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«Happy Spring», mon Rodger!

Cette tulipe blanche était là, au milieu de la platebande, comme pour me faire un clin d’œil. « Happy Spring », mon Rodger ! 

Je n’oublierai jamais ma visite au jardin botanique de Keukenhof, aux Pays-Bas, pas plus que je ne vais t’oublier.


Benoît Rioux / JdeM

Fidèle conseiller, Rodger Brulotte me l’a gentiment répété avant de partir : il préférait qu’on mette la lumière sur les autres dans les pages du Journal.

Si je fais une exception aujourd’hui dans le cadre de cette chronique, c’est pour mieux te rendre hommage. Comme ce fut le cas, jeudi, avec le touchant mandat de remplir les pages Tout partout en ville… une dernière fois

Heureux d’un printemps 

Rodger est lui-même passé par là durant sa vie. Je profitais donc de trop rares vacances quand j’ai appris son décès, le 20 mars dernier.

Mon passage dans un grand jardin de tulipes, le lendemain, devait me servir à entamer le deuil. Des fleurs pour Rodger à l’arrivée du printemps !

La vue d’une pancarte avec l’inscription « Happy Spring », décrivant un type de tulipe, m’a d’abord fait penser à toi et à la joie que tu éprouvais, au printemps, quand la saison de baseball était sur le point de recommencer. Une simple fleur blanche, comme un électron libre parmi des tulipes roses et rouges, m’a pincé le cœur. J’ai vu ça comme un signe.

Le jour où je t’ai fait pleurer 

Il fallait bien que tu te venges un peu. J’ai relu les derniers textos que nous nous sommes échangés et parmi ceux-ci, l’un se lit comme suit : « Tu as fait pleurer ton Rodger ! Merci ! »

Le souvenir remonte précisément au lundi 27 octobre. Ce matin-là, j’avais publié une page dans Le Journal intitulée « Tous debout pour Rodger Brulotte », dans laquelle de nombreuses personnalités rencontrées à Toronto, pendant la Série mondiale, posaient pour t’encourager dans cette bataille contre le cancer. Il y avait ton vieux complice Denis Casavant, mais aussi Hazel Mae, Bob Elliott et Richard Griffin, entre autres. J’étais heureux d’avoir pu ainsi te toucher, même si j’aurais souhaité le faire dans des circonstances différentes.

Un lourd départ 

Jusqu’à ton dernier souffle, et même après, tu as fait en sorte que les gens autour de toi se sentent spéciaux. Je n’oublierai jamais non plus le jour où tu as pris soin de téléphoner à mon père le jour des funérailles de sa conjointe.

Avant de revenir au Québec après mon curieux passage au jardin Keukenhof, je suis allé allumer un lampion pour toi à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Pas pire, hein ? J’imagine que ça devait être mon camp d’entraînement pour tes funérailles, ce samedi. Comme plusieurs, je n’étais pas prêt pour ton départ.

Sacré joueur de tours 

De manière plus anecdotique, dans le train entre Amsterdam et Paris, je devais en profiter pour participer au repêchage de mon pool de baseball. Le Wi-Fi ne fonctionnait pas et je me suis retrouvé avec le lanceur Hunter Greene, blessé pour encore plusieurs mois, dans mon équipe. En le constatant, j’ai entendu ton beau rire gras comme si c’était toi qui avais voulu me jouer un tour.

Pas grave. « Happy Spring », mon Rodger ! Je vais penser à toi chaque printemps. Et quand Greene va revenir au jeu.

  • Une cérémonie funèbre privée a lieu le samedi 11 avril dès 10 h, à l’église de Sainte-Thérèse-d’Avila, à Sainte-Thérèse. Ce moment solennel et de recueillement sera fermé au public, mais diffusé en direct au tvanouvelles.ca, au journaldemontreal.com ainsi qu’au tvasports.ca. 

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