément Turgeon.
«Ce n’est pas trop compliqué de confirmer avec les artistes québécois. On commence à avoir un certain respect de l’industrie. Les artistes québécois ont le goût de venir», ajoute-t-il avec autant de fierté que d’humilité.
Le Félix remporté cet automne fait aussi son effet du côté des partenaires qui ont été nombreux à vouloir collaborer avec le Festif! Une bonne chose puisque ce n’est pas facile de maintenir l’accessibilité dans un contexte inflationniste.
«On a encore 50 % et plus des shows qui sont gratuits. Pour continuer à offrir de la gratuité, ça nous prend d’autres revenus. On va beaucoup chercher ça avec les commanditaires», fait valoir Clément Turgeon.
L’expérience avant tout
Cette année, le Festif! a surtout travaillé à améliorer l’expérience qu’il propose, mais aucune grande nouveauté n’est au programme, hormis pour une nouvelle scène qui sera exploitée dans le cadre de la série de spectacles Urbania et dont les détails seront donnés plus tard.
«Cette année, on a beaucoup travaillé à revoir certaines scénographies. Il a beaucoup de décors qu’on refait. On a mis plus d’amour aussi sur nos zones (le Parvis, le Petit Parvis, la Gare)… On a plein d’espaces de rassemblement aussi et on met plus de temps à bien les aménager», informe le directeur du festival.
Autre nouveauté, 25 prêts-à-camper aménagés non loin de la scène du Quai Bell. L’idée est de «s’adapter à une certaine clientèle qui a envie de vivre une expérience différente, qui ne peut pas nécessairement le faire dans des hôtels parce que c’est plein».
Le Festif! compte aussi récidiver avec son initiative de sensibilisation «J’écoute le show» qui invite les festivaliers à contribuer à créer un environnement d’écoute respectueux en s’abstenant de parler inutilement pendant les concerts.
Tous les détails de la programmation sur le site du Festif!



