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Conseil des ministres | Legault passe le flambeau, Fréchette pense au coût de la vie

(Québec) François Legault passe le flambeau à Christine Fréchette, la « première de classe ». Celle qui sera assermentée première ministre mercredi compte agir rapidement sur la question du coût de la vie.


Publié à
10 h 17
Mis à jour à
19 h 05

Ce qu’il faut savoir

  • François Legault passe le flambeau à la première ministre désignée Christine Fréchette, qui sera assermentée mercredi.
  • Elle compte agir rapidement sur la question du coût de la vie et a rencontré le ministre des Finances à ce sujet.
  • Pour compléter son cabinet, elle songe à recruter un non-élu.

« Quand on laisse son bébé, c’est toujours un peu inquiétant, mais je pars rassuré. Je ne peux pas demander une meilleure personne que Christine pour prendre en main l’avenir du Québec », a lancé le fondateur de la Coalition avenir Québec lors d’une rencontre avec sa successeure.

Il a vanté les qualités de Mme Fréchette, qui a remporté la course à la chefferie du parti dimanche. Il se dit fier pour plusieurs raisons.

La première est que la personne choisie pour lui succéder est une femme. « J’ai toujours remarqué en moyenne que les femmes sont plus studieuses, sont plus rigoureuses – en moyenne, je dis bien, il y a des exceptions –, que les hommes. C’est pour ça que même à l’école, c’est souvent les femmes qui sont premières de classe. Christine, c’est une première de classe », a-t-il dit.

La deuxième est qu’elle est « brillante et qu’elle apprend vite » : elle l’a démontré lorsqu’elle a dû succéder en catastrophe au « superministre » de l’Énergie et de l’Économie Pierre Fitzgibbon après sa démission surprise. Sa capacité à maîtriser un dossier si complexe « a vraiment impressionné » M. Legault.

Puis, lorsqu’elle était ministre, elle n’hésitait pas à dire au premier ministre ce avec quoi elle n’était pas d’accord. « Elle a osé le dire franchement. […] Elle a du cran et j’aime ça. »

Coût de la vie

Christine Fréchette l’a remercié pour ses 28 ans de service public, tout en conservant un vouvoiement poli. Elle a salué le travail de « monsieur Legault ».

Puis, elle a mis de l’avant le programme que son gouvernement proposera rapidement au Québec.

Mme Fréchette souhaite construire une économie forte dans les régions du Québec, améliorer les services publics, et « aider ceux qui ont le plus de difficulté » face à la hausse du coût de la vie, « de l’essence, de l’épicerie », en raison de la guerre tarifaire et des guerres en Ukraine et en Iran.

Elle s’est d’ailleurs entretenue mardi matin avec le ministre des Finances, Eric Girard, qui lui avait donné son appui durant la course. Ils ont discuté de la mise en œuvre de promesses faites par Mme Fréchette comme détaxer certains produits à l’épicerie, réduire les droits d’immatriculation pour compenser la hausse du prix de l’essence et rembourser une bonne part des droits de mutation (la « taxe de bienvenue ») pour les acheteurs d’une première propriété. Aucune mesure n’a toutefois été annoncée pour l’instant.

Mais la première ministre désignée ne chôme pas : elle doit déjà songer à son conseil des ministres. Elle confiera un portefeuille « important » à Bernard Drainville et fera une place à des pro-Drainville, comme Sonia Bélanger et Simon Jolin-Barrette, autour de la table de son conseil des ministres. Elle évoque même la « possibilité » de recruter un non-élu.

Un nouveau conseil des ministres

Lors de sa première conférence de presse lundi, Christine Fréchette avait reconnu que la formation de son conseil des ministres représentait un « exercice d’équilibriste ».

Elle doit contenter ses propres partisans – 41 députés, dont 17 ministres actuels – et assurer une place à ceux qui ont appuyé Bernard Drainville durant la course. C’est un test important pour rétablir l’unité du parti.

Lundi, elle laissait planer le doute sur le sort du ténor de l’aile nationaliste et identitaire du parti, le ministre de la Justice et leader parlementaire Simon Jolin-Barrette, qui a donné son appui à M. Drainville en toute fin de course.

En entrevue au 98,5 FM mardi matin, Christine Fréchette a indiqué qu’il est « certain » que M. Jolin-Barrette conservera un poste au conseil des ministres, sans préciser lequel. Son projet de constitution continuera d’avancer à l’Assemblée nationale, mais à défaut d’un appui d’au moins un parti de l’opposition, il ne sera pas adopté, a-t-elle expliqué en substance. La nouvelle session parlementaire débutera le 5 mai en vertu de la prorogation annoncée récemment.

Christine Fréchette a également fait un bref compte rendu de sa discussion de lundi soir avec Bernard Drainville, qui convoite depuis longtemps un portefeuille économique. Elle s’est limitée à dire qu’elle lui confiera des « responsabilités importantes ».

Questionnée pour savoir si un non-élu pourrait faire son entrée au conseil des ministres, Christine Fréchette a répondu qu’il s’agit d’une « possibilité », confirmant une rumeur qui circule depuis sa victoire.

L’ex-grand patron du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, est au centre de rumeurs depuis des mois. On a remarqué son témoignage vidéo pour rendre hommage à François Legault lors du congrès caquiste de dimanche. Le conjoint de Mme Fréchette, Guy Nadeau, est vice-président de Desjardins Entreprises à Montréal.

Christine Fréchette a bel et bien pressenti M. Cormier, mais celui-ci a décliné son offre tout comme celles venant d’autres partis politiques, a fait savoir l’entourage de l’ex-PDG de Desjardins. Il ne veut pas se lancer en politique pour le moment, du moins d’ici les élections générales de l’automne. M. Cormier n’a pas rappelé La Presse au moment d’écrire ces lignes.

Rappelons que François Legault a fait son entrée en politique à titre de ministre non élu, sous Lucien Bouchard. C’est un évènement rare à Québec – Richard Legendre (2001), David Levine (2002) et Yves Bolduc (2008) ont été peu de temps des ministres non élus.

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